Seul joueur du LIV Golf éligible à avoir décliné l’offre du DP World Tour, Jon Rahm accuse le circuit de le faire chanter en lui imposant six tournois, dont deux obligatoires, et préfère pour l’instant rester en marge plutôt que d’accepter des conditions qu’il juge abusives.
Jon Rahm a choisi la rupture plutôt que le compromis. Alors que plusieurs joueurs du LIV Golf ont trouvé un terrain d’entente avec le DP World Tour pour retrouver un pied en Europe, il est, à ce stade, le seul joueur éligible à avoir refusé les termes de l’accord proposé.
En conférence de presse avant le LIV Golf Hong Kong, l’Espagnol a détaillé les conditions qui lui ont été présentées : obligation de disputer six tournois du DP World Tour, dont deux épreuves imposées par le circuit, sous peine de sanctions.
Un accord aux termes inacceptables
« Je pense que nous devrions pouvoir jouer librement où nous voulons et avoir le choix de jouer où nous voulons, sans qu’on nous dicte ce que nous devons faire. Surtout moi. Je ne peux pas parler pour les autres, seulement pour moi-même, a-t-il expliqué. Je me suis toujours engagé à jouer le minimum requis, et je pense avoir joué quatre tournois, dont l’Open d’Espagne, chaque année sauf une depuis que je suis professionnel, et je m’engage à continuer ainsi. Cela ne changera pas. J’ai toujours l’intention de le faire… Je n’aime donc pas cette situation et je ne vais pas l’accepter. Je leur ai dit, ironiquement, que s’ils réduisaient ce nombre à quatre tournois, le minimum requis, je signerais le soir même. Ils n’ont pas accepté. Je refuse simplement de jouer six tournois. Je ne veux pas le faire, et ce n’est pas ce que disent les règles. »
D’une certaine manière, ils extorquent des joueurs comme moi et des jeunes joueurs qui n’ont rien à voir avec le côté politique du jeu.
Jon Rahm
Jon Rahm dénonce une forme de chantage à l’encontre des dissidents du LIV, estimant que le Tour européen fait payer très cher le droit de revenir. Le Basque va jusqu’à parler d’extorsion envers ses propres membres, reprochant à l’instance de vouloir contrôler son calendrier de manière excessive alors même qu’il reste un pilier du circuit.
« Je ne sais pas à quel jeu ils essaient de jouer en ce moment, mais j’ai l’impression qu’ils se servent de nous, qu’ils exploitent notre influence dans les tournois, qu’ils viennent nous chercher et essaient de tirer profit de ce que nous avons à offrir, et d’une certaine manière, ils extorquent des joueurs comme moi et des jeunes joueurs qui n’ont rien à voir avec le côté politique du jeu, a-t-il ajouté. Je n’aime pas ce qu’ils font actuellement avec le contrat qu’ils nous font signer. Je n’aime pas les conditions… »
En refusant ces conditions, Jon Rahm s’expose à une présence plus limitée en Europe et, surtout, à être inéligible pour la Ryder Cup 2027. Mais son refus met surtout en lumière le malaise persistant entre les circuits traditionnels et le LIV, même à l’heure où l’on parle de rapprochement et de « paix ».
Photo : LIV Golf












