Sous une forte chaleur sur le sublime parcours de Seignosse (Landes), l’équipe Est emmenée par son capitaine, Raphaël Jacquelin, a défait l’Ouest sur un score final de 10 à 6. Les parties ont été de façon générale très disputées. Il a fallu attendre le dernier groupe et le succès de David Ravetto 2&1 sur Antoine Rozner pour valider complètement le triomphe des rouges !
L.V., à Hossegor (Landes)
L’image est forte. Et elle fera très certainement date. David Ravetto vient de rentrer le putt de la victoire sur le green du 17 du sublime par 73 de Seignosse, offrant à l’Est avec son 2&1 face à Antoine Rozner cette première Coupe des Capitaines. Mais tous les joueurs viennent se congratuler, rouges et bleus mélangés (voir photo ci-dessous). On est très loin ici de l’ambiance parfois très tendue en Ryder Cup entre l’Europe et les Etats-Unis. Toute proportion gardée !
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Là, le point commun qui unit les dix-huit acteurs de cette confrontation 100 % française, c’est d’abord le respect et l’amitié. On se fait la bise, on s’enlace fortement sans le moindre artifice. C’est beau et on a la chance de vivre de tels moments.
Pourtant, la lutte a été âpre ce samedi dans les Landes dans ces huit simples. Personne ne voulait lâcher le morceau. On est pote, sans aucun doute possible, mais en compétition, la défaite est interdite comme l’annonçait Victor Dubuisson quelques jours plus tôt. Les matches ont ainsi été pour la quasi-totalité d’entre accrochés, jusqu’au bout ou presque pour la plupart.
Oihan Guillamoundeguy sauve l’honneur à l’Ouest
En tête à l’issue des fourballs de vendredi après-midi à Hossegor, l’Ouest a rapidement « squatté » le leaderboard sur les premiers trous avant que la tendance ne s’inverse sur le retour, passant clairement au rouge très vif. Seul Oihan Guillamoundeguy a semblé en mesure de plier son match avant ce terrible par 6 du 18. Devant face à Tom Vaillant, menant d’abord 4 up puis 3 up, il a enfin enfoncé le clou sur le 17 malgré une belle résistance de l’Azuréen, battu 3&1. Le Landais a alors offert un nouveau point à son équipe, basculant à 5,5 points. Sans le savoir encore, l’Ouest n’allait plus gagner le moindre match.
Tout ce monde qui se réunit autour de nous pour nous encourager. C’est eux qui m’ont donné la force aujourd’hui. Sans eux, je n’aurais pas gagné ce match.
Oihan Guillamoundeguy
« Il faisait super chaud aujourd’hui, souffle le natif d’Hossegor licencié à… Seignosse. A partir du 12-13, j’ai senti que c’était dur physiquement. Mais je n’ai pas lâché. J’ai tiré des coups jusqu’à la fin. J’ai bu au moins 3 à 4 litres d’eau aujourd’hui. Mais je suis content d’avoir amené un point à l’équipe. Ce que je pourrais retenir de ces trois jours ? C’était exceptionnel. J’ai vécu un rêve. Débarqué sur le tee du 1 en moto, c’est génial. Tout ce monde qui se réunit autour de nous pour nous encourager. C’est eux qui m’ont donné la force aujourd’hui. Sans eux, je n’aurais pas gagné ce match. Je vais pousser pour que cette Coupe perdure. Je vais surtout pousser pour que ça se joue tous les ans ici. J’espère qu’il y aura de plus en plus de monde et que ça poussera les gens à se mettre au golf. C’est un sport fantastique. »
Cette expérience me donne encore plus envie de rejoindre les potes sur le DP World Tour.
Mathieu Decottignies-Lafon
La remontada de l’Est a débuté avec Mathieu Decottignies-Lafon, vainqueur 4&3 de Benjamin Hébert. Appelé en renfort pour pallier le forfait de Martin Couvra, le Nordiste a fait plus que répondre présent. Il n’a ainsi jamais perdu en trois matches, engrangeant 2,5 points. « Je suis très content d’avoir amené ce que j’ai pu à l’équipe, lâche, fier, le joueur de l’HotelPlanner Tour. Ce n’est que du kiff, même si sur le parcours, il y a de l’intensité. J’ai joué contre Ben qui est un super pote. J’ai passé un super moment pendant trois jours. Cette expérience me donne encore plus envie de rejoindre les potes sur le DP World Tour. Je ne vis pas des années faciles. Les mecs me disent que j’ai le niveau pour les rejoindre. Il faut continuer à bosser et ça paiera. »
J’ai dû me battre. Les doubles d’hier m’ont cassé les pattes.
Nicolas Colsaerts
Vainqueur de Julien Mouchet (3&1, là encore sur le green du 17), Charles-Henri Quelin a permis aux rouges de prendre l’avantage. Et de ne plus quitter ensuite les commandes du tournoi. « J’avais joué ici en 1998, dans une autre vie, lâche-t-il les étoiles dans les yeux. On s’est régalé. Sébastien et Damien (les organisateurs) se sont tirés la bourre pour rivaliser dans l’excellence. Cela n’a été que du bonheur cette semaine. Je les connais bien les gars. Greg, Cols, Raph, Victor qui était mon partenaire de double à St-Nom. Les voir tous ensemble, cette camaraderie, que ce soit Est ou Ouest, je me suis fait un beau souvenir pour longtemps. »
Même Nicolas Colsaerts, le néo-retraité, pourtant sur les rotules après 34 trous joués vendredi, est ravi d’avoir participé à cette première. Il s’est même payé le luxe de battre Mike Lorenzo-Vera, 2&1. « Ce n’était pas du tout simple, souligne le Belge avec sa faconde naturelle. Mike et moi, on s’est tirés la bourre. C’était un peu mou au milieu mais à partir du 13, 14, ça a monté en intensité. J’ai dû me battre. Les doubles d’hier m’ont cassé les pattes (rires). Ce que je retiens de ces trois jours, c’est qu’on est tous ensemble, qu’on a passé des chouettes moments, que tout le monde a joué le jeu. Tout le monde était dans le thème. Même si à la base, on a l’impression que c’est une rigolade entre copains mais on a tous envie de bien faire. »
Jacquelin et Havret, déjà prêts à rempiler
Un constat que les deux capitaines approuvent sans détour. Eux aussi ont pris tellement de plaisir. Même si, au fond d’eux-mêmes, la pression était quand même présente. « Ce n’était pas simple de suivre les parties, à gauche à droite, concède Raphaël Jacquelin. On suivait les résultats sur l’appli… J’ai vu de très beaux coups de golf. J’ai donné deux-trois infos sur des pars 5 au bon moment. Ils étaient un peu piqués hier soir après les fourballs d’être derrière. Les connaissant, ils avaient à cœur de revenir. Ce que je retiens ? L’ambiance qui existe là avec tous les gars (il pointe les joueurs s’embrasser sur le green du 17 après la victoire). Il y a des vainqueurs, les rouges, mais sincèrement, je crois que tout le monde a gagné. C’est ce qui faut retenir. L’an prochain ? Je signe tout de suite. Elle est où la feuille ? (rires). »
Où est le contrat que Raph a signé pour que je signe moi aussi. Je suis partant pour ce genre d’événements autant qu’on me le demandera.
Grégory Havret
« Il y a des défaites qui sont un peu plus dures, probablement, reconnait Grégory Havret, le capitaine de l’équipe Ouest, forcément un peu déçu. On se connait depuis très longtemps… Pour certains, depuis les jeunes, on joue la Gounouilhou, on passe pro, on est sur les mêmes circuits, on partage tellement de choses. On est content d’être là. Cela pique un peu de perdre mais je suis content pour Raph. Je pensais qu’avec ce petit point d’avance et avec les simples d’aujourd’hui, on aurait une petite chance. Mais ils ont mieux joué que nous. Ce sera pour la prochaine fois. D’ailleurs, où est le contrat que Raph a signé pour que je signe moi aussi. Je suis partant pour ce genre d’événements autant qu’on me le demandera. »
Nous aussi, on a très envie de revenir !
Photos : Bernard Dugros















