La légende de Bobby Jones, l’homme de East Lake

20 août 2019 par Caroline JDD

Vous avez tous vu le magnifique film de Robert Refdford « La Légende de Bagger Vance« , et/ou lu le roman de Steven Pressfield qui a inspiré le film. Bobby Jones y est présenté comme le golfeur mythique des années 1930. Voici quelques petites choses pour entretenir la mémoire de ce joueur né à Atlanta en 1902 et mort à Atlanta en 1971, qui a marqué l’histoire du golf. Si l’on ressuscite la mémoire de ce champion d’exception, c’est que la  légende de Bobby Jones, le dernier champion à avoir gagné le grand chelem (en 1930, vous vous en souvenez sûrement), s’est construite en grande partie à l’East Lake d’Atlanta, qui va accueillir le Tour Championship à partir de jeudi (dernier tournoi des playoffs de la Fedex Cup). 

Bobby Jones a joué l’East Lake pour la première fois alors qu’il avait 6 ans, en 1908. Le parcours a en effet fêté son 100e anniversaire en 2004. Originellement dessiné par Tom Bendelow, modifié ensuite par Donald Ross, il a été restauré par Rees Jones en 1994. C’est ce dernier qui a également surveillé les travaux lorsqu’en 2007 les greens ont été entièrement refaits, passant du gazon bentgrass au gazon de type bermuda.  Une particularité : le 18 est un par 3 qui peut aller jusqu’à 205 mètres. Un peu rude pour un dernier birdie. Bobby Jones trouvait déjà le parcours « strange » à son époque.

Au cours de sa carrière, entre 1916 et 1930, Bobby Jones ne disputa que 53 tournois et il en remporta 23. Mais c’est surtout de 1923 à 1930 qu’il a dominé les compétitions amateurs, puis battu les meilleurs golfeurs professionnels au monde, comme Walter Hagen et Gene Sarazen. Surnommé le « Mozart du golf », il remporta quatre fois l’US Open (1923, 1926, 1929 et 1930), trois fois le British Open (1926, 1927 et 1930), cinq fois le championnat amateur des États-Unis (1924, 1925, 1927 1928 et 1930) et une fois le championnat amateur de Grande-Bretagne (1930).  Et puis, en 1930, il décida de mettre un terme définitif à sa carrière de golfeur.

De gauche à droite : Johnny Parnell, Bobby Jones, Walter Hagen et Gene Sarazen au Woodland Country Club à Newton, Mass le 5 septembre 1928

La carrière de Bobby Jones a donc été météoritique. En 1930, il a participé à six tournois. Il en a remporté cinq, dont les quatre Majeurs. Et le sixième, le Savannah Open qui était en fait le premier de l’année, il l’a perdu d’un seul et unique coup. La classe…

Le tempérament violent de Bobby Jones a failli ruiner sa carrière en quelques circonstances, au point que le président de l’USGA de l’époque, George Walker, grand-père de George W. Bush, finit par lui dire : « Vous ne participerez plus à un quelconque événement de l’USGA tant que vous ne contrôlerez pas votre humeur. »  A l’inverse, il est resté pour tous le modèle de l’honnêteté scrupuleuse. Lors de l’US Open 1925, il s’infligea lui-même une pénalité de deux coups qui lui fit perdre le play-off d’un coup. Il était persuadé que sa balle avait bougé alors qu’il était à l’adresse, alors que personne autour de lui, ni arbitres ni spectateurs, n’avait vu quoi que ce soit. Félicité pour son fair-play, il répondit : «  Vous n’avez pas à féliciter un homme parce qu’il n’a pas volé une banque. » Robert Redford a repris l’anecdote dans son film en l’attribuant au héros de son histoire. 

Jones ne roulait pas sur l’or. Il a toujours refusé le statut professionnel pour se consacrer à ses études. Il n’était pas vraiment pauvre, mais il a parfois été en difficulté financière. Il a ainsi dû déménager et rejoindre ses parents avec sa famille pendant trois ans, dans les années 20. Il a souvent manqué les Majeurs British parce qu’il ne pouvait pas financer ses déplacements. En fait, son grand Chelem de 1930 a été en partie rendu possible parce qu’en tant que capitaine de la Walker Cup, il était invité en Grande-Bretagne par l’USGA. 

A ce propos, quand Jones s’est retiré du circuit en 1930, Warner Bros lui a offert 120000 dollars pour faire le film How I play golf, où il donnait des leçons de golf aux stars de l’époque James Cagney, Edward G. Robinson ou W.C. Fields. 

Bobby Jones est un des seuls personnages célèbres à avoir eu droit à deux parades « ticker-tape » à New York, vous savez, ces défilés triomphaux avec les morceaux de papier jetés des fenêtres.  La première fois, c’était pour sa double victoire en 1926, US Open et British Open, la deuxième pour son grand Chelem en 1930. 

Bobby Jones était connu pour ses nerfs fragiles et son trac maladif au moment des compétitions. Il était souvent pris de vomissements durant la semaine des tournois, et il passait ses nuits à fumer cigarette sur cigarette et à boire des quantités incroyables de whisky. 

En 1942, à l’âge de 40 ans, Bobby Jones est devenu espion. Il s’est engagé dans l’armée, est devenu Capitaine dans l’armée de l’Air, chargé de l’Intelligence Service et a mené à cette époque des missions de renseignements en Europe.

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