Puisqu’il est encore temps de se pencher sur les bonnes résolutions pour l’année 2026, Golf Planète vous propose un nouveau rendez-vous autour d’une notion malheureusement parfois oubliée par les pratiquants de golf : l’étiquette. Un mot un peu obscur qui regroupe un ensemble d’usages qui ne figurent pas tous dans le livre des règles du R&A. On démarre ce dossier par une question que vous vous êtes peut-être posée. Mais pourquoi est-il mal vu de marcher sur la ligne de putt d’un partenaire de jeu ?
La scène avait beaucoup fait parler : Scottie Scheffler, le n°1 mondial en personne, avait marché sur la ligne de putt de son co-compétiteur, Cameron Smith lors des playoffs de la FedEx Cup 2022. Le joueur australien, en partance sur le LIV, avait été sidéré. La toile s’était un peu enflammée, certains osant dire que le geste de l’Américain était peut-être volontaire.
Il ne s’agissait-il là que d’une distraction de Scottie Scheffler, frustré d’avoir manqué un putt. Mais sur le moment, la réaction de Cameron Smith montrait déjà que ce genre de ‘mauvais comportement’ était complètement inattendu.
Plus près de nous, lors de la dernière Ryder Cup, un incident avait opposé Justin Rose et le caddie de Bryson DeChambeau. Le joueur anglais reprochait au « looper » de tenir le drapeau tout près de lui, presque dans l’axe de sa lecture de putting. Une petite échauffourée verbale avait évidemment été amplifiée par la tension de la Ryder Cup.
Cet épisode montre bien aussi que pour tout joueur, qu’il soit un champion reconnu ou un amateur du dimanche, la ligne de putt est un terrain sacré. Un espace personnel. Que les autres ne doivent pas empiéter.
Peu ou pas d’impact physique, mais une gêne symbolique
Pour comprendre pourquoi marcher sur la ligne de putt d’un joueur déclenche autant d’émois, il faut revenir sur cette notion si intangible et pourtant essentielle du golf : l’étiquette. Le golf, plus que tout autre sport, s’appuie sur un ensemble d’usages qui ne figurent pas tous dans le livre des règles. L’étiquette n’est pas écrite, mais elle est facile à déchiffrer.
Ne pas marcher dans la ligne d’un joueur en est l’un des chapitres les plus importants. Pourtant ce délit mineur, quand il se produit, n’a que rarement un impact réel sur la trajectoire d’un putt. Notamment sur les greens du PGA Tour capables a priori d’encaisser les pas du monde entier. Sur les parcours de France et de Navarre, souvent plus souples, la question pourrait se poser avec un peu plus de sérieux, mais le fond reste le même : la gêne provoquée n’est pas physique, elle est symbolique.
Ce qui est en jeu, au fond, ce n’est pas le résultat du putt, mais le pacte tacite qui unit les joueurs. Lorsque l’on serre la main d’un co-compétiteur au départ du 1, on ne se souhaite pas seulement une bonne partie : on valide une sorte de contrat moral. Chacun promet d’offrir aux autres l’espace mental nécessaire à ce qu’il puisse jouer dans les meilleures conditions. Ainsi, on ne commente pas leur backswing, on ne fouille pas dans son sac juste avant leur chip, et donc on s’abstient de traverser la zone de jeu qu’ils examinent. Le respect d’un joueur pour un autre commence souvent par ces détails minuscules.
L’espace mental de l’autre à respecter
Alors bien sûr, il y a parfois des circonstances où l’on peut se laisser aller. Marcher sur la ligne de putt d’un autre en partie amicale, la belle affaire n’est-ce pas ? On vous arrête tout de suite, c’est non. Sur un terrain de golf, l’éducation ne s’arrête pas à l’importance de l’enjeu. Le golf est un sport de petits gestes : un mot d’encouragement, un silence respectueux après la mésaventure d’un autre joueur, un pitch relevé, un bunker bien ratissé, tout à son importance.
Si vous avez marché sur la ligne de quelqu’un, il aura tort de vous dire qu’il a manqué ce putt de 5 mètres à cause vous. Mais il aura raison de ne pas avoir apprécié votre distraction. On ne perturbe pas l’espace mental d’un partenaire, adversaire, ami. Ces détails d’étiquette disent bien plus du joueur que vous êtes que votre score du jour.
Photo : Harry How / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP




