Au moment de choisir des wedges, il faut tenir compte de leur ouverture, bien entendu, mais aussi d’un certain nombre d’autres paramètres et notamment de leur bounce et de votre jeu afin d’en tirer le mieux parti sur le terrain.
« Beaucoup d’erreurs sont faites dans la composition de sacs. Notamment au niveau des wedges, domaine dans lequel j’ai une petite expérience, explique Yan Massonnat, ancien « clubmaker » sur le circuit européen pour Cleveland. Beaucoup de joueurs ne disposent que d’un sand wedge de 56 degrés, parfois même celui de leur série de fers qui ne vaut pas toujours grand-chose… »
Non pas parce que ceux-ci sont souvent évidés et dotés d’offset : « Même pour les wedges, il faut prendre la facilité en compte, poursuit-il. Ce n’est pas un hasard si certains pros utilisent des wedges à cavité. »
Ils augmentent le bounce quand ils ouvrent la face pour réaliser des coups lobés, ce qui est intéressant dans les bunkers mais pas sur terrain sec.
Yan Massonnat
Les sand wedges standard permettent de bien traverser le sable sans s’enfoncer mais ils peuvent s’avérer difficiles à contrôler sur herbe, surtout quand les terrains sont durs. « Ils augmentent le bounce quand ils ouvrent la face pour réaliser des coups lobés, ce qui est intéressant dans les bunkers mais pas sur terrain sec », ajoute le pro au Golf d’Henri Chapelle (Belgique).
Car plus le bounce est important, plus le club rebondit sur la surface de jeu et plus il est facile de sortir d’un bunker mais difficile de la jouer depuis le fairway. « Si le contact est parfait, cela ne pose pas de problème mais sinon, on tope facilement la balle et on s’expose aux tendinites. »
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Des outils dédiés pour la « zone de scoring »
« Le joueur du dimanche essaie de taper des drives de 300 mètres mais ne le peut pas car il n’a pas la vitesse de club suffisante. Par contre, il a suffisamment de vitesse pour taper tous les coups à moins de cent mètres avec de l’entraînement et les bons outils, et il peut gagner plus de coups qu’en passant des heures au practice », estime Bob Vokey.
Selon lui, il faut s’inspirer des joueurs professionnels, puisque la plupart utilisent trois ou quatre wedges, pitching wedge compris, afin d’avoir un écart de distances régulier entre chaque club. A commencer par le gap wedge, qui doit combler l’écart apparu entre le pitching wedge (43 à 46°) et le sand wedge classique (56°), soit jusqu’à 13 degrés alors qu’il n’est que de 3 à 4° entre chaque fer !
Cela me tue quand un joueur a dix clubs à sa disposition entre 110 et 230 mètres, mais seulement deux wedges pour les 110 mètres qui le séparent du green.
Dave Pelz
L’écart en distance peut atteindre plus de 20 mètres selon les modèles et les marques, contre 10 entre la plupart des fers… « Cela me tue quand un joueur a dix clubs à sa disposition entre 110 et 230 mètres, mais seulement deux wedges pour les 110 mètres qui le séparent du green, ajoutait feu Dave Pelz. Réfléchissez : vous tapez un wedge sur pratiquement tous les trous et c’est dans la « zone de scoring », où vous gagnez un coup si vous tapez un bon coup. ».
L’écart en distance est encore plus important (vertigineux, même) avec les lob wedges, qui de par une ouverture de 60 à 64° sont conçus pour faire des approches lobées, sur herbe en particulier. Ceux-ci peuvent cependant constituer une solution si vous avez du mal à sortir du sable. « Je ne pense pas que l’on devrait s’handicaper en ne jouant pas de lob wedge, poursuit l’ancien VRP de luxe de la marque Cleveland. Comme les greens modernes sont rapides, il peut s’avérer difficile d’arrêter la balle ».
A l’inverse, si vous faites des balles très hautes vous privilégierez un gap wedge.
Gagnez en variété
Il faut tester de nouvelles choses, et notamment des têtes plus ou moins adaptées à votre swing et à votre niveau. Surtout si vous jouez un sand wedge fourni avec votre série de fers… « Les wedges, cela appartient à une autre partie du jeu, ce ne sont pas des clubs que l’on tape en plein swing. Même sur un pitching wedge, on joue en trois quarts de swing maximum car on est dans la gestion de distance, pas la distance maximum, ajoute Yan Massonnat. Il faut donc privilégier la précision. »
Or les fabricants ont fait des progrès, même sur les clubs les plus accessibles comme les CB-12 de Callaway, les BunkR de Ping ou les Smart Sole de Cleveland. Ces derniers procurent une aide non négligeable aux joueurs ayant le plus besoin de tolérance pour se sortir des situations les plus délicates.
Les wedges peuvent combler des trous mais un wedge mal choisi peut aussi créer des trous.
Bob Vokey
Dans ces conditions et compte tenu de l’impact du petit jeu sur les scores, il est particulièrement important d’ajouter un, voire deux wedges dans le sac… Mais attention, car comme l’explique Bob Vokey, « les wedges peuvent combler des trous mais un wedge mal choisi peut aussi créer des trous ».
En plus de réduire les écarts de distance entre vos coups, des wedges supplémentaires vous procureront plus de solutions autour du green, de par des ouvertures mais aussi des bounces différents (souvent réduits pour les gap wedges ou lob wedges).
L’idéal, c’est de faire un « fitting » comme en propose Titleist au Golf de Chantilly afin d’observer les écarts en dynamique et de déterminer la combinaison idéale.
Globalement, au wedging on n’accorde pas assez d’attention à la polyvalence.
Yan Massonnat
« Un wedge de 50-52° avec un bounce à deux chiffres et un autre à 56-58° avec un bounce à un chiffre, cela représente un bon compromis, conseille cependant Yan Massonnat. Cela permet d’effectuer n’importe quel type de coup depuis n’importe quelle surface. Globalement, au wedging on n’accorde pas assez d’attention à la polyvalence. »
Il déconseille cependant les wedges standard car ils sont vendus avec des shafts acier de 130 grammes, plutôt lourds et aussi rigides, en général…. « Même si c’est dans le but d’apporter plus de précision, il peut être intéressant d’opter pour des manches en acier léger ou en graphite, quand ceux-ci sont proposés par les fabricants, quitte à attendre quelques jours avant qu’ils ne soient livrés », estime-t-il.
Un fitting permet de déterminer les réglages de chacun : « Avoir le bon bounce, la bonne semelle, même le bon manche, le bon grip, le bon lie. Seul un wedge adapté va vous permettre de tirer le meilleur de votre jeu, conclut Bob Vokey, grand apôtre du petit jeu. Pour exploiter au mieux un wedge, il faut qu’il soit adapté et alors et seulement alors vous aurez le contrôle, la distance et le spin que vous recherchez ». Amen.
Photo : Callaway Golf














