Tout est réuni pour que le premier Signature Event de la saison 2026 du PGA Tour soit un grand moment. Avec un parcours iconique, avec le retour du tenant du titre Rory McIlroy, avec Scottie Scheffler en grande forme, avec aussi des stars amateurs à suivre, l’AT&T Pebble Pro Am s’annonce passionnant à plus d’un titre, même si aucun pro Français ne sera sur la ligne de départ.
Longtemps, ce fut un rendez-vous hybride, entre carte postale californienne et divertissement mondain. Depuis son passage au rang de Signature Event, l’AT&T Pebble Beach Pro-Am a changé de stature : son champ est resserré, les points FedExCup sont maximisés, et surtout il concentre l’élite des joueurs du PGA Tour (80 au total) qui seront tous à suivre pendant quatre jours. Car il n’y a pas de cut.
Le parcours, lui, est iconique. Pebble Beach Golf Links est un must, un site qui a accueilli plusieurs fois des Majeurs. Accroché à la péninsule de Monterey, il épouse littéralement la côte californienne. Dessiné en 1919 par Jack Neville et Douglas Grant, puis affiné par plusieurs architectes dont Alister MacKenzie et Jack Nicklaus, le tracé est devenu une référence architecturale autant qu’un monument visuel. Les joueurs évolueront aussi une fois (lors des deux premiers tours) à Spyglass Hill, un autre parcours links à la réputation presque aussi grande.
Au-delà de la signature visuelle qui s’exprime pleinement sur les trous côtiers, notamment du 4 au 10, puis au 17 et au 18 (avec en point d’orgue le célébrissime par 3 du 7), le parcours est considéré comme court si l’on se base sur les standards modernes (autour de 6 400 mètres), mais il se défend autrement. Ses greens comptent parmi les plus petits du PGA Tour. Leur surface en poa annua est sensible aux variations d’humidité et au trafic de la journée. Les multiples plateaux et pentes subtiles exigent un contrôle absolu des distances. Les chiffres montrent année après année que les putts de moins de 2 mètres sont difficiles à rentrer à ‘Pebble’.
Putting, wedging : les clés de la victoire
Le putting est le plus grand challenge ici, puis vient le wedging (si ce n’est la météo qui peut tourner vinaigre). La victoire se joue, si on se fie aux statistiques du passé, sur la qualité des coups entre 70 mètres et 115 mètres (30 % des attaques de green à Pebble Beach). Les tableaux statistiques le confirment année après année. Le Strokes Gained Approach figure systématiquement parmi les indicateurs décisifs. A l’image de Rory McIlroy l’an passé (-21), la victoire s’obtient avec des scores assez bas, malgré la présence presque inévitable du vent.
Qui part favori pour cette édition 2026 ? Évidemment Scottie Scheffler. Le n°1 mondial a fait fort dès le début de saison avec une victoire pour commencer puis une place sur le podium assez incroyable à Phoenix malgré un faux-départ. Sa série en cours de 17 tops 10 consécutifs est impressionnante. Sa maîtrise des distances sur ses wedges est totale même s’il a semblé en deçà de ses standards en Arizona. Il va chasser son premier succès dans ce tournoi talisman du PGA Tour. Neuvième l’an passé, sixième il y a deux ans, il devrait logiquement se rapprocher encore du trophée cette année .
Ses rivaux ? On pense bien sûr au tenant du titre Rory McIlroy, qui lance ici sa saison sur le PGA Tour. Sur le DP World Tour, le n°2 mondial n’a pas trouvé la bonne carburation en 2026. Son retour en arrière sur son matériel va peut-être l’aider à trouver des meilleures sensations, tout comme l’atmosphère d’un tournoi qu’il a remporté avec brio il y a un an.
Les Européens arrivent en forme… sauf McIlroy
Impossible de ne pas citer parmi les principaux prétendants, Russell Henley, un métronome sur les courtes distances, Jason Day, souvent à l’aise à Pebble Beach notamment autour des greens, et Tommy Fleetwood, qui aime dompter le vent. On n’oublie pas non plus un autre Anglais, Justin Rose, vainqueur du tournoi il y a deux ans et en grande forme avec sa victoire à Torrey Pines. On a vu aussi la semaine passée un Viktor Hovland qui monte en puissance et on ne serait pas surpris de retrouver Shane Lowry, passé près de la victoire déjà en 2025 (au Dubaï Invitational par exemple), aux avant-postes d’un tournoi qui sied à son jeu.
Bref, les Européens arrivent en forme, sauf Rory McIlroy, dont la rentrée américaine sera évidemment scruter de très près.
Le parcours, le panorama, les stars du jeu qui se retrouvent pour un premier affrontement au sommet (il manque 2 ou 3 joueurs du LIV à l’appel, on vous l’accorde), l’AT&T Pebble Beach Pro Am mérite donc le coup d’œil. Et si tous ces attraits ne suffisent pas à vous convaincre d’allumer Golf+, sachez que des stars du show business seront sur la ligne de départ. Puisque c’est un Pro Am. L’an passé, c’est un… Français (milliardaire) qui avait empoché la mise. Mais plus de savoir qui va s’imposer dans ce tournoi parallèle, on regardera avec curiosité les swings du basketteur Paul Gasol par exemple.
Au milieu des stars du show biz, un amateur français va défendre son titre
Parmi les joueurs pros pas de Français mais un tricolore prend régulièrement part à ce tournoi dans les rangs amateurs. Philippe Laffont s’est même imposé l’an passé dans le Pro-Am avec l’Américain Andrew Novak comme partenaire.
La présence annoncée de Travis Kelce, figure majeure de la NFL et compagnon de Taylor Swift, élargit évidemment le spectre médiatique de l’événement. Le partenaire de la chanteuse sait jouer, la preuve avec ce coup qui a enflammé la foule sur le trou n°16 à Phoenix. La télé américaine ne manquera pas son coup au n°7 de Pebble Beach…
TRAVIS KELCE DART ON 16 pic.twitter.com/OLkE2YE52b
— Fore Play (@ForePlayPod) February 4, 2026
Photo : Ezra Shaw/Getty Images/AFP









