En faisant tordre ses fers pour réduire l’offset et augmenter le bounce puis en réécrivant en rouge le « bon » numéro dessus, Vijay Singh assume jusqu’au bout son perfectionnisme d’obsédé de matériel, une exigence qui lui permet encore de passer des cuts sur le PGA Tour à 62 ans.
Les fers de Vijay Singh intriguent autant qu’ils fascinent : sur chaque tête, de gros chiffres rouges semblent contredire le numéro gravé en usine.
Non, contrairement à ce qu’il dit dans la vidéo ci-dessous ce n’est pas parce que son caddie se trompe de club à longueur de partie.
En réalité, ces marquages sont le reflet de l’exigence presque maniaque de l’un des plus gros bourreaux de travail du golf moderne, capable comme nous l’avions expliqué de sentir la moindre variation dans le réglage de ses clubs.
Vijay Singh’s clubs are … different.
— PGA TOUR Champions (@ChampionsTour) January 20, 2024
He uses his ‘3-iron’ as his actual 4-iron, and labels each club differently with a marker.@RoccoMediate investigates @VijaySinghGolf’s unique bag @MEC_golf. pic.twitter.com/GfWaZ5Vs9f
Des lofts plus faibles, des chiffres « corrigés »
Comme l’explique Brian Rhattigan, l’homme qui lui prépare ses clubs sur le PGA Champions Tour, Vijay Singh ne supporte pas l’offset. Il fait donc augmenter le loft (ouverture) de quatre degrés sur chacun de ses fers pour aligner davantage le bord d’attaque sur le hosel et favoriser son fade naturel, là où un offset marqué tend à produire une balle en draw.
Concrètement, son 7 est joué comme un 8, son 8 comme un 9, etc. D’où ces chiffres rouges, toujours un cran au‑dessus du numéro d’origine, qui évitent toute confusion en pleine partie.
Un perfectionniste encore compétitif à 62 ans
Cette obsession du détail ne date pas d’hier. Chez Mizuno déjà, Jeff Cook racontait en 2020 qu’en faisant augmenter l’ouverture il ajoutait du « bounce », un élément nécessaire compte tenu du swing particulièrement vertical et des divots profonds du Fidjien.
À l’époque, il bénéficiait d’un autre niveau de service : le numéro du club était gravé sur la semelle à côté de celui d’origine, puis peint.
Même si sa méthode actuelle est moins esthétique, elle continue de payer : à 62 ans, Vijay Singh a encore franchi un cut sur le PGA Tour au Sony Open, confirmant qu’il sait toujours faire parler ses fers… quels que soient les chiffres écrits dessus.
Photo : Kevin C. Cox / Getty Images via AFP











