À la tête de Greens du Monde depuis son rachat en 2024, Olivier de Nicola entend donner un nouvel élan à ce spécialiste du voyage golfique sur mesure. Ancien dirigeant de Thomas Cook France et de FRAM, cet entrepreneur de 61 ans, passionné de sport et de voyages, souhaite renforcer les positions de l’entreprise tout en explorant de nouvelles destinations. De l’Argentine au Japon, en passant par la Finlande, il nous dévoile sa vision d’un marché dont certaines particularités l’ont surpris.
Golf Planète : Vous avez repris Greens du Monde en 2024. Pourtant, votre parcours et votre personnalité restent assez méconnus dans le milieu du golf. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Olivier de Nicola : Le golf ne m’est pas étranger ! Dans ma jeunesse en Alsace, j’ai pratiqué le handball, le ski, le tennis, mais j’ai aussi découvert le golf grâce à une initiation proposée aux collégiens, tous les jeudis, au golf du Rhin.
Cela m’a permis de suivre mes parents, qui avaient eux-mêmes abandonné le tennis pour le golf. J’ai beaucoup joué jusqu’à 25 ans, avant de privilégier le rugby, découvert lors de mon arrivée en école de commerce à Paris.
Le sport et l’entreprise ont toujours été les deux grands axes de ma vie. J’aurais d’ailleurs pu suivre un cursus sport-études en handball, mais mes parents ont préféré que je privilégie les études.
Après HEC, vous avez rapidement pris la direction de l’étranger…

J’ai ensuite travaillé cinq ans chez Asia, à Paris, avant de me lancer dans l’entrepreneuriat en reprenant une agence événementielle qui était proche du dépôt de bilan.
Avec la fondatrice, nous avons redressé l’entreprise. En neuf ans, nous sommes passés de trois à 250 collaborateurs.
J’ai ensuite alterné entre la direction de grands groupes et mes propres entreprises. J’ai notamment dirigé Thomas Cook France, qu’il fallait redresser, puis FRAM, avant de revenir à l’entrepreneuriat.
Depuis 2012, j’ai racheté six entreprises dans le tourisme et l’événementiel. Deux ont été revendues afin de me concentrer sur la constitution d’un groupe spécialisé dans le tourisme de niche.
Aujourd’hui, nous sommes présents dans le voyage haut de gamme, les voyages liés à la course à pied, notamment autour du Marathon de New York, la croisière, l’événementiel et, bien sûr, le golf.
Comment le golf est-il entré dans votre stratégie de développement ?
En 2019, mon groupe a racheté Plein Swing Voyages, une entreprise créée à Nice par Jacques France. Cela nous a permis de faire un premier pas dans le secteur.
Puis, en 2024, nous avons repris Greens du Monde, une société fondée en 1993 par Daniel Remiot et qui bénéficie d’une excellente réputation.
Que représente Greens du Monde aujourd’hui et quelles sont vos ambitions ?
Greens du Monde emploie une douzaine de collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 6,5 millions d’euros.
Notre activité repose essentiellement sur le voyage sur mesure, pour les particuliers et les petits groupes d’amis. Nous avons également développé une expertise auprès des professionnels de golf qui organisent des séjours avec leurs élèves.
Notre première ambition est de consolider nos marchés historiques tout en prenant une place plus importante dans les voyages de groupes.
Nous nous adressons essentiellement à une clientèle française et francophone, à laquelle nous voulons proposer une multitude de destinations, de nouvelles expériences et, évidemment, de bonnes opportunités de séjours.
Vous connaissiez parfaitement le monde du tourisme. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en découvrant celui du voyage golfique ?
Deux choses m’ont particulièrement étonné.
La première, c’est l’importance que nos clients accordent à l’hébergement. Je pensais que le choix des parcours, leur architecture, leur renommée ou leur concepteur seraient au centre des décisions.
Or, ce n’est pas vraiment le cas !
La connaissance des golfs reste évidemment primordiale dans notre métier, mais elle intervient souvent dans un deuxième, voire un troisième temps.
Le raisonnement de nos clients est plutôt : destination, hébergement, golfs. Et non destination, golfs, hébergement.
Olivier de Nicola
Il faut généralement avoir un handicap assez faible pour que cette hiérarchie s’inverse.
Et la seconde surprise ?
La qualité des relations que nous entretenons avec les hôteliers.
Dans beaucoup de secteurs du tourisme, j’ai vu les relations évoluer progressivement d’un véritable partenariat vers un simple rapport client-fournisseur.
Dans le tourisme golfique, et particulièrement chez Greens du Monde, j’ai retrouvé cette relation de confiance, construite dans la durée.
Nous travaillons réellement ensemble pour proposer les plus beaux séjours possibles. C’est quelque chose que j’apprécie énormément.
Vous avez récemment lancé un nouveau concept baptisé « Les Voyages d’Olivier ». De quoi s’agit-il ?
L’idée est d’inciter nos clients à sortir des destinations golfiques traditionnelles.
Qui pense spontanément à partir jouer au golf en Argentine, en Inde ou au Japon ?
Avec Les Voyages d’Olivier, nous souhaitons emmener chaque année un petit groupe de golfeurs à la découverte de destinations parfois méconnues.
Le premier voyage est programmé en mars 2027, en Argentine.
Nous avons volontairement limité le groupe à 16 golfeurs et je les accompagnerai personnellement.
L’objectif est de combiner notre expertise golfique avec le savoir-faire de nos autres entreprises dans le voyage haut de gamme et l’événementiel.
Nous voulons proposer de très beaux parcours, mais aussi des expériences exceptionnelles en dehors du golf.
Olivier de Nicola
À terme, nous organiserons chaque année un voyage lointain et un autre sur une destination moyen-courrier. Car même en Europe, il reste beaucoup de destinations golfiques à découvrir.
Faut-il comprendre que Greens du Monde souhaite s’éloigner des destinations classiques comme Maurice, l’Espagne ou le Portugal ?
Pas du tout ! Ces destinations restent essentielles dans notre offre.
L’île Maurice, avec ses eaux cristallines, l’Espagne et le Portugal, si proches et si diversifiés, continuent naturellement de séduire nos clients.
Mais nous souhaitons compléter cette offre avec des destinations moins connues et moins fréquentées par les golfeurs français.
Je pense notamment à Prague, à la Finlande ou encore au Canada.
Faire découvrir de nouveaux horizons fait partie de l’ADN de Greens du Monde.
Quelles seront vos autres priorités dans les prochaines années ?
La première sera de continuer à défendre et à promouvoir la marque Greens du Monde.
Nous bénéficions d’une excellente notoriété, fruit du travail remarquable accompli par nos équipes depuis de nombreuses années. C’est un capital précieux qu’il faut entretenir.
Nous voulons également renforcer notre offre et poursuivre notre développement, sans perdre ce qui fait notre spécificité : la qualité du conseil, la connaissance des destinations et le sur-mesure.
À 61 ans, après avoir dirigé de grands noms du tourisme, qu’est-ce qui vous motive encore dans cette aventure entrepreneuriale ?
Le plaisir d’entreprendre et de développer des activités qui ont du sens.
Aujourd’hui, je suis heureux de présider un groupe privé qui emploie plus de 45 personnes et réalise près de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé.
Nos métiers sont différents, mais ils se complètent parfaitement.
C’est une vraie satisfaction de découvrir qu’un client de Greens du Monde nous fait ensuite confiance pour un voyage personnel chez Contrastes Voyages, pour l’organisation d’un événement d’entreprise ou pour participer, avec ses enfants, à un marathon ou à un trail.
C’est aussi cela, la richesse de notre groupe : accompagner nos clients dans différentes passions et à différents moments de leur vie.

















