Après Rory McIlroy qui, dans un récent podcast, était revenu sur les excès du public new-yorkais pendant la Ryder Cup à Bethpage, c’est au tour d’une autre figure de l’équipe européenne, Jon Rahm, de donner quelques détails sur les abus verbaux dont les joueurs de Luke Donald ont été victimes.
Dans un podcast où il était entouré d’ex-stars du football anglais, Rory McIlroy avait expliqué récemment à quel point les insultes dont lui et ses proches avaient été victimes à Bethpage étaient allées loin. « Ils ont même insulté ma petite fille dans des termes que je ne peux pas répéter ici », avait détaillé le n°2 mondial, encore estomaqué par la violence verbale du public américain.
Bien sûr, l’équipe européenne était prévenue de ces possibles excès et avait même envisagé de ne pas faire venir à l’intérieur des cordes les compagnes et la famille des joueurs. « Tout le monde a tenu à venir finalement, l’essentiel était que ça n’affecte pas l’ambiance générale de l’équipe, notamment si un proche avait été vraiment touché et déstabilisé par ça », avait expliqué McIlroy, par ailleurs très critique envers Keegan Bradley qui, selon lui, « aurait pu en faire davantage » pour calmer les ardeurs des fans turbulents (euphémisme).
Dans un autre podcast dont il était l’invité de l’ancien joueur du PGA Tour, Colt Knost, Jon Rahm a, à son tour, pris la parole pour évoquer ces abus. Dans le détail, l’Espagnol a livré quelques insultes dont il a été une victime directe.
J’ai dit à Tyrrell de me crier dessus s’il perdait le contrôle de ses nerfs
« J’ai joué mes doubles avec Tyrrell (Hatton) et Sepp (Straka) qui, comme moi, sont en surpoids. On en a entendu de toutes les couleurs. « Gros tas, grosse dinde, ozempic (un médicament pour perdre du poids), traître, terroriste… Il s’en sont pris aussi à ma femme. Je savais que si je répondais à ça, j’allais sortir de mon jeu. Ça a été dur. Mais j’ai tenu. Même si le fait de jouer avec Tyrrell, qui est comme moi sur le LIV, a fait de nous des cibles privilégiées d’une certaine façon. »
Dans un registre plus amusant, Jon Rahm a reconnu avoir conseillé à Tyrrell Hatton, son partenaire de foursomes, de « me crier dessus s’il perdait le contrôle de ses nerfs » plutôt que de s’en prendre au public. « Avec Sepp, on s’est beaucoup amusés des insultes sur notre silhouette, a poursuivi le double vainqueur en Majeur. Parce que oui, on se disait, rien de nouveau à l’horizon, effectivement on n’a pas le ventre plat ! »
Deux personnes se sont engueulées à propos de moi, à deux mètres de moi, j’ai trouvé ça amusant…
Finalement, le Basque a raconté une anecdote qui dit tout du recul qu’il a réussi à avoir sur les événements.
« J’ai raté un coup au trou n°5 sur la gauche, et je me suis retrouvé avec mon caddie à prendre les distances au milieu de la foule. C’était brutal. Vous n’avez pas tellement envie d’être si près de ces gars-là. Il y en a un qui s’est approché tout près de moi et m’a lancé : « Sale traître !« . J’ai failli lui répondre : « Traître ? Envers qui ? Mais tu ne vois pas que je ne suis pas de ton pays ? » C’est à ce moment qu’une dame lui a lancé « pour cette somme d’argent là, j’y serais allée aussi moi ! » (sur le LIV) Et là, ils ont commencé à s’engueuler vertement à deux mètres de moi, pendant que je m’apprêtais à jouer. J’ai trouvé ça finalement amusant… »
Et pour définitivement clore ce chapitre Ryder Cup avec le sourire, Jon Rahm a évoqué la dernière journée où l’Europe a tremblé. Mais a gagné.
« On avait tellement rentré de putts, tellement bien joué les deux premiers jours. Ça a tourné dans l’autre sens. Et oui, pendant une heure, je me suis senti très mal, notamment après ma défaite contre Xander (Schauffele). J’ai même pensé à Medinah (la remontée fantastique de l’Europe) et le fait qu’ils allaient nous rendre la monnaie de la pièce. Mais ça s’est bien fini… »
Photo : Carl Recine / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP










