08h40, tee n°10… Au Golf National, la matinée n’a pas encore totalement basculé dans le rythme d’un premier tour d’Open de France. Pourtant, autour du départ, quelque chose est déjà différent. Les conversations se font plus discrètes, les téléphones sortent des poches, les spectateurs se rapprochent des cordes. Dans quelques instants, le silence relatif du début de matinée va laisser place à des applaudissements plus soutenus…
Frédéric PLISSON, au Golf National
Trois noms sont annoncés sur le panneau du préposé au score, droit comme un i, fier de toute évidence d’avoir le privilège de côtoyer les « stars » de ce 108e FedEx Open de France durant 18 trous : Viktor Hovland, Ludvig Åberg, Matthew Fitzpatrick.
Trois hommes, trois styles, trois personnalités, mais une même aura. Et surtout, trois héros récents de la Ryder Cup, tous membres de l’équipe européenne victorieuse à Bethpage il y a tout juste un an.
Autour du tee n°10, les spectateurs sont déjà là en nombre. Certains ont repéré l’horaire depuis l’annonce des tee times : 8 h 40, le rendez-vous est immanquable. Certes, il y a eu auparavant les départs de nos Français : Romain Langasque, Antoine Rozner, Victor Perez et Martin Couvra… soutenus par les fans, bien sûr.
08h30. Ils arrivent. Trois silhouettes reconnaissables immédiatement. Trois champions qui ont encore dans leurs souvenirs les images de la Ryder Cup de 2018 (devant leur petit écran) et des JO de Paris 2024 (clubs en main). Le public le sait. Et il le fait sentir. Les téléphones se lèvent.
La nuque rasée de Matt Fitzpatrick amuse la galerie
Casquette vissée sur la tête, l’aîné des Fitzpatrick ose l’enlever, et arborer sa toute nouvelle coupe de cheveux sculptée au sabot de 1. Ces deux comparses éclatent de rire bien sûr… le public aussi.
Puis, presque naturellement, le silence tombe. C’est l’un des moments saisissants du golf : quelques secondes plus tôt, le public échangeait, commentait, se pâmait. Dès qu’un joueur se met à l’adresse, plus personne n’ose même respirer.
Longs fers ou hybrides en main, les trois héros de Bethpage Black il y a tout juste un an ne trouvent pas tous le fairway de ce par 4 de 345 mètres. Hovland oui, Åberg et « Fitz » prennent eux le rough de droite. C’est parti pour un peu plus de 5h00 sur l’un des parcours les plus exigeants au monde. Et les fans qui ne seront là que ce week-end espèrent bien en profiter à leur tour.
À 8 h 40, le tournoi vient à peine de commencer. Mais autour du tee n°10, personne n’a vraiment l’impression d’assister à un matin ordinaire.
Une chose est sûre : le Golf National vient de se réveiller pour de bon.
Photo : Golf Planète














