Hyper stratégique durant ce 4e tour, Patrick Reed a parfaitement géré ses quatre coups d’avance après 54 trous pour l’emporter à -14 (274), quatre longueurs devant l’Anglais Andy Sullivan. L’Américain pensionnaire du LIV Golf signe ici son premier succès sur le Tour européen depuis le WGC-Mexico Championship en 2020. Co-auteur de la carte du jour (69) malgré des conditions de jeu difficiles, Julien Guerrier, comme la semaine passée au Dubaï Invitational, termine 3e (-9) du Hero Dubaï Desert Classic et s’installe à la 5e place de la Race to Dubaï.
L.V.
Pour les amateurs de suspense et autres sensations fortes, ce n’était pas le dimanche idéal. On espérait en effet que l’avance de quatre coups à l’issue du 3e tour samedi de Patrick Reed au leaderboard allait être quelque peu malmenée par la concurrence. Hélas, il n’en fut rien.
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Chasseur n°1 et ancien vainqueur du Hero Dubaï Desert Classic en 2022, Viktor Hovland, alors troisième à cinq longueurs de l’Américain, a ainsi totalement explosé en plein vol concédant deux doubles bogeys sur les six premiers trous avant de finir avec un très difficile 76 (+4), soit onze coups de plus que la veille.
Patrick Reed has a four-shot lead with five to play 💪
— DP World Tour (@DPWorldTour) January 25, 2026
The American birdies the 13th as David Puig, his closest challenger, makes bogey. #HeroDubaiDesertClassic | #RolexSeries pic.twitter.com/U84m8UFn6E
Sur un Maljis Course de plus en plus exigeant en raison d’un vent qui s’est invité dans ce 4e et dernier tour, les coups d’éclats ont donc été plutôt rares. Une sacrée aubaine pour Patrick Reed qui a magistralement géré son matelas de points, bouclant son aller en +1 avec un bogey sur le par 3 du 4.
On a un instant pourtant cru que la tendance allait s’inverser lorsque David Puig, le partenaire de jeu du Texan, a aligné trois birdies consécutifs du 8 au 10, réduisant l’écart à deux coups mais le jeu de fers du jeune espagnol de 24 ans a subitement commencé à se dérégler sur le trous suivants, encaissant trois bogeys du 11 au 15.
David Puig’s perfect fade 😍#HeroDubaiDesertClassic | #RolexSeries pic.twitter.com/rsji6LfRZs
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Avec de nouveau quatre coups d’avance à trois trous de la fin, Patrick Reed, en mode gestionnaire de capital, a su maitriser la situation et un peu plus encore ses émotions, lui qui avait fini deuxième en janvier 2023 juste derrière Rory McIlroy. Avec une ultime carte de 72 (par), il l’emporte à -14 (274) devant l’Anglais Andy Sullivan (-10).
Après Fred Couples, Mark O’Meara, Tiger Woods (par deux fois) et Bryson DeChambeau, Reed est le cinquième golfeur américain à s’imposer sur l’un des plus prestigieux tournois du DP World Tour, premier Rolex Series de la saison.
Je savais que je devais maintenir l’accélérateur à fond parce qu’avec lui (David Puig), je sentais bien qu’il aurait eu l’avantage sur les derniers trous grâce à sa longueur.
Patrick Reed
« J’ai encore du mal à réaliser, souligne le lauréat 2026. Aujourd’hui, c’était beaucoup plus difficile que prévu. Mais je m’y attendais. Je n’arrivais tout simplement pas à trouver mon rythme sur les neuf premiers trous. J’ai beaucoup appris de ce tour. Au lieu d’attaquer d’entrée de jeu, j’ai essayé de préserver mon avance de quatre coups, et puis, comme par magie, David (Puig) a enchaîné avec des birdies aux trous 8 et 9 et réduit l’écart à deux coups. Même Kess (Ndlr, Kairan, son beau-frère et caddie) a dit : « Hé, maintenant c’est une vraie bataille. Allez, on y va ! Joue sous le par sur le retour, personne ne te battra. » Nous avons réussi ce birdie au 13 pour passer à -1 et il m’a fait un cadeau en faisant un bogey. A partir de là, il suffisait de toucher les fairways, les greens et de ne faire aucune erreur. »
« Quand on a quatre coups d’avance et qu’il reste deux trous, c’est bien plus agréable, ajoute le vainqueur du Masters 2018. Mais vu la puissance de frappe de David, surtout sa longueur de drive, c’était encore loin d’être gagné. Je savais que je devais maintenir l’accélérateur à fond parce qu’avec lui, je sentais bien qu’il aurait eu l’avantage sur les derniers trous grâce à sa longueur. Mais tout s’est finalement bien terminé. »
Un pactole pour payer les amendes
Cette victoire, certainement la plus importante depuis celle au Farmers Insurance Open le 31 janvier 2021 (sa dernière sur le PGA Tour avant de rejoindre le LIV Golf), va aussi lui permettre d’engranger 1,53 million de dollars. Une somme rondelette qui va justement l’aider à payer ses amendes à venir auprès du DP World Tour en prenant part aux tournois du LIV Golf 2026. Un pactole estimé à 1,5 million de dollars.
Deuxième au club-house après avoir posté la meilleure carte du jour (69), Julien Guerrier accroche seul à l’arrivée la troisième place du tournoi, offrant ici à la France son meilleur résultat dans ce tournoi XXL, David Puig écopant finalement de deux coups de pénalité sur le par 5 du 18. Un clan tricolore qui place aussi Martin Couvra dans le top 10 (10e à -6). Pour une première à l’Emirates Golf Club, c’est clairement une réussite.
J’ai envie de revenir ici toutes les semaines jouer ce tournoi. J’ai attendu longtemps pour le jouer.
Martin Couvra au micro de Canal+
« Je suis super fier de ma semaine, c’est mon meilleur résultat en Rolex Series, rappelle au micro de nos confrères de Canal + le jeune golfeur azuréen, 23 ans. J’ai envie de revenir ici toutes les semaines jouer ce tournoi. J’ai attendu longtemps pour le jouer. Et en plus, en partageant cette dernière partie avec Julien (Guerrier), c’était vraiment cool. »
Le naufrage des stars
On retiendra aussi dans cette édition 2026 le « naufrage » général des stars de la semaine, à commencer par Rory McIlroy. Le Nord-Irlandais, lâché par son putting, signe une 33e place à -2 avec un dernier tour bouclé en 73 (+1), soit sa plus mauvaise prestation depuis son cut manqué en 2008. Il était alors encore amateur à l’époque. Jamais depuis sa 10e place en 2011, il avait terminé au-delà du top 10.
Outre la 14e place de Viktor Hovland (-5), Shane Lowry n’a pu faire mieux que 26e à -3 avec aucun tour dans les 60. C’est juste un peu mieux que le champion sortant, Tyrrell Hatton, qui finit au même niveau que McIroy. Les héros de Bethpage étaient visiblement fatigués à l’image de Tommy Fleetwood, 41e à -1 malgré un joli sursaut ce dimanche avec son 69.
Le leaderboard
Le leaderboard des autres Français
Photo : Warren Little / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP








