Nous y sommes… enfin ! Après un début de semaine animé par les parties d’entraînement, les conférences de presse, le dîner des Champions et le concours de par 3, place au jeu. Place à ce que le golf nous concocte de mieux. Comme de tradition, la lueur du petit matin nous a offert son moment très attendu : les « honorary starters » (les starters honoraires). Et les sourires légendaires de Gary Player, Jack Nicklaus et Tom Watson (11 Masters à eux trois). Et au chapitre des Légendes, c’est Rory McIlroy qui a le mieux négocier les parties du matin. Le tenant du titre, co-leader au recording en compagnie de Sam Burns, avec une carte de 67 (-5).
« Le parcours est dans un état tellement parfait et en si bonne santé que les organisateurs pourraient en faire un Masters où le vainqueur termine à −6 ou −7, avec cette météo parfaite. S’ils choisissent de rendre le parcours ferme et difficile… » Une prédiction de Jon Rahm (vainqueur en 2023), qui annonçait hier un parcours diabolique. Et Bryson DeChambeau d’ajouter : « Je m’attends à devoir putter très souvent à 15 mètres du drapeau ». Le décor est planté !
Il faut dire que la Géorgie a plutôt soif, tant la sécheresse s’est installée prématurément. Soleil, léger vent lors des deux premiers tours, et coup de chaud dimanche. Des greens secs, roulants, et si peu réceptifs…
En temps ordinaire, ce que l’on retient du Masters c’est le dernier putt du lauréat et la veste verte fièrement revêtue. Des images qui bien sûr font le tour de la planète. Mais nous, nous avons voulu honorer le premier birdie de cette 90e édition. Il fut l’œuvre du Japonais Naoyuki Kataoka qui a donc réussi ce premier birdie de cette édition sur le par 5 du 2, même si la suite fut catastrophique pour le vainqueur du Japan Open en octobre dernier. Et que dire du jeune soixantenaire Jose Maria Olazabal (roi d’Augusta en 1994 et 1999)… Chema, qui grâce à deux birdies sur ses trois premiers trous ,est resté tout en haut du leaderboard durant les trois premières heures de ce premier Majeur de la saison.
Ça c’est pour le « beau »… Mais dans un autre registre, l’Augusta National a été bien plus cruel avec Carlos Ortiz, l’un des dix pensionnaires du LIV Golf engagés dans cette 90e édition du Masters. Après seulement cinq trous joués, le Mexicain a affiché un terrible +7 avec deux doubles (au 2 et au 5) et trois bogeys.
En quelques lignes, voilà résumé ce qu’est ce parcours… des exploits, des anciens toujours aussi jeunes et des drames. Mais cela nous a bien sûr occupé… en attendant les cadors !
LE MASTERS 2026, C’EST PARTI 🔥
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Avec le tenant du titre pour débuter sur GOLF+ Rory McIlroy aux affaires ⛳️#PgaTour | #themasters pic.twitter.com/2dwbo5Y6Fk
Avec deux tee-times retenus par tous depuis l’annonce des départs de ce premier tour… 10h07 local (16h07 heures française) Bryson DeChambeau, quelque peu revanchard, et 10h31 à Augusta Rory McIlroy… Un décompte tellement attendu. L’Américain, véritable star en son pays, qui avait tant souffert face au Nord-Irlandais il y a un an. « J’ai envie de le détruire sur le parcours. Je l’ai battu à Pinehurst, il m’a battu ici mais j’espère qu’il y aura d’autres batailles parce que c’est bon pour le golf. »
Ambiance garantie… à deux parties seulement d’écart. Mais à Augusta, on voit tout, on ressent tout.
Sauf que les ambitions de Bryson ont été douchées ce jeudi. Le Nord-Irlandais est pour l’instant le meilleur.
Rory McIlroy donne rendez-vous
15 km/h de vent donc, avec quelques rafales à 30km/h, et un départ très solide de Rory McIlroy, flanqué de Cameron Young (le vainqueur du Players) et du vainqueur de l’U.S. Open amateur, Mason Howell (18 ans seulement). Le numéro 2 mondial poste une carte de 67 (-5) à un coup seulement de Jose Maria Olazabal (1995) et Jordan Spieth (2016) les tenants du titre à avoir scorer si bas (66 à -6) l’année suivante lors du 1er tour.
Rory McIlroy begins his title defense with a 67, tied for the first-round lead. #themasters pic.twitter.com/g0I7T4IKym
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Un Rory en costaud donc, avec un birdie au 3 suivi d’un bogey au 4, puis les pars qui s’enchaînent. Le tenant du titre qui a su accélérer au meilleur des moment avec deux birdies au 8 et au 9, pour une carte de -2 à l’issue de l’aller. Un Amen Corner tout en contrôle avec un birdie sur le par 5 du 13. Et Rory qui enchaîne avec deux nouveau birdies sur le 14 et le 15 (grâce à un putt d’une quizaine de mètres). Le putter, l’outil magique de ce premier tour.
« Un super début de semaine, évidemment. J’ai vraiment apprécié ma partie aujourd’hui. Le départ a été un peu chaotique. J’ai eu du mal à trouver le chemin du green sur les sept premiers trous, puis j’ai enchaîné de bons coups à partir du 8e trou. J’ai joué les 11 derniers trous à -5. Je me suis bien repris, même quand je manquais de fairway. J’essayais de me concentrer sur les approches du green et de compter sur mon petit jeu pour sauver le par et continuer. C’est essentiel sur ce parcours. J’ai su rester patient quand il le fallait. »
Rory McIlroy déjà focus sur ce vendredi… « Il me faudrait varier un peu plus mon jeu sur le fairway. Je vais jouer plus tard dans la journée, quand les greens sont les plus rapides et les plus fermes. Donc, encore une fois, il faudra être très attentif à l’emplacement du drapeau et veiller à placer la balle aux bons endroits sur les greens. »
Bryson DeChambeau, accompagné lui par Matthew Fitzpatrick (récent vainqueur du Valspar Championship) et de Xander Schauffele, a su lui très vite réagir après son bogey au 2 : birdie au 3, et hélas un putt d’un mètre manqué après avoir planté le drapeau du 4. Rien d’autre à signaler pour le joueur du LIV jusqu’au trou numéro 11. Un impensable triple bogey après trois catastrophiques sorties de bunker. Relégué à ce moment là au-delà de la 60e place, l’Américain a concédés deux nouveaux bogeys au 16 et au 18. Une première journée en 76 (+4) si loin de ses envies de laminer Rory McIlroy.
Nous avons vu ce jeudi du grand Sam Burns qui s’installe qui rivalise en tête du leaderboard provisoire. L’Américain, dont c’est la 6e apparition à Augusta, poste une super carte de 67 (4 birdies et un eagle au 2 pour un seul bogey). Son meilleur résultat à Augusta ? Une 29e en 2022 ! L’actuel 33e joueur mondial n’avait jusque-là jamais joué plus bas que 68. « On peut déjà voir à quel point les greens se sont asséchés depuis lundi. C’est un parcours tellement piégeux que l’on a pas envie de se prendre la tête et je veux juste essayer de jouer le meilleur coup possible. C’est un parcours sur lequel il ne faut surtout pas commencer à trop réfléchir. Les positions de drapeaux vous donnent l’envie d’être très agressif, mais le bogey arrive vite. Je veux juste remercier mon caddie car il m’empêche de prendre trop de risques. »
Patrick Reed sur sa lancée
Au chapitre des départs canon, Patrick Reed (Masters Champion 2018 et troisième en 2025) a brillé en enchaînant un birdie au 1 et un eagle au 2. Le leader incontesté de la Race tu Dubaï, irrésistible en ce début d’année (victoire au Hero Dubai Desert Classic et au Qatar Masters), a même enchaîné avec un nouvel eagle sur le par 5 du trou numéro 8 (égalant ainsi la performance de Max Homa quelques instants plus tôt). Il devient ainsi le deuxième joueur de l’Histoire à réaliser un eagle sur deux de ses 9 premiers trous de l’Augusta National. Le retour fut un peu plus délicat, avec des bogeys au 10 et au 15 (balle dans l’eau sur l’attaque de green). Une solide carte cependant de 69 (-3) qui prouve que l’Américain est toujours aussi à l’aise sur l’Augusta National.
With this putt on No. 8, Patrick Reed becomes the second player in Masters history to eagle two of his first nine holes of the Tournament. #themasters pic.twitter.com/YbVVPqmALW
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Auteur également d’une carte de 69 à -3 et seul leader à -4 après dix trous, Kurt Kitayama a craqué dès son entrée dans l’Amen Corner, comme beaucoup avant lui,. Bogey au 11 et double sur l’impitoyable par 3 du 12… Mais 3 birdies sur les 6 derniers trous le remettent dans le jeu avec une carte de 69 (-3). C’est le 3e Masters pour l’Américain d’origine japonaise (après 2023 et 2024), membre du PGA Tour, deux fois victorieux sur le Tour européen en 2018 (à Maurice) et en 2019 (à Oman). A -3 également Jason Day (4 birdies pour un seul bogey) s’annonce comme un sérieux client.
Scottie Scheffler, le jeune papa numéro 1 mondial, a lui aussi mis le tubo (eagle au 2, birdie au 3). -3 provisoire, tout comme Justin Rose, Ludvig Åberg et Aaron Rai.
Shane Lowry, auteur de 4 birdies à l’aller mais d’un double bogey sur le par 3 du 4, est lui sorti vainqueur de l’Amen Corner suite à un splendide eagle sur le par 5 du 13, grâce à une merveille de chip… Un carte de 70 (-2), et celui qui a permis à Team Europe de conserver la Ryder Cup en septembre dernier à Bethpage se positonnne comme un sérieux prétendant.
Le coup d’éclat de SHANE LOWRY 🔥
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L’Irlandais passe à -3 après 13 trous 🇮🇪#PgaTour | #themasters pic.twitter.com/UYOIzWyi6G
Longtemps dans les hauteurs du leaderboard, Jose Marie Olazabal a lui marqué le pas sur la fin de son 1er tour. Bogey au 14 et double sur le par 5 du 15 (un troisième coup dans l’eau). A 60 ans (depuis le 5 février dernier), l’Espagnol poste une carte de 74 (+2) et s’est de nouveau régalé sur ce parcours qu’il aime tant…
Parmi les « crashs du jour », on peut citer Aldrich Potgieter et le Japonais Kataoka 84 (+12). Pas vraiment mieux pour le Finlandais Sami Valimaki et le Mexicain Carlos Ortiz, qui ont chacun posté un douloureux 80 (+8). Vainqueur du Masters 2009, Angel Cabrera a lui joué 79 (+7). Ce jeudi a été également été compliqué pourt le Danois Rasmus Neergaard-Petersen, 77 (+5).
Le leaderboard provisoire

Photo : Jonathan DiMaggio / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP














