
A 40 ans, le Biarrot Mike Lorenzo-Vera a fait des adieux émouvants au monde du golf professionnel ce vendredi à Crans sur Sierre, après une carrière riche en émotions, au cours de laquelle il aura séduit autant par son jeu flamboyant que par son franc-parler.
Cette fois c’est fini. On ne reverra plus Michael Lorenzo-Vera en compétition dans un tournoi du DP World Tour. Le Français a bel et bien tiré sa révérence vendredi à Crans Sur Sierre lors de l’Omega European Masters.
Entouré de ses enfants sur le dernier trou, celui que tout le monde avait fini par appeler “Mike” a mis un terme à près de 20 ans de carrière au plus haut niveau, avec 285 tournois joués sur le DP World tour et 119 sur le Challenge Tour.
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C’est en avril 2025 quant il réalise ne plus avoir la flamme et qu’il ressent le désir de tourner la page que MLV choisit de dire “stop“.
Une décision murement réfléchie après avoir connu de graves problèmes de santé mentale ces dernières années, le poussant à prendre du recul fin 2024. Suivi par le médecin du DP World Tour Andrew Murray, il reste éloigné plusieurs mois des fairways. Son retour réussi sur le circuit début 2025 à Dubaï n’aura finalement pas suffi à le décider à poursuivre.
Une ascension par étape
Au cours de sa riche carrière, Mike avoue n’avoir qu’un “gros” regret. Celui de ne pas avoir réussi à s’imposer dans un tournoi du DP World Tour. Pourtant le Basque a gouté très tôt au succès.
Dès sa première année complète sur le Challenge Tour, à 22 ans en 2007, il s’impose dans la Grande Finale en Italie et termine premier de l’ordre du mérite. Dans la foulée de sa promotion sur le grand circuit, il signe son premier top 10 sur l’European Tour en prenant la 9e place de l’Alfred Dunhill Championship à Leopard Creek.
Quelques mois plus tard, il termine deuxième de l’Open de Chine et enchaîne plusieurs bons résultats pour clore sa première saison dans l’élite à une honorable 108e place. La deuxième année est plus compliquée et le Français redescend quelques années à l’étage inférieur.
En 2015 il est de retour sur le DP World Tour et signe deux top 10, dont une belle 6e place à l’Open de France. Cette année-là est aussi terriblement douloureuse pour “Mike” qui apprend le décès de son père Urbano alors qu’il prend le départ de l’Omega European Masters.
Si en 2017 il réalise une belle saison avec 5 top 10, et notamment une 3e place à l’Open de France (son meilleur résultat à Paris), c’est en 2018 qu’il s’approche à nouveau d’un premier sacre dans l’élite.
Il termine deuxième de l’Open de Sicile et de retour à Crans, il est en tête du tournoi jusqu’à l’entame du dernier tiers du dernier tour. Un coup du sort sur le 14 l’oblige à se contenter de la troisième place à deux coups de Matt Fitzpatrick avec qui il partageait la dernière partie.
Inoubliable année 2019
A son apogée golfique, MLV réussit l’année suivante sa saison la plus aboutie. En mars au Qatar, il est de nouveau dans le coup pour la victoire mais le tricolore manque encore d’un rien la dernière marche en faisant un mauvais calcul au 18.
Il enchaîne avec une 5e place en Chine et une 2e place dans l’Andalucia Masters. Entre temps, il signe en mai son meilleur résultat en Majeur dans le PGA Championship à Bethpage !
Seul Français présent au départ, il boucle son premier tour en 68 et s’installe à la 4e place. Le leader et futur vainqueur est Brooks Koepka auteur d’une carte de 63.
Un peu moins à son avantage lors des deux tours suivants, “Mike” termine en beauté en battant à nouveau le redoutable parcours de Long Island et s’empare de la 16e place.
Après deux autres top 10, en Irlande et encore en Suisse, le Français se qualifie pour sa troisième finale de la Race consécutive à Dubaï où il va de nouveau frôler l’exploit.
En tête devant Rory McIloy, Jon Rahm et Tommy Fleetwood, au soir de la première journée grâce à une carte de 63, Lorenzo-Vera ne va plus quitter la dernière partie.
Lors du deuxième tour, il domine l’Irlandais du Nord. Dans le troisième acte, il signe encore un meilleur score que son partenaire du jour, l’Anglais Tommy Fleetwood. Et dans le 4e et dernier tour, il finit par s’incliner face à Jon Rahm non sans avoir démérité. Sa troisième place lui permet de finir la saison en beauté à la 19e place de la Race to Dubaï.
La santé avant tout
La suite est nettement moins “rose” pour le Français qui ressent les premiers symptômes de ses problèmes de santé mentale dans les années post-covid. Il doit repasser par les cartes fin 2022 pour garder son droit de jeu et ne parvient plus à tutoyer les sommets comme par le passé.
Il lutte contre les crises de panique, souffre d’angoisse et disparait logiquement du haut des classements. Une situation qui ne lui permet plus de se nourrir de la compétition avec le désir brûlant d’être le meilleur et qui le pousse à se tourner vers d’autres projets, à faire autre chose de sa vie.
Toute la rédaction de Golf Planète et ses lecteurs souhaitent le meilleur pour la suite à un Mike très ému au moment d’adresser un dernier au revoir aux spectateurs.