Arrivé cette saison à temps plein sur le DP World Tour après avoir quitté le LIV Golf fin 2025, victorieux dès le début de l’année civile à Dubaï puis au Qatar, Patrick Reed occupe toujours le fauteuil de leader de la Race to Dubai. Mais son avance sur Eugenio Chacarra, 2e, et Rory McIlroy, 3e, s’est réduite. L’Américain, membre honoraire à vie du circuit depuis 2019 mais personnage ô combien clivant, estime aujourd’hui être le bienvenu sur le Tour européen.
L.V.
Il en rêve depuis ses deux victoires en trois semaines au tout début de l’année civile. Au Hero Dubai Desert Classic, premier Rolex Series de la saison, puis au Qatar Masters. Après avoir entretemps été battu en play-off au Bahrain Championship.
Patrick Reed est en effet toujours en tête de la Race to Dubai grâce à ce début d’exercice fracassant, quelques semaines seulement après avoir décidé de quitter le LIV Golf faute d’accord sur le renouvellement de son contrat.
Bien lui en a pris avec le recul puisque le circuit dissident, lâché au mois d’avril par le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite, est sur le point de mettre la clé sous la porte.
J’ai le sentiment que les joueurs apprécient ma présence et le fait que je vienne participer aux tournois.
Patrick Reed
Présent à New Delhi pour disputer le DP World India Championship, avant-dernier rendez-vous du Back 9 sur le DP World Tour, le Texan de 36 ans avoue se sentir très bien sur le Tour européen, alors que son objectif est de revenir sur le PGA Tour en 2027 via l’un des dix spots attribués par l’intermédiaire de cette même Race to Dubai.
« Je me sens évidemment bien accueilli ici, souffle le vainqueur du Masters 2018. Depuis que j’ai rejoint le PGA Tour et commencé à y jouer, puis que j’ai obtenu ma carte européenne et mon statut sur le DP World Tour, je suis toujours venu jouer sur ce circuit et le soutenir. Que j’aie évolué sur le PGA Tour ou sur LIV Golf, j’ai toujours voulu continuer à jouer et à soutenir ce tour. J’ai eu cette opportunité et je l’ai saisie, quel que soit le circuit sur lequel j’évoluais. »
« Cette année, le fait de disposer d’un statut ici et de jouer exclusivement sur ce circuit est quelque chose que j’apprécie vraiment, ajoute-t-il. J’ai le sentiment que les joueurs apprécient ma présence et le fait que je vienne participer aux tournois. Honnêtement, je n’ai pas l’impression que quoi que ce soit soit différent pour moi. »
Première finale de la Race en 2015
Patrick Reed, alias Captain America à ses grandes heures en Ryder Cup, notamment en 2014 et surtout en 2016 à Hazeltine, a disputé son tout premier tournoi sur le Tour européen en 2011 à l’occasion du Dunhill Links Championship. Il n’avait alors pas franchi le cut. Depuis, il a pris le départ de 137 autres tournois, Majeurs compris.
C’est en 2015 qu’il a participé pour la première fois à la finale du DP World Tour Championship sur l’Earth Course du Jumeirah Golf Estates, s’offrant une encourageante 10e place. Il en disputera six autres, la dernière l’an passé (28e), réussissant à monter à deux reprises sur le podium : 2e en 2018 et 3e en 2020.
Venir jouer tous ces tournois à travers le monde a été une expérience très enrichissante et très agréable. Pour moi, rien n’a vraiment changé.
Patrick Reed
« J’ai le sentiment d’avoir été accepté par les joueurs dès le premier jour, depuis mon arrivée en 2015, poursuit-il. Depuis lors, je me suis toujours senti accepté. Oui, les gars m’ont accepté. Je peux comprendre que certains joueurs aient un problème avec ceux qui viennent uniquement disputer les grandes épreuves. Pour ma part, je suis venu jouer aussi bien les grands tournois que les plus modestes, ainsi que ceux de niveau intermédiaire. J’ai toujours tenu à être un joueur international. Venir jouer tous ces tournois à travers le monde a été une expérience très enrichissante et très agréable. Pour moi, rien n’a vraiment changé. »
Un écart infime aux trois premières places
Leader de la Race to Dubai avec 3 423,62 points malgré son cut manqué à l’Open d’Espagne la semaine dernière, Reed possède 165,73 points d’avance sur Eugenio Chacarra et 307,76 points sur Rory McIlroy, désormais 3e. Rappelons qu’un seul golfeur américain est parvenu à décrocher le trophée Harry Vardon (n°1 européen). C’était Collin Morikawa, en 2021.
Il partagera les deux premiers tours du DP World India Championship avec le Néo-Zélandais Ryan Fox, vainqueur de The Open cet été au Royal Birkdale, et l’Anglais Aaron Rai, lauréat du PGA Championship au mois de mai en Pennsylvanie.
Photo : Getty Images













