
Handicapé par un mal de dos persistant, Gary Stal, membre de l’Asian Tour cette année après avoir brillamment franchi les Cartes d’accession à la fin du mois de décembre 2024, a décidé de ne plus rejouer en compétition tant que ses pépins physiques ne seront pas soignés. Le Lyonnais installé à Dubaï a annoncé sa décision via son compte Instagram dans un très long message où il en profite également pour faire un bilan sans concession du monde du golf professionnel actuel.
L.V.
Après une carte de 73 (+1) (voir ci-dessous) en ouverture du tournoi de reprise de la saison 2025 de l’Asian Tour en Indonésie (Mandiri Indonesia Open), Gary Stal ne s’est pas présenté au départ du deuxième tour ce vendredi à Jakarta. Et pour cause, le Lyonnais victorieux en 2015 sur le DP World Tour à l’Abu Dhabi HSBC Championship devant Rory McIlroy et Martin Kaymer, souffre d’un mal de dos persistant.
Dans un post envoyé sur son compte Instagram, Gary Stal, certainement sous le coup de la colère mais aussi et surtout sous le coup de la frustration, effectue d’abord un bilan sur sa saison pour le moins éphémère : quatre tournois entre fin janvier et maintenant.
« On ne pourra pas dire que la saison a été longue… C’est avec beaucoup de regrets que je vais arrêter après seulement 5 tournois joués, dont 4 où je n’ai fait que 18 trous, débute-t-il. Je ne peux pas continuer à jouer au golf en ayant tout le temps mal au dos et en prenant des antidouleurs à chaque semaine de tournoi. J’ai donc décidé de ne plus rejouer en compétition tant qu’il y aura des douleurs et que je ne pourrai pas enchaîner les tournois. »
Je pense que j’ai perdu le goût du jeu, le goût de l’entraînement… C’est plus dur qu’on le croit de perdre l’envie d’avoir envie.
Gary Stal
« Le golf est déjà assez dur comme ça, alors si en plus on rajoute les douleurs, ajoute-t-il, un peu plus amer encore. Qui dit douleurs dit moins d’entraînement, et sans entraînement, ça ne marche pas. En même temps, je pense que j’ai perdu le goût du jeu, le goût de l’entraînement… C’est plus dur qu’on le croit de perdre l’envie d’avoir envie. Là, je pars pour 9h00 d’avion, donc autant vous dire que j’étais parti pour faire un truc carré, mais au final je vous balance juste une tartine de ce que je pense vraiment ! »
Des débuts géniaux…
Dans son long message, le golfeur français âgé de 33 ans revient, nostalgique, sur ses débuts dans le monde professionnel et prend comme exemple les grandes stars qui ont accompagné ses premiers pas au plus haut niveau. Il évoque aussi la mentalité des joueurs d’aujourd’hui, leur façon de travailler avec des méthodes d’entraînement qui ne correspondent visiblement pas aux siennes.
« J’ai kiffé mes débuts pros de 2012 à 2018, reconnait-il. Après, c’est parti un peu en live… Covid, LIV, vous connaissez la suite. Mais au début, c’était génial. Quand je suis arrivé sur le Tour, il y avait des joueurs qui marquaient, qui avaient quelque chose en plus par rapport à maintenant. Oui, je vous parle bien des Stenson, Garcia, Westwood, Schwartzel, Poulter, Jiménez, Olazábal… Je ne vais pas tous les citer, mais pour dire qu’il y avait une aura différente à cette époque. »
Tout ce nouveau golf me gonfle un peu. Il n’y a plus rien de créatif. Tout le monde a les yeux rivés sur son téléphone, plus personne ne regarde ce qui se passe, ça filme, et c’est tout.
Gary Stal
« Attention, quand je dis ça, je ne parle pas du niveau : le niveau de jeu moyen est meilleur qu’il y a 10 ans, enchaîne-t-il. En même temps, c’est normal, entre Trackman, caméras, et les mecs qui posent 1 million de tees sur le putting green pour leurs exos… A un moment donné, ça doit payer ! Les gars font leur reco en 6h parce qu’ils essayent tous les chips et putts possibles pour être sûrs d’avoir le bon pourcentage de pente sur un putt de 3 m… qui n’existera sûrement jamais ! »
« Donc voilà, tout ce nouveau golf me gonfle un peu, regrette-t-il. Il n’y a plus rien de créatif. Tout le monde a les yeux rivés sur son téléphone, plus personne ne regarde ce qui se passe, ça filme, et c’est tout. Heureusement, ce n’est pas tout le monde, je généralise un peu… parce que j’aime bien généraliser ! Bref, c’était mieux avant pour ma part. Mais ça n’enlève en rien les performances des Français sur le Tour. Je ne suis en aucun cas jaloux ou envieux, je tiens à le préciser – parce qu’on sait que ce genre de messages peut vite être mal interprété ! »
« Voilà. Je ne poste jamais rien sur Insta, je vais m’arrêter là. Peut-être que la prochaine fois, je ferai un podcast – un peu plus énervé- sur les invitations sur le DPWT, les légendes catégories et toutes ces catégories sorties de nulle part qui passent devant des joueurs ayant gagné leur carte via le Challenge Tour (aujourd’hui rebaptisé HotelPlanner Tour) ! »
« Sur ce, bonne soirée à tous, et merci pour vos messages de soutien. »
Toute la rédaction de Golf Planète lui souhaite bien évidemment un prompt rétablissement !
Photo : Nathan Cardet / Golf Planète