Une chronique de Philippe Palli

La saga Vagliano (2 / 3 ) : Barbara Allen Vagliano 1897-1950

17 octobre 2021
Barbara Vagliano et Simone Lacoste

Une chronique Histoire du Golf par Philippe Palli       (contact : ph.palli@orange.fr)

 

Barbara Frances Allen épouse Vagliano est née en France à Pau, le 16 février 1897 de parents américains, Frederick Hobbes Allen (1858-1937) et Adele Livinsgton  » Daisy » Stevens (1864-1939).

Son père est avocat. Sa spécialité : conseiller en droit international auprès des banques américaines et étrangères. Durant plusieurs années, la famille Allen n’a cessé de faire des allers et retours entre les États-Unis et l’Europe, et plus précisément entre Pelham Manor, proche de New-York, et Paris où les Allen séjournent. Durant cette période, les enfants y sont scolarisés. Ce n’est pas seulement le travail qui les amène en Europe. La sœur et la mère de son épouse vivent en France.

Frances Gallatin Stevens (1868-1956), la tante de Barbara, est l’épouse du comte Charles de Galliffet (1860-1905) dont le frère Marius, a été membre du comité du Pau-Golf-Club. Veuve en 1905, Frances Stevens se remarie en 1914 avec le comte Maurice des Monstiers de Mérinville

Quant à la grand-mère de Barbara, Adèle Sampson (1841-1912), riche héritière et divorcée de Frederick William Stevens, elle avait épousé en secondes noces, Maurice de Talleyrand-Périgord, duc de Dino (1843-1917). Leur mariage en janvier 1887 avait choqué la bonne société parisienne de l’époque.

 


Chez les Allen, droit et politique sont les voies prédestinées des hommes de la famille


Maire de Pelham Manor (New-York) de 1904 à 1906, Fredérick Allen, le père de Barbara, est un démocrate. Il a été président du comité du comté démocrate pour le comté de Westchester (New-York) et membre du Comité des Finances National Démocratique.

Elisha Allen, le grand-père, a été consul des États-Unis à Honolulu et ministre plénipotentiaire du Royaume d’Hawaï de 1856 à son décès en 1883. Quant à l’arrière-grand-père, Samuel Clesson Allen, avocat, il avait commencé une carrière politique en 1806. Il a été membre de la Chambre des représentants des États-Unis du Massachusetts de 1817 à 1829.

La famille Allen durant la 1ère guerre mondiale

Le 6 avril 1917, les États-Unis entre en guerre. Lt-Commander de la Naval Reserve Flying Corps, Frederick Allen intègre les services du Général Pershing dès le mois d’août.  

Julian, le jeune frère de Barbara, n’a pas attendu 1917 pour s’engager. Parfaitement bilingues, tous les enfants Allen parlent français comme des Français ; Julian, né le 8 avril 1900, n’avait que 15 ans lorsqu’il rejoint l’American Field Service (AFS), organisme humanitaire, qui a été créé dès 1914 par de jeunes étudiants américains qui s’étaient portés volontaires pour secourir les blessés sur les champs de bataille. Ils officiaient au côté de l’armée française jusqu’à l’entrée en guerre de leur pays en 1917.

Pour intégrer l’AFS comme bénévole, il fallait être âgé de 17 ans minimum. Bâti comme un roc, Julian n’a hésité à mentir sur son âge. En novembre, il quitte Paris avec l’unité AFS SSU 4 pour la Lorraine et un an plus tard, en novembre 1916, Julian est blessé près de Verdun. Hospitalisé, son âge réel est découvert et il est contraint de retourner aux États-Unis.

Le 26 mai 1917, ayant cette fois-ci l’âge requis, « The Kid Chauffeur » tel est son surnom, reprend du service en tant que chef de section de la SSU 29 qui vient d’être créée. Début août, un éclat d’obus le blesse au genou. Après cette blessure, Julian n’est pas retourné à l’AFS.

Il a été décoré à 2 reprises de la Croix de Guerre, pour héroïsme en 1916 et bravoure en 1917.

 

Barbara, décorée Croix de Guerre

En 1918, c’est au tour de Barbara d’être engagée volontaire. Elle rejoint le CARD, Comité Américain pour les Régions Dévastées créé par Anne Morgan (1873 -1952).

Chef du département automobile du Comité, Barbara et autres engagées conduisent des véhicules de cantine, des ambulances et à l’occasion des véhicules pour évacuer les troupes.

Durant l’été 1918, l’ambulance de Barbara nommée The Jack Rabbit est endommagée par des attaques d’artillerie. Plus de peur que de mal, personne à bord n’est touché.

Pour services effectués auprès des troupes entre juin et juillet à Château Thierry et lors de la bataille du bois Belleau « Belleau Wood « , pour les Américains, Barbara Allen a été décorée personnellement de la  Croix de Guerre le 25 mars 1919 par le Maréchal Pétain. C’est une des toutes premières Américaines à recevoir cette distinction. En 1940, elle choisira le général de Gaulle.

Pour plus d’information sur le CARD et Anne Morgan, il convient de se rendre au musée franco-américain de Blérancourt, à 15 km de Noyon.

Barbara et André Marino, le coup de foudre

Fiancée à Francis Inman Amory Jr de Boston, Barbara rompt les fiançailles et épouse neuf mois plus tard André Marino Vagliano.

Le mariage est célébré dans l’intimité en l’église de Pelham Manor, en raison du décès récent de sa sœur, Mary Dorothy Adele Allen.

Après avoir passé l’été à Newport, le jeune couple est retourné à Paris en début d’automne. En avril de l’année suivante, naissait Dorothée, Dottie pour la famille. En 1922, Sonia le second enfant du couple, voit le jour. Par elle, va naître le surnom de sa sœur aînée, Lally.

Un troisième enfant, Alexandre Andréas, rejoint la jeune famille Vagliano en 1927.


Barbara Vagliano, la golfeuse


Dans un article consacré à l’International de France Dames 1925, le quotidien Excelsior indique que la franco-américaine était déjà une bonne joueuse aux USA sous le nom de Barbara Allen. Cette année-là, à Chantilly, Bee s’était inclinée en demi-finale face à la star américaine Glenna Collett qui remportera également le championnat français.

Après la naissance de ses enfants, Bee s’était remise plus sérieusement au golf.

Française par son mariage, Barbara fait partie des meilleures joueuses nationales.
Elle remporte la coupe Gaveau en 1931 et 1937. Vainqueur de la Coupe Vilmorin en 1932 et 1935, elle a été finaliste de l’International de France Dames et du National Dames en 1931.

Elle a remporté à trois reprises l’International de France Doubles Dames : en 1931 associée à Janine Gaveau-Munier, en 1934 avec Aline de Gunzburg et en 1936 avec Mme J. Florand.

À Deauville, associé à Georges Huet, le duo atteint la finale de la Thion de la Chaume 1932 : ils sont battus 7 et 6 par Simone Lacoste et André Marino Vagliano.

Entre 1930 et 1950, Barbara Vagliano va aussi s’investir avec enthousiasme dans le rôle de capitaine de l’équipe de France Dames tout comme Simone Lacoste qui la seconde ou la remplace dans ce rôle si nécessaire.

Les premières grandes rencontres par équipes Dames

D’après le magazine Golf Illustrated d’avril 1928, l’idée de créer une rencontre internationale de golf par équipes Dames remonte à 1924 avec l’Écossaise Dorothy Campbell Hurd. Première star du golf féminin international « vainqueur du British, de l’US et du Canadian Ladies Championship », elle en avait été l’ambassadrice.

En juillet 1927, l’Américaine Fanny C. Osgood relance l’idée. La Présidente du Women Eastern Golf Association arrive auprès des représentantes européennes avec une coupe au nom de Curtis. Offerte par les championnes américaines Harriot et Margaret Curtis, la coupe gravée de l’inscription suivante,  » To stimulate friendly rivalry among the women golfers of many lands » doterait dès 1928, le 1er grand match international féminin par équipes.
Celui-ci  se jouerait entre 4 pays, les États-Unis, le Canada, la Grande Bretagne et la France. Les prémices d’un championnat du Monde !

Après avoir vu Miss Macfarlane, secrétaire du Ladies Golf Union, Fanny C. Osgood a eu un rendez-vous avec la seule interlocutrice du golf féminin en France, Pauline de Vilmorin. Le projet est reçu avec enthousiasme mais, côté français il est jugé un peu compliqué et couteux.

1927, c’est la 1ère traversée de l’Atlantique par Charles Lindbergh à bord de son Spirit St Louis : donc, pour participer à un championnat outre-Atlantique, c’est voyage en bateau obligatoire. La durée totale voyage + séjour pour 1 seul tournoi représente une absence d’un mois. Pour les Françaises, qui dépendent du bon vouloir de leur mari, de leurs parents ou de l’Union des Golfs de France, ce n’est ni évident ni donné !

En 1930, la star américaine Glenna Collett, se charge de relancer le projet Curtis Cup auprès des françaises et des britanniques. La rencontre France-USA à Saint Germain en est la raison. Malheureusement, la France ne peut toujours pas se joindre au projet. La Curtis Cup va finalement doter, et dote toujours depuis 1932, la rencontre États-Unis / Grande Bretagne.

En attendant un jour futur, les premières rencontres par équipes entre Pays d’Europe vont se mettre en place dont le France – Angleterre, doté dès 1931 de la coupe Vagliano.

