Alors que le DP World Tour prépare l’avenir de ses relations avec les membres LIV Golf, Joost Luiten réclame des conditions de retour plus strictes pour les joueurs partis chercher des contrats plus lucratifs. Le Néerlandais veut protéger les membres restés fidèles au circuit européen.
N.C.
Joost Luiten n’a pas l’intention de dérouler le tapis rouge aux joueurs de LIV Golf désireux de retrouver le DP World Tour. À l’heure où le circuit européen doit arbitrer entre attractivité commerciale et équité sportive, le Néerlandais défend une ligne dure. Ceux qui ont choisi de partir doivent en assumer les conséquences, sans récupérer automatiquement les privilèges abandonnés en chemin.
« Ils ont pris leur décision et doivent maintenant en assumer les conséquences », résume le sextuple vainqueur sur le circuit européen. La perspective de voir plusieurs de ces joueurs revenir dans le giron traditionnel ne convainc pas Luiten. Son principal reproche tient à ce qu’il considère comme une logique opportuniste : après avoir privilégié les rémunérations de LIV, certains voudraient retrouver leur place sur le circuit européen alors que leur ligue est proche de la fin.
« Il y a quatre ans, ils n’en avaient rien à faire du DP World Tour. Ils ont choisi l’argent. Maintenant que cet argent a disparu, ils veulent revenir et faire comme si rien ne s’était passé. Je ne trouve pas ça normal », assène-t-il.
Pas de passe-droit pour les revenants
Au-delà du principe, Luiten vise les conditions concrètes de réintégration. Certains joueurs, à l’image de Jon Rahm ou de Victor Perez, disposent déjà d’un statut sur le DP World Tour. D’autres, comme Lee Westwood et Ian Poulter, pourraient retrouver des droits après avoir réglé leurs amendes et selon les catégories d’accès auxquelles ils sont éligibles.
Pour le Néerlandais, avoir quitté le circuit devrait entraîner une véritable remise à zéro des privilèges sportifs. « Il devrait y avoir une règle stipulant que si vous renoncez à votre adhésion, vous perdez aussi tous vos droits d’exemption. » Son alternative est claire, les anciens membres devraient repasser par les qualifications comme les autres candidats. « S’ils se pensent suffisamment bons, qu’ils le prouvent à la Q-School et qu’ils battent les autres joueurs. C’est ce que doit faire toute personne qui veut intégrer ce circuit. »
Pourquoi leur donner des invitations ?
Luiten s’inquiète également de la distribution des invitations, dont le nombre reste limité. Dans un calendrier où chaque place compte, accueillir des joueurs connus peut se faire au détriment de ceux qui tentent de s’installer au plus haut niveau. « Pourquoi leur donner des invitations ? Si je demande une invitation pour un tournoi auquel je ne suis pas qualifié, je ne l’obtiendrai pas, parce qu’elles iront toutes aux joueurs de LIV. »
Et le Néerlandais ne mâche pas ses mots. « Les invitations devraient servir aux jeunes talents qui arrivent, pas à des joueurs qui ont manqué de respect à ce circuit et qui veulent maintenant revenir en bénéficiant d’invitations. Je ne suis pas du tout favorable à ça. »
La fidélité avant les grands noms
Le débat dépasse pourtant la seule question des mérites sportifs. Le DP World Tour doit aussi préserver son attractivité auprès du public et de ses partenaires. Le retour de joueurs réputés peut renforcer les plateaux et contribuer au développement commercial du circuit. Mais Luiten s’interroge sur la place accordée à des figures comme Westwood et Poulter, dont les plus belles années sont derrière elles, au détriment de jeunes joueurs susceptibles de porter le golf européen pendant une décennie ou davantage.
« Le circuit est une entreprise. Il doit gagner de l’argent, développer son produit et attirer les spectateurs sur les parcours comme devant la télévision, concède le golfeur de 40 ans. Certains de ces grands noms peuvent donc être utiles. » Une concession qui ne dissipe pas son ressentiment : « Mais ils n’en avaient rien à faire du DP World Tour. Et maintenant, tout à coup, on voudrait les récupérer ? »
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