Presque sept ans après son triomphe à l’U.S. Open, Gary Woodland, opéré d’un cancer au cerveau en septembre 2023 puis sujet à des troubles de stress post-traumatiques, a renoué avec la victoire. Celle que l’on n’attendait plus. On tient certainement ici l’une des plus belles histoires de l’année. Sinon la plus belle !
L.V.
Frissons garantis ! Alors que Gary Woodland marche d’un pas assuré ce dimanche 29 mars 2026 vers ce dernier green du 18 du Memorial Park, hôte du Texas Children’s Houston Open, la victoire en poche avec cinq coups d’avance, ses deux partenaires de jeu, le Danois Nicolai Højgaard et l’Australien Min Woo Lee, lui ont offert à leur manière le plus beau des signes de respect. Ils l’ont ainsi laissé entrer, seul si l’on peut dire, dans l’arène sous les vivas du public, Min Woo Lee, bien en retrait, agitant les bras en l’air en galvanisant la foule (ci-dessous) et confirmant ainsi que le spectacle auquel il assiste alors est tout sauf banal.
Min Woo Lee hyping up the crowd as Gary Woodland takes the winner’s walk up 18.
— Fore Play (@ForePlayPod) March 29, 2026
What an awesome moment. pic.twitter.com/VNfJy8j8Vn
Gary Woodland de nouveau victorieux sur le PGA Tour ? A vrai dire, plus personne n’osait l’imaginer. Opéré d’une tumeur au cerveau (parait-il aussi grosse qu’une balle de baseball) en septembre 2023, le lauréat de l’U.S. Open 2019 à Pebble Beach revenu à la compétition en janvier 2024, s’était récemment épanché au micro de Golf Channel sur ses troubles de stress post-traumatiques qui le tenaillait depuis trop longtemps.
Au bord des larmes, ce natif du Kansas à la carrure d’un déménageur, qui se serait bien vu faire une carrière de basketteur en NBA, s’était confié comme jamais, avouant ne plus pouvoir cacher au « monde entier » ses multiples fractures mentales. Une sorte de thérapie de groupe en direct à la TV, confirmant que le golf est tout sauf une partie de plaisir. Fallait-il vraiment en douter ?
À tous ceux qui traversent des moments difficiles, j’espère qu’ils me verront et qu’ils ne baisseront pas les bras. Continuez à vous battre.
Gary Woodland
Une chose est sûre, ces aveux lâchés en amont du Players Championship, à Ponte Vedra Beach (Floride), lui ont certainement permis de se « réconcilier » avec lui-même. Et prouver qu’un athlète de haut niveau souffre lui aussi. Bien plus qu’on ne le croit d’ailleurs.
« Je n’étais pas seul aujourd’hui, souffle-t-il, une fois la victoire acquise. Et pourtant, le golf est un sport individuel. J’ai reçu tellement de soutiens depuis quinze jours… À tous ceux qui traversent des moments difficiles, j’espère qu’ils me verront et qu’ils ne baisseront pas les bras. Continuez à vous battre. »
Grâce à l’amour et au soutien qui m’entourent, j’ai toujours gardé espoir.
Gary Woodland
Cette confession en amont du très officieux 5e Majeur de la saison a sans le moindre doute été une délivrance pour cette force de la nature (1,85 m ; 88 kg) au driving dévastateur (une de ses mises en jeu ce dimanche au Texas a été chronométrée à 315 km/h), une sorte de confidence salvatrice qui a chassé ses derniers démons. Pour de bon apparemment.
« Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela m’a débarrassé d’un poids qui était devenu trop lourd pour moi, a-t-il ajouté après avoir craqué dans les bras de sa femme, Gabby, qui n’a pas manqué un seul de ses coups ce dimanche dans ce dernier tour. L’an passé, je n’ai pas osé parler de mes problèmes ni demander de l’aide. Je ne l’ai pas fait non plus en début d’année. Mais je me suis battu. Grâce à l’amour et au soutien qui m’entourent, j’ai toujours gardé espoir. »
Sur les trois prochains Majeurs
Alors que le premier trimestre de cette saison 2026 du PGA Tour vient à peine de s’achever, et que de nombreux grands « rendez-vous » sont encore à venir, Gary Woodland, lui, a déjà écrit la plus belle histoire de l’année.
Ce succès en terre texane, son cinquième sur le PGA Tour, lui assure en tout cas le droit de participer dans moins de quinze jours maintenant au Masters d’Augusta. Il n’était plus éligible au premier Majeur de la saison depuis 2025. C’est donc une sacrée revanche sur le destin, lui qui pointe désormais à la 51e place mondiale, et qui sera forcément là aussi du 14 au 17 mai pour le PGA Championship puis pour l’U.S. Open (18-21 juin) en tant qu’ancien vainqueur (une exemption durant dix ans). Il n’est en revanche toujours pas « qualifié » pour The Open au Royal Birkdale.
« Aujourd’hui, c’était une bonne journée, a-t-il conclu cette fois dans un large sourire. Mais c’est aussi un jour comme un autre. J’ai un long combat à mener, et je vais persévérer. A ce titre, je suis fier de moi. » Tout en rendant un hommage appuyé à celle qui partage sa vie. « Ce que j’ai vécu a été très dur, mais ça l’a été encore plus pour elle… »
La vie, et rien d’autre !
Photo : Jordan Bank / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP













