Hommage à Denis Lalanne : trois amis journalistes témoignent dans Golf Planète

9 décembre 2019

Pour rendre hommage à Denis Lalanne, nous avons demandé à trois journalistes de nous offrir quelques lignes en guise d’adieu à leur ami.

Voici les textes émouvants de Pierre-Michel Bonnot, de Nicolas Jeanneau et de Denis Machenaud :

UN LIÈVRE MAJUSCULE

Par Pierre-Michel Bonnot, journaliste à l’Équipe

Quand un gamin demandait à Denis Lalanne, ce qu’il fallait pour devenir reporter sportif, il répondait, amical « il faut du bol, voilà tout »

Mais pour être Denis Lalanne il fallait bien plus que cela.

Pour avoir eu le bol immense de marcher à sa suite, un jour enchanté d’avril 1997, à la découverte d’Augusta National, du petit coin de tribune d’où les reporters ont le privilège de ne rien rater des drames de « l’Amen Corner » jusqu’au dernier casier aux trésors de la cave des membres, jalousement gardée par un grand black de sommelier qui l’appelait « Deniss », on peut attester de la confraternité de terrain sans chichis du phare du journalisme sportif français.

Mais son vrai tour de force c’est d’avoir inspiré des générations de jeunes confrères sans jamais donner la leçon.

Ne croyant pas plus aux écoles de journalisme que Michel Bouquet à celles du théâtre, il précisait d’ailleurs dans « Trois balles dans la peau » (l’autobiographie qui retrace sa longue passion pour le golf – « jeu féodal et de plein vent qui fait couler la bière et le pure Malt » –  le rugby et le tennis) «pour ma  part, je ne voudrais jamais apprendre le job à un autre. J’aurais trop peur, avec le virus, de lui refiler mes manies, de le troubler dans ses propres dispositions, sa trempe personnelle.»

Sauf qu’être embauché à « L’Équipe » c’était se retrouver naturellement placé en bas d’une échelle de valeurs littéraires au sommet de laquelle trônait Denis Lalanne, Pierre Chagny et, un peu plus haut encore, Antoine Blondin, sorte de Bon Dieu de la littérature sportive posé sur un petit nuage aux teintes anisées.

Et comme si ça n’était pas assez compliqué comme cela, il fallait en prime tâcher de se montrer pertinent techniquement, neutre en toutes circonstances, objectif si cela se trouve et pince sans rire par-dessus le marché.

Qu’on ajoute que Denis Lalanne possédait un sens inné du titre qui accroche l’œil sans le blesser et d’inépuisables réserves d’indignation pour voler au secours des causes perdues et vous aurez compris qu’il fallait bien toute une carrière pour tenter de rattraper un jour ce lièvre majuscule. Sans espoir sérieux d’y parvenir, mais avec l’immense fierté d’avoir foulé la même piste que lui.

 

 

LE PARFUM D’HERBE FRAÎCHE D’UN VIEUX FRÈRE

Par Nicolas Jeanneau

Des trois balles qui lui sont entrées dans la peau (« Trois Balles dans la peau », le titre, formidable, de son avant-dernier livre, qui fit monter les larmes aux yeux d’un de nos vieux complices, Serge Laget, grand historien du sport et chroniqueur pourtant blanchi sous le harnais), je ne parlerai que de celle que je connais le moins mal : cette petite cochonnerie blanche et alvéolée, à l’origine de tant de tourments, d’épisodes dépressifs dominicaux, certifiée conforme par le vénérable Royal and Ancient, gardien des lois du jeu, lorsqu’elle atteint les 1.68 inches de circonférence.

Comme beaucoup d’adolescents, la lecture de L’Équipe m’aura bien plus stimulé et ouvert au monde que les vapeurs de la Bovary ou les malheurs du Père Goriot.

Je devins un fidèle lecteur du quotidien sportif à une époque, où, pratiquant déjà pas mal de sports, je débutais le golf.

Je vous parle d’un temps, etc, etc. On connaît la chanson…

D’une époque où l’un des plus fameux licenciés de la Fédération française de golf, homme politique ayant souffert un temps d’un slice très prononcé (compensé sur les derniers trous du retour par un peu de draw) investit enfin un palais de l’Élysée qu’il allait vite considérer comme un 19e trou personnel, et qui n’aurait pour rien sacrifié à ses habitudes de privatisation du golf de Saint-Cloud pour sa partie hebdomadaire. 

Autant dire que je ne suis plus un perdreau de l’année…

Sportif, assidu lecteur de L’Équipe, mordu de golf : très vite, je pris l’habitude d’attaquer mon quotidien favori par le papier du jour de Denis Lalanne, qu’importe que celui-ci traite de tennis ou de rugby (disciplines qui me passionnaient moins que le foot ou le golf, mais que je ne dédaignais pas, loin s’en faut).

Je n’étais pas le seul à sacrifier à ce rituel. La confrérie des aficionados de Lalanne était large. On y trouvait des gens très bien. Jacques Chaban-Delmas par exemple, familier lui aussi des ors de la République et golfeur passionné, comme son copain François M. (le fameux licencié élyséen de la FFGolf susmentionné), mais sportif bien plus accompli et émérite, ne démarrait, paraît-il, aucune de ses journées sans avoir parcouru l’article du grand Denis en écalant son œuf coque…

Mais foin des souvenirs d’enfance, de L’Équipe, qui végètent désormais en deuxième division, du groupe des républicains golfeurs, revenons à nos moutons, à ces bergers plutôt, ou ces princes c’est selon, princes des fers et des bois, et surtout, à leur plus admirable chantre.

Une affaire de géographie

Dès son entrée à L’Équipe, à la fin de l’année 1954, Denis Lalanne s’y voit confier la responsabilité des rubriques rugby, tennis et golf. Une belle promotion pour un jeune reporter de 28 ans, « monté » quelques années plus tôt de son Béarn et passé par le Figaro.

Bien entendu, de pareilles attributions et une appétence évidente pour des jeux estampillés british, alors réservés à une élite, lui valent une réputation – injustifiée, car il est issu d’un milieu modeste – de petit prince, d’aristo du Faubourg-Montmartre.

D’Artagnan, Rastignac, Tintin Reporter ? Qu’importe, l’avenir immédiat, c’est ce bail signé avec L’Équipe de Jacques Goddet, dont il fera, avec son copain Antoine Blondin et quelques autres (on pense aux frères Meyer, à Pierre Chany, Robert Parienté, Henri Garcia, Jean-Philippe Rethacker, Max Urbini, liste non exhaustive), les grands jours, et dont il ne se doute sûrement pas, en cette veille de la Noël 1954, qu’il va se prolonger quarante années durant.

Le golf, noble et ancien jeu, ne pouvait qu’être soluble dans le sang de ce natif de Pau, ville qui, rappelons-le à nos plus jeunes lecteurs, vit aussi naître Henri IV et le premier links du continent européen, en 1856 (« Poule au Pau, Pau Golf Club », sur l’air de Marabout…).

Une affaire de géographie, donc, mais aussi de tempérament. Le golf n’est-il pas l’une des seules disciplines où le joueur s’arbitre lui-même ? Où l’on se voit contraint de se dominer et d’écoper, sans mot dire, son Titanic personnel à la petite cuillère (le fameux coup de spoon). Où le spectateur des grandes épreuves s’offre, comme ses champions préférés, un peu d’exercice durant la compétition. Autant d’éléments et de vertus qui ne pouvaient que séduire l’authentique sportsman qu’était Denis.

Un si beau compliment

Si celui-ci a toujours avoué une tendresse particulière pour le rugby, au point d’être élevé, bien avant Roger Couderc, au rang de seizième homme du XV de France, si ses jugements, au plus près des courts centraux de Roland Garros, Wimbledon, ou Forest Hills, faisaient autorité dès que revenait la saison du blanc, c’est pourtant le golf qui lui vaudra, de la part d’un de ses fidèles lecteurs, le plus beau des compliments qu’il ait, à l’en croire, jamais reçu : « Je ne connais rien à ce jeu. Mais quand je vous lis, je sens l’herbe. »

Magnifique formule, on en conviendra, et fulgurant résumé de son œuvre.

Denis Lalanne n’eut en effet pas son pareil pour transmettre le parfum de l’herbe fraîchement coupée des fairways, au matin d’un premier ou d’un dernier tour de Majeur. Pimentant un scénario dont il n’était évidemment pas l’auteur principal, mais dont il percevait avec une grande sensibilité toute la dramatique, il en rehaussait les dialogues, y apportait sa patte, son style et une belle dose de bonne humeur.  

Il était finalement un metteur en scène de génie, et même l’homme-orchestre de la comédie ou la tragédie des quatrièmes tours : un peu chef op’, un peu preneur de son et même, parfois, acteur ou figurant. Un sens unique du cadrage (et du débordement…) faisait de ses productions quotidiennes de petits chefs-d’œuvre qui enflammaient les imaginations et firent naître bien des vocations.

« C’est non seulement cela que je veux faire, mais comme cela que je veux écrire », ai-je dû me dire un jour, comme tant d’autres, en repliant L’Équipe (le quotidien avait alors la taille d’un fier étendard). Mais se forger ce même esprit, cette même attitude devant le jeu, pareille maîtrise de l’écriture, demandent des heures et des heures de practice…

La belle passe au lecteur

Quoiqu’il en soit, pour tout apprenti golfeur, golf et globe-trotter, lecteur de Lalanne, découvrant un beau jour « le décor biblique d’un links écossais, un premier matin du monde », posant ses Footjoy sur le Swilken Bridge, griffant les rochers du phare de Turnberry, ou affranchissant une carte de Troon avec le fameux « Postage Stamp » au recto d’une enveloppe « premier jour », une seule et même impression : non celle d’avoir déjà participé au pèlerinage dans une vie antérieure, mais de s’être, grâce à Lalanne, offert quelques séances de repérages. Ce qui facilite, dès lors, la fonte dans le décor.    

Le Grand Chelem de golf tenait un chroniqueur à sa démesure. Son Retz (jamais ensablé dans la trappe d’un pot bunker), son Saint-Simon (petit frère d’Andrew et George), ou son Chateaubriand (sauce béarnaise, cela va de soi).  

« Pas de belles lettres sans l’exigence d’une belle passe à son lecteur », répétait-t-il.

Et, question belles lettres, l’ami Denis savait de quoi il parlait, je peux en témoigner, étant aussi expert sur le sujet qu’en matière de mêlée fermée, de passing de revers long de ligne ou de follow-through.

Je conserve un souvenir ébloui de déjeuners au restaurant de Chiberta ou du Phare, de quelques monologues de feu, attisés au médoc, de conversations aussi roulantes que des greens d’Augusta National la deuxième semaine d’avril : on pouvait subitement quitter la Vallée du pêché de Saint Andrews et les supposés ennuis de santé de Tom Watson au dernier tour de l’Open britannique 1984, pour le Sigmaringen halluciné de Louis-Ferdinand Céline (d’un château, d’un club-house l’autre…) ou la Scala de Milan, tant appréciée par son cher Stendhal.

« Ladies and Gentlemen, now, on the tee, Mrs. Destouches, Watson, Ballesteros et Stendhal, pour un quatre Beyle meilleur Beyle…  Et, patron, sans vous commander, remettez-nous cela, tout cela nous donne grand soif ! »

Denis Lalanne ou le journalisme de papier, d’encre, de cigarettes, de l’avant-dernière tournée, et pour en revenir encore à l’esprit et aux lettres, de cape et d’épée, d’Artagnan et Aramis croisant le fer 7 avant d’affronter, réunis et solidaires, les gardes du Cardinal (Les Trois mousquetaires, autre quatre balles d’anthologie).  

De Hogan à Tiger Woods

« Je n’étais qu’une éponge », répétait-t-il aussi. Qui absorbait avec un égal plaisir un verre de chasse-spleen ou les traits d’esprits et de bravoure des champions. Et de quelques bidons aussi, comme ce preux Chevalier Von Citters, une légende du côté de Biarritz, ne se dégustant qu’à la cuillère de bois, dans la lumière du Phare…  

Ah Dieu sait là s’il en avait croisé, des cadors, des épées, la crème de la crème, des « dont on reparle dans cet ans », l’ami Denis : entrant dans la carrière au moment où Ben Hogan atteignait le sommet. Forgeant son expérience de la compétition au contact du grand triumvirat Nicklaus, Palmer, Player. Témoignant des grandioses et poignants mano a mano Nicklaus-Watson des années 70. De l’arrivée en fanfare dans l’arène d’un jeune torero, plein de Seve, drapé de cashmere bleu, au regard de fauve. De la première victoire européenne en Ryder Cup (Belfry, 1985). Côtoyant la génération dorée du golf européen (Faldo, Langer, Woosnam). Nous faisant un peu mieux connaître les Miller, Trevino, Floyd, Greg Norman. Et entrer dans l’intimité du grand Jean Garaialde et de la Tsarine Catherine Lacoste, ce qui lui fut aisé pour cette dernière, son papa René étant déjà une connaissance de longue date, comme l’autre mousquetaire Borotra…

Enfin, sur l’un des derniers greens en régulation pris dans sa carrière, Denis finira par croiser Tiger Woods.

Une  autre époque s’ouvre alors. Celle du golf « deux points zéro ». Pas la plus divertissante ni la plus conforme aux traditions qu’il chérissait tant. « Ce dimanche du printemps 1997 où Tiger endossa sa première veste verte, m’avait-il raconté, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que le monde du golf venait de changer. Les pontes de chez Nike paradaient au club-house d’Augusta, on les congratulait comme s’ils venaient eux-mêmes de gagner le Masters. On respirait les relents du  »big business ». Une certaine vulgarité avait fait irruption dans l’ancienne floralie. »

« Gross Kapital » sans-frontièriste dans un univers à la Margaret Mitchell. Vent nouveau emportant encore quelques morceaux du paradis imaginé, bâti et enraciné par l’ incomparable champion du Jazz Age Bobby Jones.

« Et puis surtout, poursuivait, que de boniments entendus une fois rentré en France, proférés par nos nouveaux experts autoproclamés du jeu, le mythe répandu du pauvre Noir prenant sa revanche dans un bastion du Sud, ou du plus grand joueur de tous les temps, cette nouvelle marotte enrichissant le café du commerce qu’est devenue notre profession. Mais quelles fadaises ! Quelle bêtise ! Quelles vues basses ! Et encore n’avait-on pas touché le fond. Remarque bien qu’il ne faudrait pas attendre longtemps. On en a encore entendu des gratinées après l’improbable cagade de Van de Velde à Carnoustie ! »

Souvenirs et Regrets

Augusta encore… C’était reparti, et on ne buvait à vrai dire pas que ses paroles.

Des souvenirs des « lunches » s’étirant dans la lumière, si belle, d’un après-midi de printemps du Grand Sud. Ces piratages en règle de la cave d’Augusta National, exceptionnelle aux dires de notre camarade suisse Philippe Hermann qui a lui aussi roulé sa bosse sur le circuit : premiers crus classés de bordeaux à la carte pour une poignée de dollars, le club-house finalement rendu à sa vocation première première d’abreuvoir (10 sous le par à 17 heures, 10 sous le bar à 23…) ! Abreuvoir où finissent d’ailleurs souvent les cowboys après le duel dans les westerns spaghetti (de Vicenzo) popularisés par Sergio Leone. Le genre cinématographique qui s’apparente le mieux finalement à cette dramatique souvent irrespirable qu’est le back nine d’un Majeur le dimanche…

Augusta encore et toujours. Et ce regret de ne pas avoir pu croiser la route de l’immense Bobby Jones, le champion des champions. Mais comme Denis aimait à le répéter, et comme il nous l’a appris, le jeu doit rester et restera toujours (du moins dans le cas du golf) plus grand que le plus grands des joueurs.

L’esprit et l’attitude devant le jeu : Bobby Jones a d’ailleurs eu des mots définitifs sur ce sujet.

A l’un de ses très grands maîtres, on demanda un jour ce qui faisait le sel de L’Open. Tom Watson (« Toomy » pour ses intimes Highlanders), cinq fois vainqueur de l’épreuve (et même, tenez, cinq fois et demi) n’y alla pas par quatre chemins pour délivrer sa vérité sur L’épreuve (THE Open nom de nom !) :

« The People, the texture, the very smell of golf and tradition ».

Des histoires d’hommes, des ambiances particulières, un esprit, les traditions…

N’est-ce pas avec tous ces ingrédients que Denis Lalanne faisait son miel, sa gelée royale ?

« Old Sport »

Et les parfums ! On n’oublie pas, bien entendu, les parfums, de cette herbe finement tondue du départ des Tigres (tous les Tigres). Des harengs d’un Bed and Breakfast des Hautes Terres aux premières heures du jour de l’Open.

On les voit déjà arriver au départ, nos mauvais coucheurs modernistes : pfeu, »cartes postales jaunies », « old school »… Messieurs, il serait de bon ton d’apprendre à lire, avant d’écrire : car ce sont dans les vieux pots que s’est pissée la meilleure copie.

Old School ? Old Sport ?

Et plutôt deux fois qu’une, même !

« Old Sport » façon Gatsby le Magnifique, l’apostrophe que le héros malheureux de Scott Fitzgerald ne cesse de lancer au narrateur, Nick Carraway et qui donne « Vieux frère » dans sa version française…

Lors de l’un de nos plus récents échanges, nous devisions Denis et moi, des mérites comparés d’Hemingway et de Fitzgerald. A Denis, croyais-je, le vieil homme de « Papa Hem », à moi, le swing naturel de Scott et son sacré Gatsby, ce mythique roman, où, signalons-le, s’ébroue, vampirisée par « Fitz’ », une championne de golf, cette Miss Baker à la réputation peu reluisante (le golf, prétexte à une entrée dans le club-house littéraire : encore et toujours la passe, la transmission, les belles lettres, l’esprit, l’attitude…).

Oui, Denis, mon ami, j’ai l’orgueil de vous considérer comme mon Old Sport*, un vieux frère, et un père dans ce métier qui n’en est plus un, salopé par les salisseurs de mémoires.

En tout cas, l’un des derniers nababs du sport écrit (« les images, on les avait dans la tête Nicolas ! »), du journalisme de l’encre et du papier, de la clope au bec et de la dernière tournée. Un maître de la littérature sportive d’avant la grande lessive, d’avant l’inculture, d’avant le libéralisme extravagant.

Quand on savait encore reconnaître et transmettre le doux parfum d’herbe fraîche.

« Et le Vieil Homme entra dans un Long Hiver »…

Abrazo, Old Sport.

* D’anciens « papilloneurs » des lignes arrières du Racing, champions de France en 1990, ainsi qu’un ancien vainqueur de Roland Garros et de la Coupe Davis, l’ont affublé eux d’un autre surnom : « Le Dab’. Puiser du côté de Gabin plutôt que chez Gastby : et pourquoi pas ?

PS : je prends le risque d’une sévère pénalité pour jeu lent, tant pis, mais je m’aperçois, en relisant ces lignes, que je n’ai fait nulle part mention du Long Dimanche à la campagne , premier essai – transformé par Denis – d’un roman français entièrement consacré au golf, à quelques-uns de ses « chiens verts et de ses fils de pute », solistes tentant de décrocher un fauteuil dans le grand orchestre du circuit européen. Livre âgé d’une petite trentaine d’années, resté aussi vert que sa couverture, mais malheureusement aussi épuisé que mes quelques lecteurs présentement. Un bouquin éclaboussé de soleils espagnols et georgiens, d’une humeur splendide, assombrie ce qu’il faut par les nuages écossais et parsemé de quelques recettes de Spaghetti sauce Vincenzo. Transmises, comme il se doit, par un vieux mentor basque au jeune Sébastien, figure de Prou de ce roman à clés, peuplé de figures pas si étrangères que cela (un Marco Lary aussi princier que son inspirateur). On croise même un jeune espoir répondant même au doux nom de François France ! Ce Long Dimanche à la campagne, rare comme deux birdies consécutifs un dimanche de pluie, se doit toutefois d’être déniché et lu. De l’aveu même de son auteur, ce volume n’a durant un moment pas quitté la table de chevet d’un certain Fabien Galthié, garçon très à son affaire quand il est question de plaisir de la passe…

Photos : Alain de Chantérac

 

 

UN HOMME BIENVEILLANT 

Par Denis Machenaud, ancien rédacteur en chef de France Golf

Denis Lalanne restera une des plumes  sportives les plus agréables à lire : souvent inspirée, toujours fraîche et musicale . J’ai pu le vérifier à de nombreuses reprises, non seulement en lisant sa prose sur le rugby et le tennis dans « L’Équipe » mais aussi dans les colonnes du  magazine France Golf où il eut longtemps sa chronique .

 

Parmi les belles rencontres qu’il m’a été donné de faire, il y a eu celle d’un journaliste américain, Loran Smith, originaire de Géorgie, et spécialiste de football américain et de golf .. J’eus le plaisir de lui présenter Denis lors d’une édition du Masters. Très vite, les deux compères, avec l’élégance qui les caractérisait, furent très proches et ne se quittèrent plus. Je pense d’ailleurs qu’ils y ont été pour beaucoup dans le jumelage entre le prestigieux golf d’Augusta et celui du Phare à  Biarritz .

 

Denis aimait particulièrement le bon vin. Ce fut d’ailleurs souvent un bon moyen pour moi de le remercier de ses « papiers » toujours vivants qu’il livrait parfaitement à l’heure à la rédaction du magazine. Ainsi, le nectar du château Latour n’eut rapidement plus de secrets pour lui. Denis était un vrai amateur de bons vins …

 

Par contre, je ne l’ai pas vu souvent pousser la chansonnette, sauf à l’Open des Rugbymen organisé par son fidèle ami Robert Paparemborde dans son fief de La Boulie. Après moult verres, Denis se levait et, de sa voix profonde, murmurait les paroles du « Métèque », la fameuse chanson de Georges Moustaki .

 

Denis était un homme bienveillant, toujours heureux de vivre et qui a rendu heureux toute une génération de sportifs, qu’ils soient rugbymen, tennismen ou golfeurs . Ce n’est pas rien !

 

 

 

 

Mots-clés :
Denis Lalanne
Dans la même catégorie
perez abu dhabi video
19 janvier 2020

Victor Perez : « Un gros week-end ! »

Retour en images sur la fantastique dernière journée de Victor Perez à Abu Dhabi. La réaction du Français au micro de l’European Tour qui est […]

westwood european tour abu dhabi
19 janvier 2020

Abu Dhabi : La victoire pour Lee Westwood, le podium pour Victor Perez !

L’Anglais Lee Westwood a remporté dimanche à Abu Dhabi sa 25e victoire sur l’European Tour en devançant de deux coups le Français Victor Perez et […]

19 janvier 2020

Vidéo : Le final ébouriffant de Victor Perez à Abu Dhabi

Victor Perez signe la carte du jour. Un 63 qui lui permet de monter sur la 2e marche du podium dès le premier tournoi de […]

19 janvier 2020

Seniors : à Jiménez le premier titre de l’année devant Els, Couples et Goosen

À Hualalai sur la grande île de Hawaï, l’Espagnol Miguel  Angel Jiménez a enlevé le premier titre senior de la saison PGA après avoir battu […]

19 janvier 2020

PGA : Scheffler et Landry prennent le large

Scottie Scheffler et Andrew Landry s’élanceront dimanche sur le Stadium Course avec 4 coups d’avance sur leur principal poursuivant Rickie Fowler   Joueur de l’année […]

18 janvier 2020

LPGA : Céline Boutier dans le top 5 à quatre coups de Inbee Park

Au tournoi des Célébrités qui se joue cette semaine en Floride à Buena Vista, Céline Boutier a de nouveau joué 69 au troisième tour et […]

martin kaymer
18 janvier 2020

Martin Kaymer bientôt de retour au sommet ?

Auteur d’un très bon tournoi à Abu Dhabi sur un parcours où il s’est imposé 3 fois par le passé – il a terminé à […]

ABU DHABI Championship desert swing
18 janvier 2020

Présentation du Desert Swing, le véritable coup d’envoi de la saison de l’European Tour

Les trois tournois de la péninsule arabique au mois de janvier marquent traditionnellement la rentrée pour les ténors du circuit européen. Cette année n’échappe pas […]

fowler laquinta
18 janvier 2020

PGA Tour : Fowler en tête, Finau sur ses talons

À -15 Rickie Fowler partage la tête avec Scottie Scheffler le vainqueur du classement final du Korn Ferry Tour l’an dernier   5e du tournoi […]

18 janvier 2020

Le golf National parmi les 100 meilleurs du monde selon Golf Digest

Voilà une entrée qui mérite d’être soulignée : Golf Digest, le magazine américain qui n’est pas mauvais joueur après la Ryder Cup, vient de classer […]

17 janvier 2020

LPGA : Boutier reste au contact

Grâce à un départ tonitruant récompensé par 2 birdies et un trou en 1 Céline Boutier a pris la tête provisoire du tournoi à mi […]

fowler caddy
17 janvier 2020

Video : Rickie Fowler se déguise en caddy pour piéger des amateurs !

Pour faire la promotion du Farmers Insurance Open le tournoi de la semaine prochaine à Torrey Pines sur le circuit américain sponsorisé par la compagnie […]

17 janvier 2020

En 2021 à Saint-Andrews, ouverture de la plus grande bibliothèque consacrée au golf

Voilà une bonne nouvelle qui va réjouir les férus d’histoire du golf et les amoureux de littérature. Alastair Johnston, vice-président de IMG et collectionneur hors […]

fowler-pga
17 janvier 2020

PGA Tour : Fowler en embuscade

Auteur d’un 65 sur le tracé du La Quinta Country Club Rickie Fowler, qui fait son retour dans ce tournoi après 6 ans d’absence, pointe […]

handigolf trou en 1 pga
17 janvier 2020

Vidéo : Un handigolfeur avec un bras signe un trou en 1 sur le PGA Tour

Né avec un seul bras Laurent Hurtubise est un habitué du pro-am de l’American Express et jeudi dans le 1er tour ce gaucher handigolfeur a […]

17 janvier 2020

LPGA : Céline Boutier dans le top 5

La Française de 26 ans a bien débuté sa 3e saison sur le circuit américain en rendant une carte de -5 synonyme de 5e place […]

16 janvier 2020

Korn Ferry : Tommy Gainey, de l’enfer au paradis

On a reparlé de Tommy Gainey cette semaine, mais en meilleurs termes qu’il y a peu. Souvenez-vous, Gainey c’était une des 124 personnes arrêtés début […]

veyret red sea egyptian pro golf tour
16 janvier 2020

Première victoire pro pour Victor Veyret

Le Français Victor Veyret aurait difficilement pu rêver d’un meilleur début de carrière. En s’imposant dès le premier trou de barrage le golfeur de 22 […]

Koepka dechambeau trophees instagram
16 janvier 2020

Koepka clashe DeChambeau sur Instagram

Chambré par Bryson DeChambeau qui affirmait sur sa plateforme de jeux en réseau que Brooks Koepka n’avait pas d’abdominaux, le numéro 1 mondial a réagi […]

16 janvier 2020

Le monde du golf se mobilise pour aider l’Australie

Plusieurs circuits et instances internationales ont promis de soutenir les personnes touchées par les incendies dévastateurs en Australie en versant de l’argent à l’Australian Golf […]