Auteur d’une saison 2025 très difficile sur le PGA Tour sans le moindre top 25 en 26 départs, Matthieu Pavon avoue avoir rapidement digéré cet épisode infructueux, et ce dès la fin de la saison régulière de la FedEx Cup. 2026 s’annonce cruciale pour le Français, dont le droit de jeu sur le plus relevé des circuits professionnels s’achève en fin d’année.
Propos recueillis par Lionel VELLA
Arrivé dimanche 11 janvier à Hawaï, Matthieu Pavon a retrouvé le Sony Open. Et plus précisément le Waialae Country Club d’Honolulu, où il avait débuté sa carrière sur le PGA Tour par une très belle 7e place le 14 janvier 2024, deux semaines avant son triomphe au Farmers Insurance Open. Plutôt détendu au téléphone durant une douzaine de minutes d’entretien, le Bordelais installé en Floride va enchainer quatre semaines d’affilée de compétition. Et il espère vite engranger de bons résultats.
GOLF PLANETE : Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour 2026 ?
Matthieu PAVON : (rires) Que des choses très simples. De la santé, du fun, s’amuser, prendre du plaisir. J’ai la chance d’évoluer dans le plus beau circuit du monde. On va essayer d’en profiter.
G.P. : La saison 2025, durant laquelle votre meilleur résultat est une 31e place acquise le 9 novembre dernier au World Wide Technology Championship, est-elle définitivement digérée ?
M.P. : Oui, c’est complètement digéré. Au moment où j’ai fini la FedEx Cup en août, c’était déjà derrière moi. J’étais déjà tourné vers la suite, afin de me préparer au mieux pour 2026. Bref, 2025, c’est déjà loin pour moi.
G.P. : Avec un peu de recul, quel bilan pouvez-vous faire de cette année où les résultats n’ont pas été au rendez-vous ?
M.P. : J’ai pris cette année comme une année d’apprentissage. J’ai essayé de faire des choix qui me semblaient être intéressants pour essayer de faire avancer encore un peu plus ma carrière. Malheureusement, ce n’est pas passé cette fois-ci. Toute ma carrière, j’ai essayé de faire confiance à mon instinct. Hélas, ça a été une année sans. Là, on rééquilibre les choses et on essaie de repartir de plus belle.
Mark (Blackburn) semblait être la personne la plus compétente pour m’aider à évoluer. Mais le travail que l’on a entamé ensemble ne m’a pas permis de mieux jouer.
Matthieu Pavon
G.P. : Ces choix que vous évoquez, c’est par exemple celui d’avoir fait appel à Mark Blackburn en lieu et place de Jamie Gough ?
M.P. : Oui, bien sûr ! J’essaie toujours d’être meilleur. Pour moi, Mark semblait être la personne la plus compétente pour m’aider à évoluer. Mais le travail que l’on a entamé ensemble ne m’a pas permis de mieux jouer. Il m’a donc semblé naturel de changer et de revenir sur ce que je savais faire avant.
G.P. : La saison 2026, qui débute ce jeudi à Hawaï, sera à ce titre bien différente de 2025 puisque vous n’allez pas pouvoir prendre part aux Signature Events, en tout cas en ce début de saison. Et seuls les 100 meilleurs à la FedEx Cup conserveront leur carte en fin de saison, la donne n’est donc plus vraiment la même pour vous dont l’exemption s’achève fin 2026…
M.P. : Oui, ce n’est plus pareil. Mais comme me disent mes coaches : « Si tu joues du bon golf, peu importe le circuit dans lequel tu joues, peu importe ta catégorie, les bonnes choses vont arriver. » Je suis donc concentré sur moi tout en faisant mon travail plutôt que de me focaliser sur les classements ou encore sur les choses que j’ai à gagner ou à perdre.
G.P. : Quand vous vous retournez sur votre saison 2025, qu’est-ce qui vous a fait le plus mal ?
M.P. : Ce n’est pas vraiment le sportif qui m’a fait le plus mal. C’est surtout la critique générale. D’avoir notamment des personnes qui ne comprennent pas qu’un sportif de haut niveau est capable de faire des choix pour essayer de devenir meilleur. Je trouve ça dommage. C’est sûr que je n’ai pas fait un bon choix, ça ne m’a pas apporté de très bons résultats… Mais encore une fois, quand j’effectue des changements, c’est toujours dans une démarche de devenir meilleur. Je trouve cela difficile de critiquer des personnes qui essaient d’être meilleures.
Le PGA Tour c’est un environnement vraiment hostile. Il y a beaucoup de très bons joueurs. Le niveau est relevé.
Matthieu Pavon
G.P. : Sur quoi avez-vous travaillé durant l’intersaison ?
M.P. : J’ai essayé de repartir sur les bases qui m’ont amené sur le PGA Tour. En les consolidant.
G.P. : A ce titre, votre coach, Jamie Gough, sera-t-il beaucoup plus présent auprès de vous en 2026 ? Vos méthodes de travail avec lui seront-elles différentes que sur le DP World Tour ?
M.P. : Non, l’axe de travail avec Jamie demeure inchangé. J’ai toujours été très indépendant. Je ne cherche pas forcément à ce qu’il soit là toutes les semaines. Quand j’ai gagné au Farmers (Insurance Open), quand j’ai fini 3e à Pebble Beach, il n’était pas avec moi. On va donc continuer sur le même système de fonctionnement.
G.P. : En revanche, il y en a un qui sera très souvent présent pas loin de vous, c’est Adrien Saddier, votre ami, qui débarque cette saison sur le PGA Tour. Est-ce un vecteur supplémentaire de motivation de le savoir ici, aux États-Unis, avec vous ?
M.P. : C’est génial d’avoir Adrien ici. Je le connais très bien. On a partagé beaucoup de moments ensemble. Une fois qu’on a dit ça, le PGA Tour c’est un environnement vraiment hostile. Il y a beaucoup de très bons joueurs. Le niveau est relevé. On est surtout centrés sur nous-mêmes en donnant à chaque fois le meilleur. C’est cool de se faire un petit clin d’œil au practice ou de se voir de temps en temps. Mais on reste quand même très centrés sur nous-mêmes.
Ma ligne directrice, c’est de continuer à faire ce bon travail fourni cet hiver. Et puis je pense que les résultats suivront naturellement.
Matthieu Pavon
G.P. : Quel est votre objectif à court terme cette année ? Engranger rapidement des bons résultats, reprendre confiance dans votre jeu ?
M.P. : Non. La confiance dans mon jeu, elle est là. Encore une fois, ma ligne directrice, c’est de continuer à faire ce bon travail fourni cet hiver. Et puis je pense que les résultats suivront naturellement. Là, je m’engage sur les quatre premiers tournois de la saison du PGA Tour. Avec des bons résultats, on peut très rapidement changer de calendrier, comme cela avait été le cas pour moi en 2024. On verra. On va se concentrer déjà sur ce premier bloc. Et après, s’il faut changer des choses, on avisera.
G.P. : N’étant pas pour l’instant éligible sur les Signature Events mais aussi pour le Masters, ni pour le PGA Championship, envisagez-vous d’effectuer quelques passages sur le DP World Tour ?
M.P. : Non, pour l’instant l’objectif principal pour moi est de jouer aux États-Unis. Je serai à 100 % aux États-Unis jusqu’à la fin de la FedEx Cup.
G.P. : Tenterez-vous les qualifications de l’U.S. Open mais aussi de The Open, sachant que vous n’êtes pas qualifié à l’heure où l’on parle pour les quatre Majeurs de 2026 ?
M.P. : Peut-être… Pour l’instant, je ne sais pas encore. On va déjà se mesurer aux quatre tournois qui arrivent. Quant aux opportunités de jouer des qualifications pour les Majeurs, je verrai en fonction de mon calendrier et de mon niveau d’énergie.
Je ne trouve pas ça très fair (juste) pour tous les joueurs qui ont décidé de rester fidèle à l’organisation (au PGA Tour). Je trouve que c’est un peu trop facile.
Matthieu Pavon au sujet du retour de Brooks Koepka sur le PGA Tour
G.P. : Victor Perez a rejoint le LIV Golf avant la fin de l’année 2025. Ce départ vous a-t-il surpris ?
M.P. : Cela m’a un peu surpris. Avec Victor, depuis qu’on est tout jeune, on se connait très bien. On avait tous les deux les mêmes rêves, sur le plan sportif. Victor fait des choix pour sa carrière, pour sa famille aussi. Je respecte donc totalement ses choix.
G.P. : Et vous, avez-vous été approché par le circuit soutenu financièrement par le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite ?
M.P. : Je n’en ai aucune idée. Il faut poser cette question à mon agent !
G.P. : Quel est votre avis sur le retour fracassant de Brooks Koepka sur le PGA Tour après quatre ans passés sur le LIV Golf ?
M.P. : Je trouve ça bien pour le PGA Tour, d’avoir quelqu’un comme Brooks Koepka qui revient. Après, je ne trouve pas ça très fair (juste) pour tous les joueurs qui ont décidé de rester fidèles à l’organisation (au PGA Tour). Je trouve que c’est un peu trop facile. Cela aurait pu être fait différemment.
G.P. : Comment ce retour a-t-il été perçu au Player’s lounge d’Honolulu, où se dispute cette semaine le Sony Open ?
M.P. : Très honnêtement, je n’ai pas vraiment entendu les joueurs en parler. Je pense que chacun est plutôt concentré sur ce premier tournoi de l’année. Et pas vraiment sur ce qui se passe en dehors.
G.P. : Le retour de Bryson DeChambeau, de Jon Rahm ou encore de Cameron Smith sur le PGA Tour est-il désormais possible selon vous ?
M.P. : Ils ont ouvert la porte à Brooks Koepka. Alors pourquoi pas eux ? Une fois que j’ai dit ça, pour le reste, je n’en ai aucune idée.
Photo : Orlando Ramirez / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP