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Le Comité des Dames de la FFGolf

Le golf féminin français n’étant pas structuré comme il peut l’être outre-Manche ou outre-Atlantique, c’est bien dans le but de promouvoir et d’organiser l’avenir du golf féminin français que Barbara Vagliano et Pauline de Vilmorin ont mis en place au sein de l’Union des Golfs de France, le Comité des Dames qu’elles vont présider ensemble.

Le comité s’occupant, entre autres, de la gestion du handicap des joueuses de 1ère série, il est aussi à l’origine de quelques épreuves nationales et internationales, telles que la Golfer’s et la Vilmorin en 1929, la Gaveau, la Saint Germain, la Vagliano etc… Dans les années futures, ce comité deviendra la commission féminine. Depuis 1983, un trophée porte son nom et dote une épreuve par équipes.

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1931, La 1ère Coupe Vagliano

Doté d’un trophée offert par Mr et Mme André Vagliano, la première Vagliano se joue près de Londres à Oxhey en 1931.

Absentes pour maternité et future maternité, Pauline de Vilmorin et Manette Le Blan devenue Mme Robert Thion de la Chaume, ne peuvent pas prendre part à cette grande première.

L’équipe de France Dames est représentée par : Barbara Vagliano en tant que capitaine et joueuse, Nicole Décugis, Simone Lacoste, Janine Gaveau-Munier, Monique Pétin, Mesdames Aublin, Monier et Waddel.

Sur 9 matches, composés de 3 foursomes et de 6 simples, l’équipe de France a, au mieux, égalisé un match. 

À son retour, dans la revue « Le Sport Universel Illustré » du 24 octobre 1931, Simone Lacoste confie : « Dès notre arrivée à Oxhey, notre confiance avait été ébranlée par l’impossibilité que nous éprouvions à atteindre en deux coups toute une série de greens qui n’étaient point hors de portée du second de la plupart de nos adversaires……Ce premier match international, s’il ne fut pas un succès sportif pour le golf français, préparera la voie, je l’espère, à des matches plus disputés ».

En 1934 à Chantilly, l’exploit aurait eu lieu pour l’équipe française si Diana Fishwick, la British Ladies Champion 1930, n’avait pas enfilé un très long putt au dernier trou pour permettre à l’Angleterre de décrocher un match nul entre les deux pays. 


Période 1939 – 1945 : De Gaulle et Buchenwald


En 1939, Barbara a sous son capitanat ses deux filles. Lally réalise à 18 ans, le doublé Coupe et Championnat de France. Quant à Sonia, la fille cadette, elle remporte la coupe Esmond et fait son entrée en équipe de France Dames.

En septembre 1939, la guerre éclate. L’activité golf s’arrête. En décembre, Lally épouse Jacques Rafelis de Saint Sauveur appelé sous les drapeaux.

En juin 1940, Sonia ne cache pas à ses parents qu’elle a du mal avec la couleur vert de gris. Paris est devenue une ville déserte où ne circulent que les véhicules de l’armée d’Hitler et où défilent ses unités au pas de l’oie. Dès que Sonia les aperçoit, elle enrage intérieurement.

En août 1940, Pauline de Vilmorin, première grande championne française et co-présidente du Comité des Dames, décède de la diphtérie dans le sud de la France.

Le 11 novembre, lors d’une manifestation d’étudiants qui insultaient l’occupant, Sonia est arrêtée, relâchée et fichée. Depuis la fin de l’été 1940, sa grand-mère Vagliano, la première golfeuse de la famille et qui vit dans la maison, disait tout haut que de Gaulle était l’espoir de la France. Sonia n’a plus qu’une envie, celle de rejoindre le général à Londres afin de participer à la lutte. En attendant, elle pointe toutes les semaines au commissariat du quartier ce qui inquiète ses parents. Sonia, quant à elle, trouve cette contrainte plutôt flatteuse.

André Marino craint aussi pour son épouse Barbara. Il est persuadé que l’Amérique entrera en guerre. Américaine, Barbara serait loin d’être à l’abri en restant en France. Fin janvier, Barbara et Sonia quittent la France par le dernier train de rapatriés de nationalité américaine. Destination Lisbonne où elles prennent un bateau pour New-York.

Barbara, engagée volontaire durant la première guerre, va encourager et aider Sonia dans son projet de rejoindre les Forces Françaises Libres. Fin 1942, la jeune femme signe son engagement mais celui-ci n’est pas transmis comme prévu. Au printemps 1943, Sonia entre comme secrétaire au bureau Forces Françaises Libres de la Cinquième Avenue. Début août, l’ordre arrive enfin et quinze jours après, elle quitte New-York pour Londres.

Dès son arrivée, elle s’inscrit à l’examen d’entrée à l’école d’officiers de liaison. Elle en sort sous-lieutenant. Affectée à la Mission militaire de liaison administrative, elle est envoyée pour s’occuper des camps de réfugiés dans le sillage des Alliés.

Au fur et à mesure de la libération de la France, Sonia et ses camarades établissent des postes de secours. Après le débarquement des Alliés, elle est envoyée en Normandie puis elle rejoint Paris où elle passe quelques heures avec son père et Lally avant de prendre la route le lendemain pour le nord de la France. Elle poursuit sa mission en Belgique puis en Allemagne à Weimar.

Elle y rencontre le colonel Lewis. Celui-ci, qu’elle savait antialcoolique de profession, lui propose en signe de bienvenue, du whisky, champagne, dry martini, vodka…Sonia est stupéfaite. Voilà 30 ans qu’il n’a pas bu une goutte d’alcool. Il boit son whisky, qu’il ne trouve pas bon mais il espère que cela fera du bien.

Sur un ton solennel, il annonce à Sonia :

– J’ai une affectation très pénible à vous proposer.

– Comment cela ? La guerre est presque finie pour nous ; à moins que vous ne m’envoyiez dans la zone russe ?

– Non. A Buchenwald.

– Buchenwald ? Mais c’est un camp de concentration !

-C’est juste. J’en reviens. C’est pour cela qu’il me fallait un whisky ; et cela autant pour m’en remettre que pour vous y envoyer……

– Colonel, puisque vous y êtes allé cet après-midi, racontez moi.

– Je ne peux pas, répond le colonel, c’est effroyable, pire que tout ce que l’on peut imaginer.

Le lendemain matin, Sonia est la première femme officier à pénétrer avec les libérateurs dans le camp de Buchenwald. Après une visite guidée par un ancien détenu, Sonia a mal partout. Comme si j’avais été rouée de coups, dit-elle. Le capitaine Bell qui l’accompagnait lui prend le bras et lui dit : « Le général Patton a eu un malaise ici, et ce n’est pas un mollasson. Alors ne craignez pas d’en faire autant ».

J’ai recueilli les infos de cette période dans le livre de mémoires écrit par Sonia Eloy-Vagliano (Prix Saint Simon 1982) : « Les demoiselles de Gaulle 1943-1945« ,  qui retrace les années durant lesquelles Sonia a servi la France comme engagée volontaire dans les Forces Françaises Libres.

Officier des FFL, Sonia a reçu la Croix de guerre, la Légion d’honneur à titre militaire et la Bronze Star Medal (US).

Ce livre, que je conseille, a été traduit en anglais sous le titre « Lieutenant Sonia Vagliano, A memoire of the World War II refugee crisis ».

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Le golf féminin français d’après-guerre


Après la guerre, les compétitions reprennent progressivement. Parmi les meilleures joueuses, on trouve toujours Lally, mais aussi Yvonne le Quellec, Christiane Binoche, Cécile de Rothschild, Jacqueline Carpentier devenue Mme Sudreau, Monique Fay devenue Mme Paul, Sonia Vagliano devenue Mme Eloy et parmi les nouvelles venues en équipe de France, la provençale Mikou Caillol.

En 1949, Mikou et Sonia ont remporté la coupe St Germain, International de France doubles dames, en battant Lally et Jacqueline Alvarez.

1950, une année de joie et de peine

Parmi les joies, la magnifique victoire de Lally au British Ladies, après Simone Thion de la Chaume et Manette Le Blan.

Et parmi les peines, le décès de la championne nationale et internationale de France Janine Gaveau mais aussi, celui de Barbara Vagliano.

En compagnie de son mari et un de leur gendre, Barbara est victime le 30 décembre, d’un accident de voiture en Touraine. André Vagliano et son gendre s’en tirent avec quelques blessures alors que Barbara, grièvement blessée, décède le 31 décembre à la clinique Saint Grégoire de Saint Symphorien près de Tours.

Le 4 janvier 1951, Barbara Allen est enterrée au cimetière de Garches dans le caveau familial des Vagliano.    

Extrait de  » Les Demoiselles de Gaulle » par Sonia Vagliano : Ma mère est exceptionnelle. Elle comprend tout ; ma sœur, mon jeune frère et moi l’adorons. Souvent, elle semble avoir notre âge mais, en même temps, elle se montre très rigide sur les principes et plutôt sévère.

1951, Tennis & Golf, Simone Lacoste : « Avec la modestie et la douceur qui la caractérisaient, elle sut prendre une grande influence sur toutes les joueuses de l’équipe qu’elle aimait à appeler : ses filles.

Elle fit, avec Pauline de Vilmorin, du golf féminin français  un vrai sport ».

Philippe Palli

Troisième et dernière partie de La Saga Vagliano la semaine prochaine

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