Quasi transparent au DP World India Championship (42e à -4), Rory McIlroy, absent la semaine prochaine en Corée du Sud pour le dernier tournoi de la saison régulière du Tour européen, va tout miser sur les deux rendez-vous des play-offs de la Race aux Emirats arabes unis. Mais avec près de 950 points de retard sur Eugenio Chacarra, nouveau leader, la tâche s’annonce bien plus compliquée que lors des saisons précédentes.
L.V.
Certes, il n’avait pas remporté le DP World Tour Championship 2025, battu en play-off par Matthew Fitzpatrick, mais Rory McIlroy s’était offert un 7e Harry Vardon Trophy consacrant le n°1 européen de l’année. Assez confortablement d’ailleurs puisqu’il avait laissé son dauphin, l’Anglais Marco Penge, à 1 968,02 points derrière.
Vainqueur de la Race sans interruption depuis 2022, le Nord-Irlandais avait très souvent fait le travail comme l’on dit bien avant le dernier tournoi de la saison regroupant les 50 meilleurs joueurs au classement européen. En 2024, l’écart avec Rasmus Højgaard était ainsi de 2 978,61. L’année précédente, son frère jumeau, Nicolai, accusait 1 310,94 de retard au décompte final sur le Britannique. Ryan Fox, en 2022, avait été un peu plus coriace. 580,54 points séparaient les deux hommes.
Rory dans les cordes…
Là, le scénario est très différent pour le double vainqueur du Masters. Le voilà en effet pointant à la 3e place de la Race à l’issue du DP World India Championship. Avec 3 144,86 points, il est relégué à 948,03 d’Eugenio Chacarra, nouveau leader de la Race grâce à son succès à New Delhi. Son 3e dans cet exercice 2025-26 du DP World Tour.
Avant cette avant-dernière étape du Back 9, McIlroy avait été interrogé sur la lutte annoncée avec l’Espagnol mais aussi avec l’Américain Patrick Reed, encore en tête jeudi matin avant de céder son fauteuil (qu’il occupait sans partage depuis fin janvier) ce dimanche 18 octobre.
Mes résultats au Moyen-Orient sont vraiment bons, donc je n’ai pas besoin d’être en tête avant ces deux dernières semaines.
Rory McIlroy
« Je pense qu’il ne faut pas trop forcer les choses, avait-il soufflé. Je dois me concentrer sur moi-même. Je sais qu’une bonne semaine ici (en Inde) me mettrait dans une excellente position avant les deux dernières semaines au Moyen-Orient. »
« Mes résultats au Moyen-Orient sont vraiment bons, donc je n’ai pas besoin d’être en tête avant ces deux dernières semaines, avait-il ajouté. Mais si je peux simplement réduire quelque peu l’écart avec le leader, je pense que j’aurai une très bonne chance lors de ces deux derniers tournois. »
De 142 à 948 points d’écart
Mauvaise pioche. L’écart, au lieu de se réduire – il était de 307,76 points avec Reed, alors premier, et de 142,03 points avec Chacarra, 2e – s’est considérablement creusé. 948,03 points désormais avec le Madrilène et 329,76 avec le vainqueur du Masters 2018. La faute à une 42e place ce dimanche dans la capitale indienne, bien loin de ses standards habituels.
« Eugenio joue très bien, acquiesce McIlroy. Il a dépassé Patrick à la Race to Dubai. Cela rend ma mission un peu plus difficile à l’approche des deux derniers tournois. »
« Je suis impatient de rentrer chez moi et de m’entraîner, poursuit-il, revanchard. Je n’ai pas vraiment touché à un club après Wentworth avant d’arriver cette semaine. Je ne me sentais pas au plus fort de ma forme, donc j’ai hâte de rentrer chez moi, de m’entraîner et de me sentir prêt à participer à ces deux derniers événements. »
Beaucoup de points encore à distribuer
Alors justement, sera-t-il au rendez-vous à Abu Dhabi puis à Dubaï ? On peut répondre par l’affirmative. Surtout quand on consulte ses récents résultats dans ce final européen : Deux top 3 sur le Yas Links ainsi que trois victoires, deux deuxièmes places et cinq top 5 sur le Earth Course. Le vainqueur à Abu Dhabi récoltera 1 500 points, 1 000 points pour le deuxième. A Dubaï, c’est bien plus : 2 000 points au vainqueur, 1 335 points au deuxième. C’est une évidence, Rory McIlroy va devoir se surpasser lors des deux premières semaines de novembre pour espérer égaler le record de Colin Montgomerie et ses huit titres. Il lui faudra s’imposer au moins une fois dans l’un des ces deux tournois pour combler son déficit. Ou espérer un craquage des deux hommes devant lui…
Deux des meilleurs joueurs du monde sont désormais à mes trousses, et je sais qu’ils ne me faciliteront pas la tâche.
Eugenio Chacarra
Interrogé sur la question juste après sa victoire à New Delhi, Eugenio Chacarra n’a, lui, pas tourné autour du pot, faisant au passage référence à deux icônes du golf ibérique, Severiano Ballesteros et Jon Rahm, deux grands anciens numéros 1 européens.
« Cela représenterait énormément pour moi, confirme-t-il. Ces deux joueurs sont des héros à mes yeux en tant que golfeur espagnol. Seve a tout fait pour le golf européen et espagnol. Puis il y a Jon, un joueur que j’admire depuis son passage à l’université puis chez les professionnels. Ce qu’il a accompli est incroyable. J’espère pouvoir, moi aussi, inscrire mon nom sur ce trophée. C’est l’un de mes objectifs. Je sais que cela ne sera pas facile. Rory joue toujours très bien à Dubaï et je sais que la bataille sera rude. Patrick aussi. Deux des meilleurs joueurs du monde sont désormais à mes trousses, et je sais qu’ils ne me faciliteront pas la tâche. »
Contrairement à Reed et à McIlroy, Eugenio Chacarra est inscrit dans l’Entry List du Genesis Championship qui s’élance jeudi prochain en Corée du Sud. Un nouveau résultat probant là-bas, en Extrême-Orient, compliquerait encore davantage la tâche des deux poursuivants de l’Espagnol, tout près de décrocher, à 26 ans, l’un des titres les plus convoités par un joueur européen.
Photo : Warren Little / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP













