La relève tricolore au plus haut niveau, le sacre – enfin ! – de Rory McIlroy au Masters, l’ascension fulgurante de Martin Couvra sur le DP World Tour, la saison encore énorme de Scottie Scheffler, en route pour lui aussi accrocher le Grand Chelem en Majeur… La rédaction de Golf Planète revient pour vous sur les moments forts de cette année 2025.
Par G.B., N.C., D.C., D.M., F.S., E.S. et L.V.
Rory McIlroy, enfin au Panthéon du golf mondial
On a tous retenu notre souffle. Cardiaques s’abstenir ! L’émotion a déferlé comme une vague après une journée folle, pleine de rebondissements, de doutes et d’espoirs renaissants. L’attente était immense, douloureuse, tant la 5e victoire en Majeur de Rory McIlroy se faisait attendre. Quand il a enfin triomphé au Masters d’un coup de fer magique, le dénouement m’a semblé irréel, bouleversant. Les cinq minutes qui ont suivi son dernier putt ont été les plus belles de ma vie de téléspectateur de golf. Cette victoire qui lui a permis de boucler le Grand Chelem. Cette victoire a pour moi dépassé le cadre du sport.
La relève tricolore se porte bien
Le souffle du renouveau du golf français en 2025 s’est traduit notamment avec la présence de six jeunes talents à la Ryder Cup Junior, en septembre dernier. Trois garçons et trois filles, soit la moitié de l’équipe européenne qui s’est inclinée face aux États-Unis 17,5 à 12,5 ! De quoi être fier de la formation à la française ! Dans le sillage d’Adrien Saddier (photo) qui a intégré le top 100 mondial pour la première fois de sa carrière à 33 ans après une magnifique saison, de nombreux jeunes ont brillé sur les circuits pros.
On pense évidemment à Martin Couvra, élu meilleur rookie de l’année sur le DP World Tour, une première pour le golf hexagonal depuis 1988 ! Au Landais Oihan Guillamoundeguy, qui vient tout juste de monter sur le Tour européen après une saison brillante sur l’HotelPlanner Tour. Mais les deux véritables jeunes révélations de l’année sont sans conteste Clément Charmasson, 26 ans (passé en deux ans du Pro Golf Tour au DP World Tour) et Quentin Debove, 23 ans, promu sur le DPWTour par l’intermédiaire des Cartes, alors qu’il a débuté l’année sur… l’Alps Tour ! À des degrés moindres, Jeong weon Ko, 27 ans, passé tout près d’un immense succès au FedEx Open de France de St-Nom-la-Bretèche, et le Réunionnais Julien Sale, 28 ans, vainqueur de l’épreuve d’ouverture de l’Asian Tour 2025, ont également pris une nouvelle dimension cette année.
Côté féminin, de nombreuses jeunes Tricolores ont émergé avec un certain brio. Nastasia Nadaud, 21 ans, est la principale satisfaction des jeunes proettes avec une première victoire le 30 novembre sur le LET, suivie dans la foulée de l’obtention via la finale des Cartes de ses droits de jeu sur le LPGA Tour 2026. On notera également que six Françaises figurent dans le top 100 amateur mondial (contre deux chez les garçons). D’autres bonnes surprises devraient donc arriver prochainement dans le clan des Bleues.
Dubush, roi de Biarritz !
Victor Dubuisson n’a pas simplement très bien joué lors de la Biarritz Cup by C&S Partners, il a rayonné. Le golfeur vainqueur de la Ryder Cup 2014 s’est battu jusqu’au bout pour arracher la victoire en playoff tout en étant dans le partage, sourire aux lèvres, à la fois avec les jeunes joueurs de l’Alps Tour et les nombreux spectateurs venus le suivre. Il a montré qu’il avait encore largement (voire plus qu’avant) les moyens de performer au plus haut niveau. Même si on rêverait tous de le retrouver sur les circuits, on a vu plus important encore : un homme heureux et épanoui dans sa nouvelle vie !
Scottie Scheffler, le Grand Chelem déjà en ligne de mire
Il a encore frappé en 2025. Certes, un poil moins qu’en 2024 où Scottie Scheffler s’était offert sept succès, dont le Masters, et avec en supplément de bagages la médaille d’or olympique au Golf National. Là, pas de veste verte mais six victoires tout de même, avec en point d’orgue deux Majeurs dans l’escarcelle. Au PGA Championship en mai puis à The Open en juillet. Ce qui le rapproche plus que jamais d’un Grand Chelem à vitesse grand V.
Une victoire en juin prochain à l’U.S. Open et le Texan, 29 ans, qui vient d’être sacré pour la quatrième fois de suite joueur de l’année sur le PGA Tour, rejoindrait les monstres sacrés que sont Gene Sarazen, Ben Hogan, Jack Nicklaus, Gary Player, Tiger Woods et Rory McIlroy, les seuls à compter au moins une victoire dans chacun des quatre Majeurs. Alors ok, il ne fera pas aussi fort que le Tigre, qui n’avait mis que trois ans et trois mois pour boucler la boucle (d’avril 1997 à juillet 2000). Mais entre avril 2022 (sa première victoire à Augusta) et 2026, la parenthèse ne semble guère plus longue.
Martin Couvra, le talent n’attend pas les années
En une saison, Martin Couvra a vécu une ascension fulgurante sur le DP World Tour, ponctuée par une première victoire au Turkish Airlines Open et une 19e place finale à la Race to Dubai. À 22 ans, le rookie de l’année a aussi découvert les frissons d’un premier Majeur à The Open. L’Azuréen n’a certes pas décroché la précieuse carte du PGA Tour, mais il grandit au milieu des grands sans brûler les étapes. « Si j’arrive à gagner la carte pour y aller, c’est que je serai prêt pour ce circuit. À l’inverse, si je ne l’obtiens pas, ça voudra dire que je ne le suis pas encore », nous avait-il confié.
Justin Rose, comme le bon vin…
A 45 ans Justin Rose a certainement réussi sa meilleure saison depuis qu’il fait partie des quadras. L’ex-numéro 1 mondial est à nouveau passé tout près d’ajouter un deuxième Majeur à son palmarès en poussant Rory McIlroy en playoff à Augusta en avril et en s’imposant dans le premier tournoi des Playoffs de la FedEx Cup à Memphis, début août. 4e du classement général du PGA Tour avant le dernier tournoi de la saison où il a pris la 21e place, Rose fut également impérial en Ryder Cup du côté de Bethpage, comme il l’avait été deux ans plus tôt à Rome !
St-Nom-la-Bretèche, plus qu’un remplacement
Loin de la froideur et de la rigidité du Golf National, le golf tricolore renoue avec son glorieux passé l’espace d’un an en déménageant à St-Nom-la-Bretèche. Réminiscence du trophée Lancôme et de son champ truffé de légende, dans un écrin qui respire la tradition. Parcours préparé aux petits oignons, et engouement au rendez-vous pour des fans et des joueurs tricolores qui ont joué le jeu cette semaine-là. Et surtout un spectacle dominical qui nous aura tenu en haleine jusqu’au bout avec Jeong weon Ko, tout proche d’être le successeur de Thomas Levet, dernier vainqueur de notre Open national.
Photos : Golf Planète ; Scott Taetsch / PGA of America ; Octavio Passos / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP ; Mike Stobe / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP ; Lucas Hélin / FFgolf ; Luke Walker / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
















