À un an de la Ryder Cup 2027 à Adare Manor, la course à la qualification vient à peine de commencer. Pourtant, lorsqu’on s’attarde sur les deux dernières équipes dirigées par Luke Donald, un constat saute aux yeux : onze joueurs étaient présents à Rome en 2023 comme à Bethpage en 2025. Difficile d’imaginer de grands bouleversements dans ce groupe qui a déjà prouvé sa robustesse. Les rares places qui pourraient se libérer vont donner lieu à une bataille féroce.
La qualification pour la Ryder Cup 2027 ne fait que commencer et, mathématiquement, personne n’a évidemment encore son billet pour Adare Manor.
Cependant, l’équipe de Luke Donald ne devrait pas être trop éloignée de celles qui se sont imposées à Rome en 2023 puis à New-York en 2025.
En deux éditions remportées par l’Europe, l’Anglais n’a en effet utilisé que 13 joueurs.
Onze d’entre eux ont donc participé aux deux dernières éditions :
Rory McIlroy, Jon Rahm, Tommy Fleetwood, Viktor Hovland, Ludvig Åberg, Tyrrell Hatton, Shane Lowry, Justin Rose, Robert MacIntyre, Matthew Fitzpatrick et Sepp Straka.
Entre Rome et New York, le seul véritable changement est intervenu au sein de la famille des frères jumeaux danois Højgaard : Nicolaï était présent en Italie en 2023, son frère Rasmus l’a remplacé dans l’équipe deux ans plus tard à Bethpage Black.
Un noyau dur extrêmement difficile à déloger
En 2027, l’Europe tentera à Adare Manor de remporter une troisième Ryder Cup consécutive. Luke Donald, reconduit à la tête de l’équipe, pourrait, lui, devenir le premier capitaine de l’histoire à en gagner trois de suite.
À condition évidemment que la forme, les blessures et les résultats suivent au cours des prochains mois, mais il est difficile aujourd’hui d’imaginer une équipe européenne sans la majeure partie de son noyau dur.
McIlroy, Rahm, Fleetwood, Hovland, Hatton et Lowry sont l’ADN de cette formation, tandis que Rose apporte une expérience considérable. On imagine mal Luke Donald ne pas faire appel à eux si par le plus grand des hasards il leur manque quelques points pour se qualifier automatiquement.
Åberg, MacIntyre, Matthew Fitzpatrick et Straka ont eux aussi désormais l’expérience de plusieurs campagnes.
Si sur le papier à un an de la rencontre, l’équipe, composée ainsi, aurait fière allure, le système de sélection n’interdit pas à un ou plusieurs joueurs de rebattre les cartes en prenant place dans les six qualifiés mathématiques au 22 août 2027. (Lire ici le système de qualification de l’équipe européenne >>)
Luke Donald disposera ensuite de six choix de capitaine, annoncés dans la semaine du 30 août 2027.
Joe Dean et Shane Lowry premiers de cordée
Qui pourra véritablement bousculer la hiérarchie en intégrant le groupe des qualifiés automatiques ?
C’est probablement là que se situe l’un des grands enjeux des douze prochains mois.
Alex Fitzpatrick, Kristoffer Reitan, Eugenio Chacarra et Aaron Rai ont certainement le plus d’arguments.
Les trois premiers étaient d’ailleurs présents au rassemblement organisé à Adare Manor par Luke Donald en amont du BMW PGA Championship. Seul Aaron Rai manquait à l’appel. Le vainqueur du PGA Championship à Aronimink avait une bonne raison.
Mais sa 2e place à Wentworth (ex aequo avec Rory McIlroy et l’Espagnol Manuel Elvira) plaide incontestablement en sa faveur. Une chose est sûre, ces trois là ont marqué de gros points dans la course à la qualification. Surtout Elvira, le petit frère de Nacho.
Squad preparations get underway in Ireland 📈 pic.twitter.com/IKSBOBhtCr
— Ryder Cup Europe (@RyderCupEurope) September 14, 2026
Ces « prétendants » ne seront évidemment pas les seuls.
La qualification automatique peut faire émerger un joueur en très grande forme et obliger Donald à modifier l’équilibre de son équipe. Un Européen remportant un Majeur ou accumulant les performances sur le PGA Tour pourrait rapidement devenir impossible à ignorer.
Joe Dean (56e au BMW PGA Championship) s’est imposé dans la première épreuve comptant pour le classement et Shane Lowry a triomphé chez lui en Irlande pour prendre les devants au ranking (il a fini 22e à Wentworth). Mais la route est encore longue et les résultats dans les Majeurs ou les “gros” tournois que sont les épreuves estampillées Rolex Series ou Signature Events seront prépondérants.
La force de la continuité
Luke Donald aura toutefois un élément que peu de capitaines européens ont possédé avant lui : un groupe qui se connaît presque par cœur.
Onze joueurs ont vécu ensemble Rome puis Bethpage. Ils connaissent le fonctionnement du capitaine, ses méthodes de préparation et, surtout, leurs partenaires potentiels en foursomes et en quatre-balles.
Dans une Ryder Cup où la complémentarité des paires peut compter presque autant que la forme individuelle, cette continuité représente un atout considérable.
Elle pourrait aussi compliquer sérieusement la tâche des nouveaux candidats.
Pour entrer dans cette équipe, il ne suffira peut-être pas d’être bon. Il faudra être suffisamment performant pour convaincre Luke Donald de se séparer d’un joueur avec lequel il a déjà remporté une, voire deux Ryder Cups.
Photo : Jared C. Tilton / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














