À la veille du Masters 2026, le président d’Augusta National, Fred Ridley, a de nouveau pris position sur l’un des débats majeurs du golf : l’augmentation des distances et la nécessité de réguler les performances des balles. Lors de sa conférence de presse traditionnelle précédant le tournoi, Ridley a soutenu les efforts du R&A et de l’USGA pour encadrer ce phénomène, tout en rappelant que l’enjeu dépasse largement la protection d’Augusta National. Car le parcours lui, sait s’adapter encore et toujours à la puissance des champions.
De notre envoyé spécial à Augusta
Rassurez-vous, pour les rares d’entre vous qui auraient cru à notre poisson d’avril, la suppression des tees n’est pas à l’étude pour lutter contre l’augmentation des distances. Cette ‘solution’ n’a d’ailleurs même pas été évoquée par Fred Ridley, le chairman d’Augusta National, dans sa conférence traditionnelle d’avant tournoi.
Non, pour lutter contre ce phénomène, c’est bien la performance des balles de golf qui sont dans le viseur des instances dirigeantes, le R&A et l’USGA, et aussi du Masters, un interlocuteur privilégié pour tout ce qui concerne les décisions officielles du jeu de golf et de ses règles.
Interrogé sur des très nombreux sujets (des projets communautaires, l’état du parcours, l’expansion internationale du Masters, la diffusion télé, et même la possible disparition des… gnomes), Fred Ridley s’est montré particulièrement disert sur le sujet de la distance des balles de golf.
Depuis plusieurs années, les instances dirigeantes travaillent sur une nouvelle norme de test de distance pour les balles de golf, dont l’entrée en vigueur pourrait finalement être repoussée à 2030. Pour Ridley, ce délai ne change pas la nature du problème. « L’échec n’est pas une option », a-t-il asséné, estimant qu’il est indispensable que les différentes organisations du golf parviennent à un accord pour préserver l’essence du jeu.
L’échec n’est pas une option
Fred Ridley à propos du contrôle des distances des balles
Selon lui, l’évolution du matériel et la puissance croissante des joueurs ont progressivement transformé le golf de haut niveau. Là où le jeu reposait historiquement sur l’imagination, la créativité et la variété des coups, les distances actuelles ont tendance à uniformiser les stratégies. L’allongement des parcours entraîne aussi, on le sait, des coûts supplémentaires et des préoccupations environnementales croissantes.
Le président d’Augusta National a illustré ce point avec l’exemple du célèbre trou n°13, l’un des par 5 les plus iconiques du Masters. Afin de restaurer l’intention stratégique originale du parcours dessiné par Alister MacKenzie et Bobby Jones, Augusta National a récemment allongé le départ. L’objectif n’était pas de rendre le trou plus difficile, mais de recréer le dilemme stratégique pour les joueurs. Ce dilemme qui fait de ce dernier trou de l’Amen Corner un moment où le choix du joueur est cornélien. Et où tout peut se passer. Demandez à Rory McIlroy…
L’exemple du trou n°13 à Augusta
« Avant l’ajout de distance, environ 60 % des joueurs utilisaient le driver sur ce trou, a rappelé Fred Ridley. Aujourd’hui, c’est près de 90%. Nous essayons toujours d’honorer la philosophie de MacKenzie et de Jones. Ce que Bobby Jones a appelé ‘décision monumentale’ : tenter ou non d’attaquer le green en deux coups. Désormais, certains doivent frapper des seconds coups de 230 mètres pour atteindre le green, parfois avec des longs fers ou des bois de parcours. » Ce qui réintroduit le risque et l’importance de la stratégie.
Le dirigeant a toutefois martelé que ce sujet dépassait largement le Masters et son parcours. « L’objectif n’est pas de freiner le progrès, mais de préserver ce qui fait la richesse du golf notamment dans les grands tournois : la capacité des joueurs à façonner leurs coups, à prendre des risques et démontrer toute l’étendue de leurs compétences. »
Pour Ridley, la question des distances est donc un enjeu central pour l’avenir du golf. Et si Augusta National continuera à adapter son parcours lorsque cela est possible, il estime que la véritable réponse doit venir d’une action collective des instances dirigeantes pour protéger l’équilibre du jeu.
©The Masters













