Souvent négligés, les grips et les gants ont cependant une importance capitale dans le jeu de mains (mais pas de vilains) qu’est le golf. Mieux choisis, protégés, entretenus et changés plus fréquemment, ils vous permettront de prendre plus de plaisir et surtout, de gagner quelques coups précieux.
Selon les conditions, il est courant que les joueurs professionnels changent plusieurs fois de gant au cours d’une partie. Tiger Woods, par exemple, est connu pour emporter jusqu’à 16 gants dans son sac pour chaque partie et commencer chacune avec un gant neuf. « Les bons joueurs aiment ressentir ce qui se passe à l’impact », affirme David Leadbetter. Or les mains sont la seule partie du corps en contact avec le club.
L’adhérence, la régularité, la sensation et le contrôle du club peuvent tous être affectés par des grips ou des gants usés. Même si vous n’êtes pas un professionnel, vous pouvez tirer profit d’un changement régulier de gant.
« There’s nothing quite like the new glove feeling. »#1GloveInGolf pic.twitter.com/6vXhrNX4Ts
— FootJoy Europe (@FootJoyEurope) April 20, 2024
Le fait que 86 % des testeurs aient tendance à frapper davantage vers la droite avec un driver est assez révélateur.
MyGolfSpy
« Le gant et le grip, c’est comme le pneu et le frein en voiture : si l’un des deux est en mauvais état, c’est l’accident au tournant, explique Yan Massonnat, ancien « clubmaker » sur le circuit européen pour Cleveland et pro au Golf d’Henri Chapelle (Belgique). Ce sont les mains et la pression qu’elles exercent sur le grip qui contrôlent la face de club, ce qui affecte la direction de la balle… »
D’après les tests comparatifs menés par MyGolfSpy, le port d’un gant a très peu d’impact sur la vitesse de balle et la longueur, mais pas sur la précision – 7 mètres plus à droite au drive sans gant en moyenne – ou encore le niveau de confort et de sécurité perçu : « La principale conclusion que nous tirons concerne les différences de dispersion entre les coups frappés avec et sans gant. Le fait que 86 % des testeurs aient tendance à frapper davantage vers la droite avec un driver est assez révélateur. »
If you know someone who plays without a glove…
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Shoot this their way 😉
GLOVE vs NO GLOVE LAB 📊 https://t.co/4zM7YKSdbG pic.twitter.com/wbDxiVByYc
S’il y a une partie de votre corps à maintenir sèche, c’est bien vos mains.
Greg Norman
Que ce soit inconscient ou non, c’est d’autant plus important quand il pleut, comme l’illustre la mésaventure de Greg Norman : « J’étais en tête ou à un coup de la tête à Pebble Beach et il me restait trois trous lors du deuxième tour mais j’ai raté le cut, raconte-t-il. Dans du vent violent et une forte pluie, j’ai fini par un triple bogey, un quintuple et un double. » Passionné de sports aquatiques, le White Shark (requin blanc) conseille de bien couvrir le haut du sac afin d’éviter que l’eau ne coule le long des manches et mouille les grips, et d’embarquer cinq à six serviettes et au moins 10 gants.
Et s’il reconnaît que les joueurs professionnels ont la chance de pouvoir avoir recours à un caddie, il doit vous servir d’exemple. « Certains jours, j’ai utilisé tous ces gants. Car s’il y a une partie de votre corps à maintenir sèche, c’est bien vos mains. Une fois que vous perdez votre prise, tout est perdu. »
I count 5 gloves (plus a set of mits), waterproofs, snood, wooly hat and umbrella pointed into the wind.
— Jamie Kennedy (@jamierkennedy) October 4, 2025
And he shot a 66.
Bob was built for this…. pic.twitter.com/34uIdIilIg
Les gants gagneraient à être entretenus plus régulièrement.
Yan Massonnat
« Je constate avec mes élèves que comme la plupart des équipements de golf et notamment les grips, les gants gagneraient à être entretenus plus régulièrement, ajoute Yan Massonnat, qui a un temps caddeyé Raphaël Jacquelin. Il faut avoir plusieurs paires de gants et en changer régulièrement, les garder au sec et à l’abri du soleil, les nettoyer au savon et à l’eau, et les sécher avec une serviette ou en les accrochant aux baleines de son parapluie par exemple. »
En leur laissant plus de temps pour sécher, l’utilisation alternée de plusieurs gants allonge d’après FootJoy la durée de vie de chacun d’entre eux. La marque estime que plus de 50 % des joueurs portent des gants de taille inadaptée, négligeant souvent l’importance du gant et réduisant ainsi leur efficacité.
Des gants bien plus collants
Les pros ne jurent que par le cuir Cabretta, qui est souple et résistant car provenant de moutons qui ont de la laine s’apparentant plus à des cheveux, et permet donc de fabriquer des gants particulièrement fins et doux qui donnent l’impression de ne pas en porter. Mais les gants plus épais amortissent mieux les vibrations, ce qui peut s’avérer utile si l’on a des problèmes physiques aux coudes, aux poignets ou aux épaules.
Et si vous ne pouvez pas vous permettre d’en emmener beaucoup, faute de place ou de moyens, il existe aujourd’hui des gants « tous temps » et d’autres particulièrement adaptés au jeu sous la pluie ou dans le froid.
Du requin blanc au cuir de kangourou, il n’y a qu’un saut
Des progrès importants ont en effet été réalisés, notamment dans leur conception et leur fabrication, depuis l’époque où Greg Norman dominait le golf mondial. Mais aussi grâce à l’utilisation au niveau de la paume de matières comme la microfibre, voire d’un matériau adhérent élaboré par le spécialiste mondial des colles et rubans adhésifs 3M dans le cas de l’ancien modèle RainGrip Xtreme de Footjoy, et d’autres qui sont parfaitement respirants et sèchent très rapidement (Stretch Lycra, mesh etc.) à des endroits stratégiques. À tel point que certains fabricants comme le Suisse Hirzl, qui utilise du cuir de kangourou, revendiquent carrément la même efficacité par temps sec que par temps de pluie.
Rain gloves on. Phil Mickelson is on the move. #themasterspic.twitter.com/aYx1frFW2Z
— Golf Digest (@GolfDigest) April 8, 2023
Jouez-là comme Phil Mickelson
Certains modèles sont même vendus par paire car leur port sur chaque main peut faciliter une meilleure prise, à l’instar de Phil Mickelson lors de certains tournois (au Masters ci-dessus). Mais aussi de Tommy « Two Gloves » Gainey ou plus près de nous Aaron Rai, qui se démarque notamment en jouant avec deux gants d’hiver.
Et si cela ne suffisait pas, certains joueurs utilisent des produits comme GamerGrip pour assécher leurs mains et leurs grips. Utile, surtout après avoir été aspergé de bière comme Francesco Molinari quand il a réalisé un trou en un au 16 du TPC Scottsdale lors du WM Phoenix Open.
Photo : Raj Mehta / Getty Images via AFP














