Premier Français vainqueur du Vaudreuil Golf Challenge, Julien Sale se rapproche de son rêve de jouer sur le DP World Tour la saison prochaine avec son premier titre sur la deuxième division européenne. Retour sur une dernière journée indécise jusqu’au bout et une victoire qui permet au Réunionnais de rentrer dans le top 15 de la Road to Mallorca.
Propos recueillis par David CHARPENET
Ce dimanche 5 juillet 2026 ressemble fort à une étape décisive dans la jeune carrière professionnelle de Julien Sale. En s’imposant au Vaudreuil Golf Challenge – une grande première pour un Français – il s’installe ainsi dans le top 15 de la Road to Mallorca, « passeport » incontournable pour le DP World Tour la saison prochaine. Son but avoué. Biberonné au Golf de Bourbon à La Réunion, passé par l’Afrique du Sud à ses 18 ans avant de rejoindre l’université d’Arkansas, il effectue le grand saut chez les pros à seulement 25 ans. Pensionnaire de l’HotelPlanner Tour, la deuxième division européenne, le protégé d’Alain Alberti et de Raphaël Jacquelin fait aussi parler de lui sur l’Asian Tour où il obtient ses droits de jeu fin 2024 avant de remporter une victoire historique aux Philippines sur son premier tournoi début 2025 ! Partagé entre le Golf de Saint-Cloud et le Golf de Montpellier-Massane, le Réunionnais aujourd’hui âgé de 28 ans trace sa route. A son rythme.
GOLF PLANÈTE : À quel moment avez-vous senti que vous pouviez gagner le Vaudreuil Golf Challenge ?
Julien SALE : J’ai rentré ma sortie de bunker de bord de green au 12. Je suis passé à -10. Je ne savais pas trop où en étaient les leaders, mais je me doutais que ça m’offrait une possibilité de gagner avec deux par 5 à venir notamment. Au départ du 16, j’étais -11 et j’ai vu sur le leaderboard que j’étais co-leader.
G.P. : Vous avez failli rentrer votre long putt pour eagle au 18. Est-ce que vous vous êtes dit que vous aviez peut-être laissé filer le titre à ce moment-là ?
J.S. : J’avais un premier putt pour eagle d’une dizaine de mètres. Il n’était pas évident parce que ça montait et ça redescendait ensuite. Je voulais juste me mettre « donné » avec mon premier putt, mais dans un coin de ma tête, je savais qu’avec un eagle et un score de -13, j’étais presque assuré de gagner ou d’aller en play-off. Le putt a été presque tout du long en ligne pour rentrer. Et au dernier moment, il a tourné sur la gauche. J’étais un peu déçu, mais il me restait 10 cm pour le birdie. Donc, j’avais fait ce qu’il fallait. J’ai su après coup que MJ Viljoen avait manqué sa mise en jeu. Il avait besoin de rentrer son premier long putt pour birdie et aller en play-off. Mais il l’a manqué.
Trois victoires professionnelles, dont deux en simples
G.P. : C’est votre première victoire sur l’HotelPlanner Tour. La deuxième en professionnel…
J.S. : C’est ma deuxième victoire professionnelle en individuel. Avant celle-là, j’ai gagné aux Philippines sur l’Asian Tour début 2025. Et je n’oublie pas les Internationaux de France de doubles à La Réunion en fin d’année dernière avec Romain Lanteri. Ça fait trois victoires professionnelles, dont deux en simples.
G.P. : Un autre réunionnais, Benjamin Kedochim, a été le premier à vous féliciter. Vous vous connaissez bien ?
J.S. : Avec Benjamin on est potes. On se connaît depuis qu’on est tout petits. On était à l’école de golf ensemble à La Réunion. Comme il voyait que j’étais en lice pour le titre, il est resté gentiment pour voir comment ça se passait. C’était sympa de pouvoir célébrer ça avec lui.
G.P. : Il a pu bien vous arroser d’ailleurs car les organisateurs avaient opportunément prévu des gourdes XXL !
J.S. : J’ai pris une bonne douche effectivement ! Heureusement que j’avais pris ma respiration parce que j’aurais pu me noyer ! Il faisait chaud. Donc c’était cool !
G.P. : C’est mieux de gagner aux Philippines ou au Vaudreuil ?
J.S. : C’était sympa de gagner aux Philippines. Mais c’est encore mieux de gagner devant son public. Tous les spectateurs étaient pour moi et ils étaient contents dès que je faisais un bon coup. J’avais aussi plein de copains ici. Aux Philippines, j’étais tout seul pour célébrer. Alors que là j’ai pu partager la victoire et c’est un moment très spécial. D’ailleurs j’avais gagné à domicile à La Réunion les Internationaux de France de doubles et c’était très agréable également !
G.P. : Vous aviez regretté le niveau de votre propre petit jeu. Pour gagner, vous avez dû réussir à améliorer ce compartiment de votre jeu…
J.S. : J’ai beaucoup travaillé mon petit jeu ces derniers temps avec Alain Alberti. Il est venu au Vaudreuil en début de semaine. On a bien travaillé. J’ai l’impression d’avoir mieux chippé et ça m’a certainement aidé à gagner.
Je vais finir la saison sur l’HotelPlanner Tour
et j’irai en Asie après la finale
G.P. : Est-ce que cette victoire va avoir une influence sur la suite de votre saison qui s’articule entre l’Asian Tour et l’HotelPlanner Tour ?
J.S. : La saison de l’Asian Tour redémarre en septembre. J’avais prévu de rester en Europe tout l’été et après ce n’était pas vraiment décidé. Avec cette victoire et mon classement à la Road, je pense que je vais finir la saison sur l’HotelPlanner Tour et j’irai en Asie après la finale de Majorque pour jouer les 3-4 derniers tournois de la saison de l’Asian Tour. L’objectif est de terminer dans le top 15 à la fin de l’année. Avec cette victoire, je passe au 12e rang. Je vais essayer de continuer sur ma lancée pour marquer le plus de points possibles et me rapprocher de la première place. C’est important d’avoir un bon classement final pour espérer jouer les gros tournois du DP World Tour la saison prochaine.
G.P. : Les organisateurs devaient être particulièrement contents de voir enfin un Français gagner pour cette 13e édition porte bonheur, non ?!
J.S. : Jean- Claude Forestier était très content qu’un Français gagne enfin le Vaudreuil Golf Challenge. Les journalistes ont souvent répété qu’aucun Français n’avait jamais gagné ici. Toute l’organisation est contente qu’un Français gagne enfin. Et moi aussi forcément ! Je suis très fier aussi d’avoir mis mon nom sur un trophée aux côtés de Marcel Siem, de Aaron Rai ou encore de Ryan Fox. J’espère avoir une carrière comme les leurs.
Photo : Octavio Passos / Getty / AFP











