Sous l’impulsion de la Fédération française de golf et de Grégory Havret, responsable de la filière messieurs, Callixte Alzas, Oscar Couilleau et Lev Grinberg, accompagnés par Kenny Le Sager, leur coach du Centre de performance au Golf National, viennent de passer quatre jours auprès de Victor Dubuisson, chez lui à Tenerife, sur le Golf d’Abama.
L.V.
C’est une semaine qu’ils ne sont pas près d’oublier. Grands espoirs du golf tricolore, encore amateurs, Callixte Alzas, Oscar Couilleau et Lev Grinberg, récemment naturalisé français, ont rencontré du 3 au 6 février Victor Dubuisson à Tenerife, au Golf d’Abama, là où le Cannois possède sa propre académie. Un stage validé par la Fédération française de golf et supervisé par Grégory Havret, responsable de la filière messieurs, accompagné par Kenny Le Sager, le coach principal du Centre de performance situé au Golf National (78) ;
« Cela fait quelques semaines qu’on organise ça avec Victor afin de trouver le bon créneau, souligne Grégory Havret en préambule. C’est parfois compliqué de bien calibrer les agendas des uns et des autres mais là on a réussi à bloquer une date. Victor m’a toujours dit qu’il avait des zones d’excellentes qualités pour travailler ici sur le Golf d’Abama (Iles Canaries). Je voulais découvrir ça car à terme, ce serait bien d’avoir une base régulière, un endroit où l’on sait que l’on aura de bonnes conditions d’entraînement, des bons greens, un parcours assez challenging… »
Victor a été un grand champion, et passer du temps avec un grand champion, c’est à minima un accélérateur pour les jeunes.
Grégory Havret
Le vécu de Victor Dubuisson, très jeune retraité sur le Tour européen, peut également être un atout majeur dans la progression des jeunes talents du golf français.
« Victor a été un grand champion, et passer du temps avec un grand champion, c’est à minima un accélérateur pour les jeunes, poursuit Havret. Sans oublier bien sûr le discours d’un golfeur qui a atteint un niveau jamais atteint en France par quelqu’un d’autre, si ce n’est Matthieu Pavon, c’est-à-dire le top 20 mondial. On est venu ici pour trouver tout ça. Et on n’est pas déçu. »
La délégation a aussi pu bénéficier d’infrastructures de haut niveau et notamment d’un practice « exceptionnel » selon les propres mots de Grégory Havret.
Franchement, c’est le paradis de l’entraînement, le tout en jouant avec balles Pro V1. A tous les niveaux, c’est 10 sur 10.
Grégory Havret
« Le parcours est très dur ici, souffle-t-il. Avec des greens tout aussi durs, des fairways hyper ras, sans trop de roughs et un peu de vent. On est du bon côté de l’ile avec des vents dominants qui passent au-dessus de nous avec ce volcan pas loin qui nous protège. Et puis les zones d’entraînement au fond du practice sont extraordinaires. Les responsables du Golf d’Abama ont mis à la disposition de Victor une zone telle qu’il la voulait. On a ici trois greens d’entraînement sur lesquels on peut taper du chipping jusqu’à 190 mètres. Trois greens sur lesquels on a à chaque fois quatre drapeaux différents. Un des greens est assez grand, assez large avec un peu de pentes mais sans exagérer. Les deux autres, en revanche, sont beaucoup plus vicieux, plus compliqués. En fait, on peut taper de partout vers n’importe où. On peut jouer avec ou contre le vent ; Il y a un fairway, des zones de roughs, des bunkers… Pour les longs coups, les petits coups… Franchement, c’est le paradis de l’entraînement, le tout en jouant avec balles Pro V1. A tous les niveaux, c’est 10 sur 10. »
Un hôte de marque totalement investi
Victor Dubuisson a lui aussi rempli à merveille son rôle d’hôte de marque, totalement investi dans sa mission de référent golfique de luxe. L’ancien n°15 mondial vainqueur de la Ryder Cup en 2014 à Gleneagles (Ecosse) a ainsi accompagné les jeunes golfeurs sur le parcours, distillant de précieux conseils.
« C’est la première fois que les jeunes rencontrent Victor, précise Grégory Havret. Il n’a jamais été avare en bonnes paroles. « Tiens, viens voir, tu pourrais jouer ce coup-là comme ça mais tu as la pente ici et si tu t’appuies là, tu as moins de marge d’erreur. Et puis si tu bloques les mains, avec un peu plus de loft… » Des discussions qui ont l’air de rien mais additionnées les unes aux autres font qu’elles deviennent tellement riches d’enseignements. Avec Victor, on a aussi un discours qui va aborder un autre angle de la performance, totalement complémentaire de ce qui est mis en place pour les garçons et qui va, d’une autre manière, leur permettre d’avancer encore plus vite. Les garçons étaient super à l’écoute. Mais cela ne m’étonne pas. C’est un bon groupe de mecs qui vit très bien ensemble. »
Je le trouve hyper épanoui. Il a toujours le sourire. C’est un vrai bonheur.
Grégory Havret en évoquant Victor Dubuisson
« Je ne remercierai jamais assez Victor, ajoute encore Grégory Havret, trois victorieux sur le Tour européen entre novembre 2001 et août 2008. Il est hyper impliqué. Il organise tout au carré. Un exemple ? On a commencé mercredi à 7h00 du matin et on a fini à 19h00, à la tombée de la nuit. Il est avec nous du début à la fin. Il est même à 110 % avec nous puisque le soir, il nous envoie des textos pour nous informer qu’on a la voiture à tel endroit, qu’il a réservé le restaurant pour nous le soir suivant, etc. Je le trouve hyper épanoui. Il a toujours le sourire. C’est un vrai bonheur. C’est une semaine géniale. Même lui en profite. Il est impliqué et je pense qu’il arrive à puiser dans les garçons quelque chose qui lui manquait aussi un peu, c’est-à-dire de jouer avec des jeunes qui tapent plus fort que lui, qui ont un niveau d’exigence très élevé. Cela le tire aussi vers le haut. Et Victor, c’est un compétiteur. Il est très content de vivre ça avec les garçons car ça lui rappelle tous ces bons moments. »
On recommence quand ?
Ce mini-stage XXL, qui a pris fin avec le retour de la délégation ce samedi 7 février en France, en appelle forcément d’autres. Reste à trouver un bon équilibre.
« Il faut que l’on trouve le bon axe, conclut Grégory Havret. Il faut que ça convienne au Golf d’Abama, sans que cela ne les pollue pour autant, sans que Victor se dise que ça va trop loin. Il faut que l’on trouve un bon compromis entre les intérêts de la Fédération et le but d’emmener les jeunes le plus haut et le plus loin possible. Dans une certaine harmonie. Pour moi, il y a un vrai coup à jouer. »
Photos : D.R.











