Malgré une entame prometteuse, Clément Charmasson n’a pas réussi à franchir le cut de l’Omega European Masters. À Crans-Montana, le Toulousain de 27 ans a dressé avec lucidité le bilan d’une première saison sur le DP World Tour plus compliquée qu’espéré, entre irrégularité dans le jeu et un calendrier beaucoup moins fourni qu’il ne l’imaginait.
N.C., à Crans-Montana
Trois birdies pour commencer et l’espoir, pendant quelques heures, de profiter de l’Omega European Masters pour donner un nouvel élan à sa saison. Mais Clément Charmasson a finalement quitté Crans-Montana dès vendredi soir.
Auteur d’une première carte de 69 (-1), le Toulousain n’est pas parvenu à confirmer le lendemain. Son 74 (+4) l’a laissé du mauvais côté du cut et a prolongé une première année d’apprentissage difficile sur le DP World Tour. Son début de tournoi avait pourtant été idéal.
Trois trous, trois birdies. « J’étais un peu parti comme une fusée. Les shots partaient là où je voulais, le putter était chaud », racontait-il après son premier tour. La suite avait été plus compliquée, à l’image d’une saison durant laquelle le Français peine encore à enchaîner les bonnes journées.
Une première saison sur le DP World Tour à apprivoiser
<C’est d’ailleurs le principal constat dressé par Charmasson au moment d’évoquer sa découverte du plus haut niveau européen. « Je suis un peu moins bien cette année, ou du moins moins constant dans le jeu. Il y a de très bons scores et je me ramasse le lendemain. Ça m’empêche de faire de grosses performances. » Son passage en Suisse en aura finalement constitué une nouvelle illustration avec ce 69 inaugural suivi d’un 74. Les chiffres confirment les difficultés rencontrées par le Français pour sa première saison parmi l’élite européenne.
Avant l’Omega European Masters, il n’avait franchi que huit cuts en 18 départs, sans parvenir à signer le moindre top 30. Il occupait alors la 165e place de la Race to Dubai avec 139,6 points. Une situation délicate à l’approche de la dernière partie de la saison. Une ascension éclair en seulement deux ans Il faut toutefois remettre cette première année compliquée en perspective. En 2024, Charmasson évoluait encore sur le Pro Golf Tour, le troisième échelon européen.
Septième de l’ordre du mérite, il avait finalement obtenu sa promotion vers l’HotelPlanner Tour à la faveur des résultats d’autres joueurs lors des Cartes européennes. La saison suivante, son adaptation avait été express. Dès son cinquième départ sur le circuit, il remportait le Challenge de España, avant de poursuivre sur sa lancée et de décrocher sa carte pour le DP World Tour lors du Rolex Grand Final.
Je m’attendais à pouvoir jouer plus de tournois
Clément Charmasson
En l’espace de deux saisons seulement, le Toulousain est donc passé du troisième échelon au plus haut niveau européen. « Il y a beaucoup de découvertes », reconnaît-il. S’il se sent désormais davantage à l’aise dans son nouvel environnement, il se demande aussi si cette adaptation n’est pas arrivée trop tard : « Est-ce que ce n’est pas un peu trop tard ? On ne sait pas. »
Mais les difficultés du Français ne sont pas uniquement liées à son jeu. Charmasson a également découvert les contraintes liées à sa catégorie sur le DP World Tour. Avec des droits de jeu limités, il pensait pouvoir intégrer davantage de champs, notamment durant le Back 9, cette séquence de fin de saison qui peut permettre de sauver une année. « Avec ma catégorie, je m’attendais à pouvoir jouer plus de tournois, et notamment durant ce Back 9. Ma saison est plus courte que ce que je pensais. »
Une incertitude permanente qui a également des conséquences sportives. « C’est un peu tous ces trucs-là hors golf qui sont difficiles à gérer aussi et qui ont des répercussions sur le sportif. » Ne pas oublier d’où il vient À 27 ans, Charmasson sait désormais que conserver sa place sur le DP World Tour sera difficile.
Mais il refuse de considérer cette première saison comme un échec. « Tu as envie au moins de rester là où tu es, mais il ne faut pas que j’oublie que je suis aussi là pour apprendre et prendre de l’expérience, tout en essayant de corriger les erreurs au fur et à mesure. »
Une prise de recul indispensable pour un joueur dont la trajectoire s’est accélérée à une vitesse vertigineuse. Crans-Montana n’aura pas apporté le résultat dont il avait besoin. Mais à quelques semaines du dénouement de la saison, l’objectif est désormais clair : profiter de chaque départ qui lui sera offert pour tenter de prolonger l’aventure sur le DP World Tour.
©JASPER WAX / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP













