En compagnie de Matthieu Pavon, Rudy Sautron, 21 ans, vainqueur fin juillet du Monroe Invitational, un prestigieux tournoi amateur, va défendre les couleurs de la France cette semaine au Butterfield Bermuda Championship. Il s’agit du premier grand rendez-vous sur le PGA Tour, quelques semaines après avoir manqué le cut au FedEx Open de France, pour l’étudiant en Business Management à l’Université du Tennessee.
Propos recueillis par Lionel VELLA
GOLF PLANETE : Alors, c’est comment les Bermudes ?
Rudy SAUTRON : Je vous dirai ça quand j’y serai ! Je suis encore à Knoxville, dans le Tennessee. J’étais censé partir ce matin à 6 h 00, mais mon avion a été retardé de 4 h 30. Si bien que j’ai raté ma correspondance pour les Bermudes. Au final, on part demain matin et on devrait arriver demain après-midi…
G.P. : Allez-vous avoir du temps pour reconnaître le parcours ?
R.S. : Je pense que je pourrai jouer neuf trous et marcher sur les neuf autres… Je n’ai pas trop le choix de toute façon.
G.P. : Dans quel état d’esprit êtes-vous, par conséquent, par rapport à ce problème d’avion et au fait de disputer votre tout premier tournoi sur le PGA Tour ?
R.S. : On m’a dit que le parcours n’était pas des plus faciles, compte tenu des conditions météorologiques là-bas, qui ne sont pas toujours simples. C’est vrai que ce petit contretemps n’aide pas vraiment, mais en même temps, je me dis que c’est un parcours comme un autre. J’ai déjà joué des parcours sans avoir eu la moindre reconnaissance ni même une séance d’entraînement, et j’ai quand même bien joué. Cela fait partie du jeu. Quant à l’idée de disputer mon premier tournoi sur le PGA Tour, je vous avoue que je suis très excité. Il y aura du beau monde. Je pense que cela fait partie des étapes que j’aimerais franchir. Il y a eu le Korn Ferry Tour, l’Open de France récemment et maintenant le PGA Tour. C’est top.
Je sais qu’il y aura un peu de stress, forcément, mais comme je n’aurai que peu de temps pour reconnaître le parcours, il y aura aussi un peu moins de pression.
Rudy Sautron
G.P. : Ce Port Royal Golf Course est réputé pour être très venteux. Appréciez-vous de jouer dans le vent ?
R.S. : J’ai grandi avec le vent, à La Réunion. Je n’ai pas trop de problèmes avec ça. J’aime bien jouer dans le vent… Mais ce sera la même chose pour tout le monde. Je sais que ce ne sera pas simple. On verra !
G.P. : Qui va vous servir de caddie cette semaine ?
R.S. : C’est mon agent. Il a joué pour l’Université de Caroline du Sud. Il s’appelle Krando Nishiba. Il a évolué à un très bon niveau amateur. Mon coach en France, Olivier Tourrenc, ne pouvait pas être là. Nous avons donc choisi cette option.
G.P. : Vous avez joué en 2025 un tournoi du Korn Ferry Tour, vous êtes allé jusqu’en 16e de finale de l’U.S. Amateur, vous étiez fin septembre au Golf National pour le FedEx Open de France. Cette expérience accumulée en peu de temps peut-elle vous aider cette semaine ?
R.S. : Oui, cela peut être utile. Il y a moins d’attente. Sur ces tournois-là, je voulais faire mes preuves, je voulais évaluer mon niveau de jeu et, au final, en le comparant à celui des autres, je n’étais pas forcément loin du peloton. Je sais qu’il y aura un peu de stress, forcément, mais comme je n’aurai que peu de temps pour reconnaître le parcours, il y aura aussi un peu moins de pression. Je vais essayer de donner le meilleur de moi-même et, si ça marche, tant mieux. En tout cas, mon état d’esprit est bien meilleur que lors de l’Open de France ou du tournoi du Korn Ferry Tour.
Tiger, j’ai grandi avec lui. Quand j’étais petit, c’était vraiment mon idole.
Rudy Sautron
G.P. : Cela doit être aussi excitant de se mesurer à un champ du PGA Tour, non ?
R.S. : J’ai regardé le champ. Il n’y a pas de noms comme Scottie (Scheffler), Rory (McIlroy) ou Jordan Spieth… Comme il y a souvent beaucoup de vent et que les conditions ne sont pas faciles, il n’y a pas beaucoup de très grands joueurs qui ont envie de jouer là-bas. Mais ça va être génial de prendre le départ.
G.P. : Scottie Scheffler, c’est l’une de vos idoles ?
R.S. : Lui et Tiger (Woods). Tiger, j’ai grandi avec lui. Quand j’étais petit, c’était vraiment mon idole. Scottie représente de belles valeurs. Son style de jeu aussi… Comme lui, j’aime varier les trajectoires, être très créatif… Et puis Tiger, bon… C’est le summum !
G.P. : Le PGA Tour, c’est l’objectif que vous voulez atteindre un jour ?
R.S. : Bien sûr. On travaille pour ça. Vivre du sport que j’aime, c’est le but. Gagner ma vie en jouant au golf. Alors forcément, si on peut gagner un peu plus d’argent et jouer contre les meilleurs, le PGA Tour entre évidemment en jeu. Le PGA Tour, c’est l’avenir pour moi. Cela a toujours été un rêve de gosse. C’est ce que je vise en priorité.
G.P. : Qu’allez-vous faire après ce tournoi aux Bermudes ?
R.S. : Je vais participer aux Mondiaux universitaires, en Thaïlande, du 10 au 13 novembre. Je partirai des États-Unis le 5, afin de m’adapter au décalage horaire. Ensuite, retour à La Réunion pendant un mois. Je pouvais jouer la Jones Cup début janvier, mais comme cela faisait longtemps que je n’avais pas vu mes parents, je pense que c’est mieux pour moi de rester un peu plus longtemps à La Réunion.
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













