Menacés d’extinction par l’arrivée des hybrides et la tolérance des drivers, les bois de parcours se rebiffent grâce à une facilité supérieure intacte et une longueur accrue obtenue à moindre coût.
Les bois de parcours ont vu leurs rangs diminuer dans les sacs depuis quelques années, en raison notamment de l’apparition des hybrides. « En dehors des joueurs qui ont une peur viscérale des hybrides, la plupart des gens jouent peu de bois », constate Yan Massonnat, qui a été « clubmaker » sur le circuit européen pour Cleveland.
Les bois de parcours n’ont pourtant pas la même utilité ni les mêmes avantages. En raison de la taille et de la profondeur de leurs têtes, qui inspirent plus confiance à la majorité des golfeurs, le « sweet spot », le moment d’inertie et donc la tolérance des bois sont plus importants que ceux des hybrides.
Fred Couples has 6 woods in his bag.
— PGA TOUR (@PGATOUR) December 20, 2024
Tiger’s reaction to his clubs is priceless 😂 pic.twitter.com/dTOUBNx860
Faites preuve d’ouverture
Situé plus bas et plus loin de la face, leur centre de gravité leur permet de lever la balle plus facilement, même à ouverture égale. Ils produisent donc des balles portées, synonymes de longueur, et permettent de remplacer le driver quand celui-ci est en panne ou sur des trous étroits, d’atteindre des greens sur de longs par 3 ou des par 5, de les toucher même quand ceux-ci sont durs.
C’est ce qui explique que les pros commencent aussi à jouer plus de bois de parcours. « Et pourtant, ils jouent des clubs aux têtes plus petites, parfois plus fermées, qui produisent des balles plus basses que les modèles standard, poursuit celui qui est pro au Golf d’Henri Chapelle (Belgique). En plus, il est plus facile de faire des balles basses avec un club ouvert un jour où il y a du vent, que de faire des balles hautes avec un club fermé pour passer de l’eau. »
Remplacer un bois par un hybride est une erreur, car les bois sont toujours un avantage en longueur et il faut donc avoir les deux dans son sac.
Yan Massonnat
La semelle plus large des bois, leur manche plus long et leur « lie » plus « flat », permettent en outre d’avoir un angle d’attaque plus horizontal, ce qui est plus avantageux qu’un hybride pour les joueurs moyens, qui jouent beaucoup par-dessus.
Pour obtenir la même longueur avec un hybride qu’avec remplacer un bois, il faut jouer un club plus fermé, ce qui se traduit forcément par une perte en facilité et en tolérance. « Remplacer un bois par un hybride est une erreur, car les bois sont toujours un avantage en longueur et il faut donc avoir les deux dans son sac. »
Or de nombreux amateurs ont des hybrides et des bois dont les ouvertures leur permettent de produire la même distance (hybride 2 et bois 5, 3 et bois 7, 5 et bois 9). Mieux vaut utiliser les hybrides pour remplacer les longs fers, ce pour quoi ils ont été conçus…
Plus longs, plus faciles et plus tolérants que les hybrides
A loft égal, les bois de parcours procurent en effet plus de distance que les hybrides. Cet avantage en longueur est d’autant plus important que les bois de parcours commencent à approcher la limite légale de COR (coefficient de restitution), ce qui a même incité certains joueurs professionnels à abandonner les bois 3 fermés (souvent 13° au lieu de 15°) et même parfois adopter des bois 4 à la place.
« Il faut avoir un minimum de vitesse pour voir une différence notable de longueur entre un bois 3 et un bois 5, le premier étant plus difficile à jouer et lever », précise Yan Massonnat. Faites donc attention, au moment de choisir un modèle, à ne pas acheter un bois 5 aussi long que votre bois 3 ou un bois 3 aussi long que votre bon vieux driver…
Lorsque les gens ont découvert que Dustin Johnson en utilisait un, cela a permis de lever une grande partie des préjugés et des hésitations.
Chris Marchini, de la chaîne de magasins Golf Galaxy
Et ce n’est pas un hasard si de nombreux pros jouent encore ou ont remis dans leurs sacs des bois 5 et même des bois 7 ! Et pas seulement quand ils deviennent vieux, puisque Ludvig Aberg (photo) ou Scottie Scheffler en utilisent.
« Lorsque les gens ont découvert que Dustin Johnson en jouait un, cela a permis de lever une grande partie des préjugés et des hésitations, expliquait Chris Marchini, responsable de l’expérience golfique pour la chaîne de magasins Golf Galaxy, dans Golf Digest. Cela a permis d’ouvrir le dialogue avec beaucoup de nos clients. »
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Aussi précis que votre driver ?!
Cela ne remet pas en cause l’utilité des drivers, qui eux-mêmes ont contribué à la disparition des bois de parcours de par une tolérance et une distance accrues. Car malgré leur loft supérieur à celui du driver, mini drivers compris, les bois de parcours ne sont pas forcément plus précis que ceux-ci.
Les tests menés par bunkered.co.uk semblent confirmer que jouer un bois plutôt qu’un driver au départ n’est pas forcément plus sûr, et ce quel que soit son niveau. Ce n’est intéressant que dans des cas très rares, expliquent-ils : si vous savez, grâce aux données, que vous êtes vraiment meilleur avec un bois 3 entre les mains et que vous ne perdez pas beaucoup de distance en le tapant ; si vous vous trouvez sur un trou où votre driver risque de vous causer des problèmes, en raison par exemple d’un hors-limite, une pièce d’eau ou un dogleg.
Il faut toujours avoir au moins un bois 5 ou 7 dans son sac.
Yan Massonnat
Cela rejoint le discours de certaines marques comme Callaway Golf : pour expliquer pourquoi la marque s’est focalisée sur l’amélioration de la vitesse de la balle pour sa nouvelle gamme Quantum, le responsable de la stratégie produits, Zack Oakley, constate que « statistiquement, la distance est deux fois plus déterminante que la précision dans les coups gagnés au drive (Strokes Gained Driving) » : 65% pour la longueur, contre 35% pour la précision.
Jouer un bois n’est donc pas forcément moins risqué au départ, mais il faut quand même en avoir pour certains trous et certains coups. « Les gens ne se servent pas toujours des bois quand ils devraient le faire, constate Yan Massonnat. Il faut toujours avoir au moins un bois 5 ou 7 dans son sac. »
Photo : Ross Kinnaird/ Getty Images via AFP





