Relégué sur l’HotelPlanner Tour (ex-Challenge Tour) à l’issue de la saison 2024-25 du DP World Tour, Clément Sordet, 33 ans, prend part du jeudi 8 au dimanche 11 janvier aux Cartes du LIV Golf. Le Lyonnais entraîné par Mathieu Santerre nous explique son choix. Et nous dresse ce qui pourrait être sa saison 2026, sur le circuit dissident ou ailleurs…
Propos recueillis par Lionel VELLA
En transit à Paris en provenance de Nice avant de grimper ce dimanche dans un avion direction la Floride, Clément Sordet a répondu par téléphone à nos questions durant une petite dizaine de minutes.
Il fait partie des trois Français (avec Alexander Levy et Pierre Pineau) à tenter les Cartes du LIV Golf. Il effectue ce déplacement aux États-Unis sans son caddie cette année sur le DP World Tour, Basile Dalberto.
« On a arrêté notre collaboration juste avant la finale des Cartes européennes, souligne le Lyonnais, installé depuis plusieurs années maintenant sur la Côte d’Azur. J’aurai un caddie sur place pour ces Cartes avant de démarrer ensuite avec Cédric Bertin. Il commencera avec moi sur mon prochain tournoi. Il est issu du golf de Lyon Salvagny, que je connais bien. Il veut tenter l’aventure. Il fait aussi office de prépa mental. On va donc pouvoir bosser tout ça ensemble sur le parcours… »
GOLF PLANÈTE : Pour quelle raison vous êtes-vous inscrit à ces Cartes du LIV Golf qui débutent ce jeudi 8 janvier à Lecanto (Floride), au Black Diamond Ranch ?
Clément SORDET : Ce qui m’a poussé à faire ce choix, c’est ma situation actuelle. Si j’avais gardé ma carte sur le Tour, je ne me serais jamais lancé dans ce projet. 2026, c’est une année particulière pour moi parce que je ne sais pas combien de tournois je vais pouvoir jouer sur le DP World Tour (Ndlr, il possède une catégorie 19). L’année qui débute sera très certainement un mixte entre l’HotelPlanner Tour et le DPWT. À partir de là, je me suis dit pourquoi ne pas tenter ces Cartes sur le LIV Golf ? C’est Alex (Levy) qui m’a soufflé l’idée de demander une invitation. C’est une opportunité. Après, on critique ou pas le LIV, moi, je cherche juste un endroit où jouer une saison pleine en 2026.
G.P. : L’arrivée de Victor Perez sur ce circuit soutenu financièrement par le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite a-t-elle accéléré votre décision ?
C.S. : Non, pas du tout. J’avais juste envie de tenter ça. Après, je ne sais pas s’il y aura des répercussions de la part de l’HotelPlanner Tour et du DP World Tour pour les joueurs ayant pris part à ces Cartes du LIV Golf… Je vais en Floride pour faire un bon tournoi et me donner une chance. Le format est un peu particulier. Il est différent de celui que l’on a l’habitude de jouer lors des Cartes européennes. Bref, on verra bien.
Le LIV a été surtout critiqué en raison des montants astronomiques en termes de contrats. Mais il est souvent critiqué par ceux qui n’y évoluent pas.
Clément Sordet
G.P. : Donc, vous ne savez pas vraiment si vous vous exposez à d’éventuelles sanctions en allant à ce LIV Golf Promotions ?
C.S. : Je sais que si vous avez une catégorie pleine sur le Tour européen, il peut y avoir des sanctions comme ne pas pouvoir jouer le Scottish Open ou les deux autres tournois co-sanctionnés avec le PGA Tour. Mais cela ne me concerne pas du tout.
G.P. : Le LIV Golf tente d’être reconnu par le classement mondial en passant notamment ses tournois en 2026 de 54 à 72 trous. Cela peut-il indirectement arranger votre cas ?
C.S. : Oui, c’est vrai. Après, je ne regarde pas trop tout ce qui se passe sur le LIV Golf. Là, je me suis inscrit un peu à la dernière minute. Comme je le dis, je cherche un endroit pour bénéficier d’un droit de jeu plein. Je veux me laisser une chance. J’espère donc réussir ces Cartes.
G.P. : Brooks Koepka a décidé de quitter le LIV Golf. Bryson DeChambeau va peut-être l’imiter. Avez-vous été surpris par cette décision ?
C.S. : Non. Ces joueurs sont allés là-bas principalement pour l’argent. Le LIV a été surtout critiqué pour ça, en raison des montants astronomiques en termes de contrats. Mais il est souvent critiqué par ceux qui n’y évoluent pas. Si on a la possibilité d’y être, les choses se passent différemment.
Je n’ai pas envie de m’éparpiller. Certes, je pourrais gagner plus d’argent si c’est le cas en jouant les trois Tours mais ce n’est pas ce que je recherche.
Clément Sordet
G.P. : Avez-vous l’impression d’être à la croisée des chemins dans votre carrière professionnelle ?
C.S. : Non, pas forcément. J’entame ma onzième année. J’ai toujours autant de motivation. Je sens que je progresse. Les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous sur le parcours. En 2025, on ne peut pas dire que j’ai fait une mauvaise saison (Ndlr, il a terminé à la 119e place de la Race en jouant 19 tournois et en franchissant 12 fois le cut). Je n’ai pas beaucoup joué et pourtant, j’ai failli conserver ma carte. Le jeu est bon. J’ai encore quelques bonnes années devant moi.
G.P. : Si ça ne se passe pas comme vous le souhaitez dans les prochains jours en Floride, comment va s’articuler votre saison 2026 ?
C.S. : Je jouerai les premiers tournois sur l’HotelPlanner Tour, en Afrique du Sud (Ndlr, la saison 2026 débute le 29 janvier au SDC Open). Je vais un peu jauger tout ça, en fonction de mon début de saison. Si je commence fort, je me consacrerai uniquement à l’HotelPlanner Tour. Il n’y a que quinze joueurs qui montent sur le DP World Tour à la fin de l’année. Et seulement cent qui restent sur le DP en 2027.
G.P. : Au-delà des trois places qualificatives pour le LIV Golf 2026, il y a aussi ce top 10 via les Cartes qui ouvre les portes des International Series sur l’Asian Tour. Cela peut-il être aussi pour vous une alternative ?
C.S. : Non. Je n’ai pas envie de jouer sur trois Tours différents. Le but ultime dans mon cas, c’est d’avoir un meilleur job l’année prochaine, et une meilleure catégorie. Je n’ai pas envie de m’éparpiller. Certes, je pourrais gagner plus d’argent si c’est le cas en jouant les trois Tours mais ce n’est pas ce que je recherche.
G.P. : Qu’est-ce que l’on peut finalement vous souhaiter pour 2026 ?
C.S. : D’être déjà en bonne santé ! Certains golfeurs mettent fin à leur carrière à cause d’une blessure. Ce ne serait pas plaisant… Mais oui, avoir un meilleur niveau de jeu. Il n’est question que de ça. Si c’est le cas, je remonterai sur le Tour européen à la fin de l’année.
Photo : Luke Walker / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP









