DP World Tour

Julien Guerrier : « Raph (Jacquelin) m’apporte plus de sérénité… »

16 janvier 2024
Julien Guerrier Photo by ANGEL MARTINEZ / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Présent à Dubaï pour le premier Rolex Series de la saison, Julien Guerrier, 14e au Dubaï Invitational après un break forcé d’un mois et demi, loue les services de son coach technique, Raphaël Jacquelin, avec lequel il collabore depuis presque un an maintenant. Interview vérité.

Propos recueillis par Lionel VELLA

Il aurait dû démarrer sa saison à Leopard Creek au début du mois de décembre mais une blessure au dos contractée lors de la finale de la Race 2023 a quelque peu modifié son plan de marche. Le Rochelais, 70e du Hero Dubaï Desert Classic remporté par Rory McIlroy, mise beaucoup sur la récupération tout en gardant dans un coin de la tête une éventuelle « qualification » en fin d’année pour le PGA Tour…    

Puisque nous sommes dans la période des vœux, que peut-on vous souhaiter pour 2024 ?

(Rires) De faire des birdies, ça peut être bien… Tout cela pourrait engendrer une victoire !

L’année a plutôt bien commencé avec ce solide top 15 au Dubaï Invitational…

Oui. Je suis plutôt content de cette reprise. Malgré une petite frustration en sortant de ce 4e tour. Au golf, on sait qu’on va faire des erreurs, notamment de concentration. Du coup, j’ai laissé quelques points sur le parcours. Un peu trop à mon goût. Ce qui est bien dans ce sport, c’est qu’on apprend tous les jours. Je ne vais donc retenir que le positif de cette semaine et essayer de construire à partir de là.

Pendant vingt-cinq jours, je n’ai pas pu jouer. J’ai essayé de reprendre le physique mais je me suis bloqué (le dos) à trois reprises.

Comment s’est déroulée votre trêve hivernale sachant que vous n’aviez pas rejoué depuis la finale de la Race à la mi-novembre ?

Durant cette finale, je me suis blessé au début du 3e tour. J’ai un disque au niveau des vertèbres L5 et S1 qui s’est fissuré. Cela a provoqué un lumbago. J’ai mis un peu de temps à le résorber. Pendant vingt-cinq jours, je n’ai pas pu jouer. J’ai essayé de reprendre le physique mais je me suis bloqué (le dos) à trois reprises. Ce n’était pas forcément prévu puisque j’avais programmé d’aller à Leopard Creek (Dunhill Championship) puis à Maurice. Par la suite, je me suis entraîné une semaine avant d’effectuer un voyage de famille en Laponie. C’était donc un peu compliqué pour s’entraîner. Je suis rentré le 2 janvier et j’ai rejoint Dubaï le 4. Alors oui, la trêve s’est résumée à beaucoup de repos. C’est quelque part un mal pour un bien car j’essaie toujours de prendre le bon côté des choses. Il y a eu une vraie coupure et je suis donc un peu plus frais, même si j’ai un peu moins d’entraînement golfique et physique…

Une chose est sûre, en jouant quatre tours sous le par au Dubaï Creek, cette grosse coupure n’a pas été préjudiciable. C’est une très belle satisfaction, non ?

Oui… Après, je ne suis pas un jeune golfeur. Les heures d’entraînements, j’en ai mangées quand j’avais quelques années de moins. Là, je suis plus dans une autre gestion de ma carrière. J’essaie d’être en phase dans mes périodes de récupération. Aujourd’hui, avec l’âge, ça devient une nécessité (Ndlr, il aura 39 ans le 30 juin prochain). Je me rends compte que le surentraînement aligné dans le passé n’était peut-être pas forcément bénéfique. Désormais, j’essaie d’avancer intelligemment dans ce sens-là.

Je vais faire entre 25 et 29 tournois, afin d’être le plus performant possible. Mais encore une fois, on ne maîtrise pas tout.

Cela veut-il dire que vous allez apporter encore un peu plus d’attention à votre calendrier pour 2024, en ciblant les tournois essentiels sans trop vous éparpiller ?

Oui, complètement. C’est toute une stratégie. J’essaie de bien gérer mon temps. Chaque heure de ma journée est calculée, en effectuant de la répétition sans trop surréagir par rapport à un bon ou à un mauvais jour. Je me rends compte que d’être frais mentalement et physiquement, c’est hyper important pour la concentration. Et dieu sait si ce point est primordial dans notre sport.

Avez-vous une idée du nombre de tournois que vous allez disputer tout au long de la saison ?

Je vais faire entre 25 et 29 tournois, afin d’être le plus performant possible. Mais encore une fois, on ne maîtrise pas tout. Le calendrier est assez bien ficelé cette année. Les coupures se font assez naturellement. Il n’y a pas beaucoup de choix problématiques à faire. Il est évident que la deuxième partie de saison, après l’été, sera très importante. Ici, les gros tournois s’enchainent, il y a beaucoup de points en jeu. Il faudra arriver en bonne forme durant cette période, et éviter la blessure…

Cela va faire un an que vous avez entamé un travail technique avec Raphaël Jacquelin. Quel bilan tirez-vous de cette collaboration ?

Raph m’apporte plus de sérénité. Au même titre que tout le reste de mon staff. Chez Raph, il y a plus de sérénité qui se dégage de lui et cela m’aide à relativiser sur ma vie de joueur, de sportif de haut niveau et sur ma carrière en général.

Un peu plus de confiance aussi ?

La confiance est une conséquence de tous ces détails qui font la vie d’un sportif de haut niveau. Je pense sincèrement que nous sommes sur de bons rails ensemble.

J’étais sur mon téléphone à deux heures du matin à regarder tout ça. C’est super ce qu’a fait Matthieu. Il se débrouille super bien. On est très fier de lui. Et puis ça nous inspire. C’est une locomotive.

Outre une victoire en 2024, avez-vous dans un coin de votre tête ces dix spots pour le PGA Tour 2025 ?

Au-delà de ça, ce que je regarde en priorité, c’est la manière dont j’évolue sur le circuit. La victoire, le top 10… Ce sont des choses qui arrivent si on accomplit convenablement notre travail. Mon objectif est vraiment plus sur les moyens que sur les résultats. Le vrai sujet, c’est ce que l’on met en place. Et tout le reste suivra.

Vous avez terminé 39e de la Race 2023. L’objectif, c’est quoi ? Finir dans le top 30 du Tour et valider un ticket pour The Open par exemple ?

Il n’y a aucune limite jusqu’au n°1 mondial. Alors après, il y a beaucoup d’étapes pour y parvenir. Je suis presque aussi loin du 12 d’index que du n°1 mondial. Peut-être plus même, je n’en sais rien… Ce qui est bien, c’est qu’il y a toujours des marches à gravir. Aller le plus haut possible, c’est pour moi une évidence !

Avez-vous suivi la très belle performance de Matthieu Pavon à Hawaï ?

Oui. J’étais sur mon téléphone à deux heures du matin à regarder tout ça. C’est super ce qu’a fait Matthieu. Il se débrouille super bien. On est très fier de lui. Et puis ça nous inspire. On connait son niveau, on sait qu’il est bon mais on sait qu’on est là aussi. C’est une locomotive.

Je rêverai d’être sur le PGA Tour mais en revanche, la vie à côté… Je ne suis pas sûr que ça me plaise.

Vivre aux Etats-Unis, à l’heure américaine, cela vous plairait ?

Je rêverai d’être sur le PGA Tour mais en revanche, la vie à côté… Je ne suis pas sûr que ça me plaise. Il faut le vivre pour savoir si ça nous plait mais de ce que j’en ai entendu, des échos qui me sont revenus, c’est complètement différent de la vie en Europe. On est beaucoup plus seul ou alors on est accompagné par ses propres amis, ses proches qui viennent à tour de rôle vous voir. C’est une organisation totalement différente de celle qu’on a sur le Tour européen où nos potes, ce sont aussi nos collègues de travail.

Un mot pour conclure sur le départ désormais officiel de Keith Pelley de son poste de Directeur général du DP World Tour…

Je n’ai pas trop d’opinion, pas trop d’avis sur ce sujet… Une page se tourne. Il a fait ce qu’il avait à faire. Certains sont contents, d’autres moins… C’est très politique pour moi. Les politiques, je suis un peu sur la réserve… Ce n’est pas trop ma tasse de thé. Je suis plus attiré par les valeurs humaines.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de ces huit années et demi de présidence, ce serait laquelle ?

Difficile ! Les choix avec le PGA Tour, le LIV Golf… Je ne sais pas où cela va nous mener et pour être franc, j’ai un peu peur de l’avenir. J’espère que son successeur, Guy Kinnings, va un peu plus être pour le bien du DP World Tour et un peu moins pour son intérêt personnel. Les politiques sont plus tirés vers eux-mêmes que pour le bien de l’Entreprise.

Photo : ANGEL MARTINEZ / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Advertisement
Dans la même catégorie
20 Juil. 2026 | The Open 2026, Parcours

McIlroy et MacIntyre pas convaincus par cet Open dans des conditions de jeu particulières

Alors que le 154e Open britannique a consacré Ryan Fox, deux joueurs de premier plan qui figuraient parmi les favoris, Robert MacIntyre et Rory McIlroy, […]

U.S. President Donald Trump speaks with Bryson DeChambeau o Photo by Andrew Redington / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
20 Juil. 2026 | The Open, Affaire DeChambeau

Bryson DeChambeau a menacé d’appeler…. Donald Trump !

Bryson DeChambeau n’en finit plus de faire parler de lui (sans doute pour son plus grand bonheur). De nouvelles révélations concernant l’épisode houleux qui a […]

20 Juil. 2026 | The Open 2026

C’est quoi cette règle très limite qui a failli aider Scheffler à gagner le British (et dont les amateurs ne bénéficieront jamais) !

Au-delà de la pénalité infligée à Bryson DeChambeau qui a fait couler beaucoup d’encre, cet Open britannique 2026 a aussi été marqué par un autre […]

Matthieu Pavon Photo by Orlando Ramirez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
20 Juil. 2026 | Tournois pros

Matthieu Pavon de retour aux USA et six Françaises au Scottish Open au programme de la semaine

Les membres du PGA Tour sont de retour cette semaine sur leur territoire. L’Angleterre accueille une épreuve du LIV. Les joueuses du LPGA et du […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Le come-back historique de Ryan Fox, un Tommy Fleetwood très ému et des colères de Scheffler et de MacIntyre sont dans le récap’ du 4e tour

Le Néo-Zélandais Ryan Fox n’est pas entré dans l’histoire uniquement parce qu’il est le premier vainqueur de The Open depuis Bob Charles, mais aussi parce […]

19 Juil. 2026 | The Open

Ryan Fox : « C’est incroyable, irréel, fou ! »

Issu d’une famille de grands sportifs, Ryan Fox a connu une éclosion tardive, grimpant les échelons à son rythme, loin des standards d’aujourd’hui où les […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Combien chaque joueur a-t-il gagné à The Open ?

La majeure partie des 17,75 millions de dollars est revenue logiquement à Ryan Fox. Grâce à un joli dimanche, Victor Perez a reçu un chèque […]

19 Juil. 2026 | Corales Puntacana Championship, Tour 4

La surprise Stefano Mazzoli triomphe à Punta Cana, les Français un peu loin

A la manière de Ryan Fox à Birkdale, l’Italien Stefano Mazzoli a signé un superbe birdie sur le 72e trou du Corales Puntacana Championship 2026 […]

19 Juil. 2026 | Championnat de France Professionnel

Robin Roussel : « Cette victoire me prouve que ce que je fais en ce moment est suffisamment bon pour performer »

Vainqueur au terme d’un combat haletant avec Maxime Legros et Grégory Havret, Robin Roussel savoure un succès qui lui apporte confiance et sérénité avant une […]

19 Juil. 2026 | The Open 2026

Ryan Fox, le gentil colosse propulsé en première ligne

À 39 ans, Ryan Fox entre définitivement dans l’histoire du golf mondial. En remportant The Open à 39 ans, il est devenu le deuxième Néo-Zélandais […]

Advertisement
19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Le triomphe à 39 ans de Ryan Fox au Royal Birkdale !

63 ans après un autre Néo-Zélandais, Bob Charles, au Royal Lytham & St Annes en 1963, Ryan Fox, 39 ans, remporte le 154e The Open […]

19 Juil. 2026 | Championnat de France Professionnel, Tour 3

Robin Roussel remet ça au Championnat de France

Quatre ans après son titre au Championnat de France au Cabot Bordeaux, Robin Roussel a remis ça ce dimanche au Golf de Chantaco, où il […]

19 Juil. 2026 | The Open 2026, Tour 4

Rory McIlroy n’a pas trouvé la clé, Victor Perez requinqué

Décidément, ce n’était pas la semaine de Rory McIlroy… Le numéro 2 mondial, dont le comeback a été espéré par les fans tout au long […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Victor Perez : « Je ne pense pas que j’aurais pu faire beaucoup mieux »

Victor Perez achève son 5e The Open sur une bonne note après avoir connu un Moving Day très difficile bouclé en 73 (+3). 28e avec […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Météo : Fraîcheur, soleil et… vent !

Lancé depuis 7h40 (8h40 en France), le 4e et dernier tour de la 154e édition de The Open s’annonce passionnant. Ces dix-huit derniers trous se […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Tommy Fleetwood entre rêves et réalité

Malgré un samedi frustrant, le rêve est toujours vivant pour Tommy Fleetwood. Devant son public à Birkdale, l’Anglais abordera le dernier tour avec cinq coups […]

19 Juil. 2026 | The Open, Vidéo

Rahm et DeChambeau mis à genoux par le parcours !

Les deux poids lourds du LIV Golf, Bryson DeChambeau et Jon Rahm, nous ont offert deux des images fortes du troisième tour de The Open […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Et si c’était l’heure de Ludvig Åberg ?

Ludvig Åberg sera bien au rendez-vous de l’explication finale dimanche au Royal Birkdale. Auteur d’un solide 67 (-3) lors du troisième tour de The Open, […]

19 Juil. 2026 | The Open, Tour 4

Les départs du 4e tour en heure française

La dernière partie du 154e The Open est programmée à 15h20 mais le dernier Français encore en lice, Victor Perez, prendra le départ en compagnie […]

19 Juil. 2026 | The Open

Affaire DeChambeau : Les joueurs et des personnalités donnent aussi leur avis. Ou pas…

Muets le soir même de la sanction de deux coups de pénalité infligés à Bryson DeChambeau, les golfeurs ont donné leur avis sur la question […]

18 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Sam Burns prend feu à Birkdale. DeChambeau toujours concerné par la gagne

Après Morikawa en 2021, Harman en 2023, Schauffele en 2024 et Scheffler en 2025, un Américain est encore en mesure de remporter l’Open britannique. Sam […]

18 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Les records de Ryan Fox et de Sam Burns, le soutien du public pour Tommy Fleetwood et la petite phrase sibylline de Scottie Scheffler sont dans le récap’ du 3e tour

La petite phrase de Scottie Scheffler lourde de sous-entendus à propos de Bryson DeChambeau, le nouveau 62 de Ryan Fox, le soutien du public envers […]

18 Juil. 2026 | Championnat de France Professionnel, Tour 2

Maxime Legros prend les devants à Chantaco

Toujours aussi en forme, Maxime Legros a signé une belle carte sans erreur pour prendre les commandes du Championnat de France professionnel. Grégory Havret reste […]

18 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Coup d’arrêt brutal pour Victor Perez

Deux doubles bogeys (aux trous 8 et 18) pour une carte de 73 (+3) ont très certainement mis un terme aux rêves d’un top 10 […]

rory mcilroy Photo by Tom Shaw/R&A/R&A via Getty Images)
18 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Rory McIlroy lucide sur ses chances et pas fan de DeChambeau

Rory McIlroy n’a pas réussi à pleinement profiter de sa journée pour recoller à la tête du classement. Il estime être désormais trop loin pour […]

18 Juil. 2026 | The Open 2026

Pierceson Coody : Un grand-père vainqueur du Masters, ça peut aider !

Comme son valeureux grand-père, Charles Coody, victorieux du Masters 1971 et présent à son unique The Open en 1973, Pierceson Coody découvre cette semaine le […]

18 Juil. 2026 | The Open, Tour 3

Ryan Fox signe lui aussi un 62 record, Rory McIlroy fait du surplace…

Ce début de Moving Day a plus été consacré aux longues envolées sur le cas Bryson DeChambeau et sur sa pénalité infligée ce vendredi en […]

18 Juil. 2026 | The Open

Affaire DeChambeau : Qu’en pense la presse internationale sur place au Royal Birkdale ?

Les deux coups de pénalité infligés par le Royal & Ancient à Bryson DeChambeau à l’issue du 2e tour de The Open ce vendredi 17 […]