Dans une série d’échanges sur X, Paul McGinley a livré une analyse sans concession de l’évolution économique du golf professionnel. L’ancien capitaine européen de Ryder Cup estime que le LIV Golf a coûté des dizaines de millions au DP World Tour, mais pointe également la puissance financière du PGA Tour, qui aurait contribué à affaiblir le golf en dehors des États-Unis. Une prise de position qui relance le débat sur l’avenir du circuit européen et la place du golf mondial face à l’hégémonie américaine.
Paul McGinley n’a pas mâché ses mots. Dans plusieurs messages publiés sur X, l’ancien capitaine victorieux de l’Europe lors de la Ryder Cup 2014 à Gleneagles (Écosse) a dressé un constat préoccupant sur l’évolution du golf professionnel et les difficultés auxquelles le DP World Tour doit faire face.
Au cœur de son raisonnement : les conséquences économiques de l’arrivée du LIV Golf, la concurrence du PGA Tour et la difficulté croissante pour les circuits internationaux d’attirer les meilleurs joueurs de la planète.
Le LIV Golf coupable idéal
McGinley commence par rappeler les conséquences financières directes de l’émergence du circuit dissident sur le Tour européen.
Selon lui, le DP World Tour a perdu des dizaines de millions de dollars en contrats de sponsoring, en tournois et en sites d’accueil, sans oublier les départs de personnel vers la nouvelle ligue.
Le DP World Tour a perdu des dizaines de millions directement à cause du LIV Golf.
Paul McGinley
Une situation qui justifie, à ses yeux, que le circuit européen défende fermement ses intérêts commerciaux. « Le DP World Tour a perdu des dizaines de millions directement à cause du LIV Golf », rappelle l’Irlandais, qui souligne que ses concurrents n’ont pas hésité à se battre pour conquérir des parts de marché.
McGinley reconnaît néanmoins que l’arrivée du LIV a largement profité aux joueurs, en provoquant une inflation spectaculaire des rémunérations sur l’ensemble des circuits.
Mais cette prospérité individuelle s’est, selon lui, construite au détriment de modèles économiques durables.
Il appelle désormais à davantage de bon sens pour éviter de prolonger une course aux dépenses difficilement soutenable.
Le PGA Tour vainqueur par KO
Mais les critiques de McGinley ne se limitent pas au circuit financé par l’Arabie saoudite.
L’ancien capitaine européen considère que la concurrence économique entre le DP World Tour et le PGA Tour est désormais trop déséquilibrée.
Il évoque notamment le poids considérable du marché audiovisuel américain et les revenus publicitaires qu’il génère.
Selon lui, les contrats de sponsoring dépassant les 35 millions de dollars et les droits télévisés particulièrement élevés ne sont possibles qu’aux États-Unis.
Il souligne également que les décalages horaires limitent l’intérêt des diffuseurs américains pour les compétitions organisées ailleurs dans le monde.
L’accord qui a sauvé le DP World Tour
Concernant le départ des 10 meilleurs joueurs du DP World Tour vers le PGA Tour, McGinley reconnaît que cette situation est loin d’être idéale.
Mais il estime qu’il était impossible de le refuser au regard de la situation économique du circuit européen. « Ce n’est pas idéal, mais cela faisait partie d’une très bonne négociation. Nous avons énormément gagné sur d’autres aspects et assuré l’avenir du Tour », explique-t-il.
L’Irlandais pense par ailleurs que le nombre de joueurs européens rejoignant le circuit américain pourrait diminuer avec la future réorganisation du PGA Tour autour de deux divisions de tournois.
« La puissance financière du PGA Tour a nui au golf mondial »
Enfin, sa dernière remarque risque de faire quelques remous au quartier général du PGA Tour.
McGinley regrette l’époque révolue où les joueurs voyageaient pour rendre le golf populaire à travers le monde.
Il estime que les sommes désormais gagnées par les stars du golf professionnel ont profondément modifié leurs priorités.
« Il est triste que la plupart des meilleurs joueurs mondiaux gagnent aujourd’hui tellement d’argent qu’ils préfèrent prendre du repos plutôt que de voyager dans des pays comme l’Australie pour disputer de grands tournois sur de magnifiques parcours », regrette-t-il.
Et l’ancien capitaine européen va encore plus loin dans sa critique du modèle américain.
La puissance financière du PGA Tour a nui au golf mondial.
Paul McGinley
Une déclaration particulièrement forte de la part d’un homme qui défend pourtant le partenariat stratégique entre le DP World Tour et le PGA Tour. « La puissance financière du PGA Tour a nui au golf mondial », insiste l’Irlandais, consultant de Golf Channel.
Photo : Phil Inglis / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP)













