Après trois années de collaboration avec Raphaël Jacquelin, Julien Guerrier a décidé de tourner la page. Le Rochelais, actuel 20e provisoire à -8 de cet Open de France, après une carte de 69 (-2) lors de ce Moving Day, a déjà trois pistes pour lui succéder. Il devrait dévoiler dans deux semaines le nom de celui qui pourra l’accompagner dans une nouvelle approche de son jeu.
F.P., au Golf National
Julien Guerrier est en train de nous offrir un solide Open de France… À -8 total, après une nouvelle carte sous le par ce samedi (69 à -2), le meilleur Français à la Race to Dubaï (30e) est, au sortir du recording, d’une lucidité parfaite sur son niveau de jeu :
« Je cherche de la régularité depuis un petit moment, lâche-t-il. Je n’en suis pas loin. C’est un super test. Maintenant, il faut essayer d’aller chercher le haut du leaderboard et il va falloir rentrer un peu plus de putts, se mettre un peu plus près. Je n’ai pas mal joué, je n’ai pas bien joué. Mais c’est sûr que pour faire une partie aboutie ici du 1 au 18, il ne faut pas s’égarer au niveau de la concentration, comme j’ai pu le faire à deux reprises. Et puis il faut être concentré, il faut bien dormir le soir. »
Ce qui ne semble pas être le cas depuis un petit moment… De là à y voir une explication avec l’officialisation cette semaine de la fin de la collaboration avec son coach depuis un peu plus de trois ans, Raphaël Jacquelin.
Juste besoin de quelque chose de différent.
Julien Guerrier
Les deux hommes travaillaient en effet ensemble depuis février 2023. Une association qui avait accompagné les belles heures du golfeur, notamment sa troisième place au Hero Dubai Desert Classic en début d’année. Mais les derniers mois ont été plus compliqués, entre problèmes physiques et manque de régularité. Il a donc choisi de changer de méthode. Pas forcément de tourner définitivement le dos à Raphaël Jacquelin, qu’il considère toujours comme un ami et un excellent coach, mais de chercher « un nouveau discours… juste besoin de quelque chose de différent. »
Trois noms, un seul Français
Pas question pour autant de choisir dans la précipitation. Il a déjà identifié trois profils. Un seul est Français. Et le joueur de 41 ans veut prendre le temps de les rencontrer avant de se décider.
« J’en ai trois en tête dont un Français. Je vais me décider dans les quinze jours. Il faut que je les voie tous, que je discute. Il faut sentir le feeling. Je sais exactement ce que je veux, ce qu’ils peuvent m’apporter, leur degré de motivation. Il y a plein de choses qui vont entrer en ligne de compte. Comme j’ai un peu de bouteille maintenant, je sais exactement ce que je veux. »
Les statistiques, la performance et un cadre clair
Le futur coach ne devra pas être uniquement un spécialiste du swing. Il recherche un profil capable de prendre de la hauteur sur l’ensemble de sa performance, notamment à travers les statistiques.
« Oui, je recherche quelqu’un qui soit pas mal dans les stats, qui sache les lire, parce que ce n’est pas donné à tout le monde. »
Il veut également davantage de travail spécifique autour de la performance et de la pression, avec des exercices variés destinés à reproduire les situations rencontrées en tournoi. « Il faut que je fasse beaucoup d’exercices de performance variés, parce que c’est ça qu’on amène sur le parcours sous pression. »
La technique, elle, doit rester présente mais retrouver une place plus mesurée. « Il faut que j’aie un cadre vraiment très clair sur ma technique, un peu comme si je me brosse les dents tous les jours. »
Une philosophie qui traduit aussi son envie de responsabiliser davantage chacun des acteurs de son entourage.
« Quand on prend une décision aussi, le coach doit être responsable de vers où il veut m’amener et chacun doit prendre sa part de responsabilité. Progression, régression… on ajuste et on avance. »
Autre élément déterminant dans sa réflexion : le travail ne doit pas nécessairement être plus important lorsque le joueur est en compétition. Guerrier souhaite au contraire pouvoir travailler davantage en dehors des semaines de tournoi et arriver sur le parcours avec de la fraîcheur et de la lucidité.
Ce ne sont pas les semaines de tournoi où l’on doit travailler.
Julien Guerrier
« J’ai surtout envie de travailler hors tournoi. Et l’objectif quand je suis en tournoi, et c’est ce que font les meilleurs, c’est de trouver des temps de repos, de faire du jus. Ce n’est pas les semaines de tournoi où l’on doit travailler. »
Une prise de conscience née aussi de ses dernières semaines compliquées. Lorsque les résultats ne suivent plus, le réflexe naturel du joueur est souvent de vouloir travailler davantage.
« Comme je ne jouais pas bien, je me faisais happer par le truc… travailler beaucoup plus, encore plus taper la balle. Mais ce n’est pas la solution. Même si c’est naturel parce qu’on a envie de réussir. »
Son prochain coach devra donc aussi l’aider à résister à cette tentation. « Au contraire, il faut sortir de ce schéma, se reposer pour avoir de la lucidité. »
Julien Guerrier est par conséquent en quête de « consistance », un terme qui revient désormais souvent dans son discours. Dans deux semaines au plus tard, il devrait avoir choisi celui qui sera chargé de lui donner ce fameux « nouveau discours ».
Photo : Andy Astfalck / NurPhoto














