Le déplacement de l’état major de la fédération française de golf en Arabie saoudite avait deux objectifs. Evoquer la possibilité d’organiser un tournoi du LIV en France mais aussi imaginer ce que pourrait être le futur de l’Open de France quand le contrat avec le DP World Tour prendra fin dans quelques mois.
Comme nous vous l’annoncions la semaine passée, Pascal Grizot et Christophe Muniesa étaient à Riyad pour le lancement de la saison 2026 du LIV début février.
Pas pour le plaisir, mais pour faire avancer les projets chers au président de la Fédération Française de Golf, toujours animé par la même obsession qui l’a conduit à obtenir l’accueil de la Ryder Cup en France en 2018 : faire de la France une place forte du golf européen.
Dans un golf professionnel toujours secoué par les turbulences liées à l’arrivée du LIV Golf sur l’échiquier, Grizot entend profiter de la moindre opportunité pour se faire entendre.
Je me dois d’anticiper et d’envisager l’avenir du tournoi, cela signifie rencontrer les dirigeants de tous les circuits
Grizot discute avec tout le monde
Après avoir rencontré Yasir Al-Rumayyan (le le directeur du Fonds Public d’Investissement d’Arabie) une première fois en juillet 2022, Greg Norman (l’ancien patron du LIV) lors d’un rendez-vous secret en septembre 2024, il s’est donc rendu dans la capitale saoudienne en compagnie du directeur général de la Fédération avec un programme chargé :
Des rendez-vous avec Scott O’Neil le CEO du LIV Golf, Ross Hallett en charge de l’opérationnel pour le circuit financé par le PIF sans oublier un diner en tête à tête avec Yasir Al-Rumayyan pour Pascal Grizot.
« Nous aimerions bien organiser comme l’Espagne un tournoi du LIV en France mais il ne s’agit pas de remplacer l’Open de France.» martèle Grizot qui explique que dans la situation actuelle du golf professionnel son rôle est de rencontrer tous les acteurs.
«J’ai aussi parlé avec le nouveau boss du PGA Tour, Brian Rolapp, au Hero World Challenge en décembre, j’ai pu discuter avec Guy Kinnings lors du Dubai Creek Invitational au début de l’année.»
Pour le président de la Fédération la fusion PGA Tour – DP World Tour – LIV évoquée un temps n’est plus d’actualité. « On a le sentiment que chaque partie espère que l’autre jete l’éponge.»
Le DP World Tour en danger ?
La “Guerre des Circuits” n’épargne personne. Des deux côtés, le préjudice économique est important mais avec un fond souverain de 1000 milliards qui rapporte 7,5% par an au PIF, une perte d’un milliard par an (cinq milliards en cinq ans), difficile d’affirmer que les Saoudiens sont le couteau sous la gorge.
L’argent c’est également le nerf de la guerre pour le DP World Tour qui semble vivre sous perfusion du PGA Tour. L’European Tour a perdu encore beaucoup d’argent en 2025, le PGA Tour éponge les dettes mais jusqu’à quand ?
Dans l’accord passé avec le circuit américain existe une clause permettant au PGA Tour d’en sortir fin 2027. C’est aussi la date à laquelle l’Open de France ne sera plus exploité par le DP World Tour. Qu’adviendra-t-il du tournoi ? Une question qui taraude les dirigeants de la ffgolf.
« Je me dois d’anticiper et d’envisager l’avenir du tournoi, cela signifie rencontrer les dirigeants de tous les circuits alors que la situation demeure très tendue économiquement.»
Le président de la ffgolf rêve toujours de voir son idée de circuit mondial se concrétiser. Un International Tour avant une hypothétique fusion avec le PGA Tour ? « les Américains ne veulent pas pour l’instant organiser de tournois hors USA, il faut donc que le reste du monde se prenne en main en créant des tournois inspirés des Signatures Event sans exclure les joueurs du PGA Tour s’ils souhaitent participer.»
C’est dans ce calendrier agrégeant des tournois de plusieurs circuits sous une même bannière, que Grizot imagine donner la place qu’il mérite au plus vieil Open continental.
Photo © Fabrice COFFRINI / AFP









