Malgré un Returning Member Program calibré pour attirer des figures comme Jon Rahm, Bryson DeChambeau ou Cameron Smith, les contraintes juridiques et financières, ainsi que l’absence de voie claire pour d’autres joueurs ne laissent pas présager un exode massif du LIV au profit du PGA Tour.
Pensé pour faciliter le retour de quelques stars du LIV Golf comme Brooks Koepka, le Returning Member Program du PGA Tour nourrit l’espoir d’un effet domino.
Des voix sur SiriusXM PGA TOUR Radio appellent ainsi de leurs voeux la possibilité que ce programme crée une dynamique qui pourrait en entraîner d’autres, jusqu’à fragiliser durablement le LIV.
J’espère que cela ouvrira la voie à un nouvel exode du LIV Golf, un circuit qui n’est rien d’autre qu’un bras armé de l’État saoudien.
Brandel Chamblee
« J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les responsables du PGA Tour, et je pense que la sanction financière qu’ils ont infligée à Brooks Koepka à son retour, bien que substantielle et sans précédent dans l’histoire du sport, est néanmoins appropriée, a commenté Brandel Chamblee sur X. J’espère que cela ouvrira la voie à un nouvel exode du LIV Golf, un circuit qui n’est rien d’autre qu’un bras armé de l’État saoudien. »
Mais à ce stade, tout indique que l’équilibre des forces ne va pas basculer du jour au lendemain.
Un Rahm coincé… mais qui reste sur le LIV
Les journalistes de Fried Egg Golf résument parfaitement le casse-tête de Jon Rahm face à cette nouvelle porte entrouverte : « Cela met certainement Rahm dans une situation délicate, écrivent-ils. Il a accepté l’argent du LIV en pensant qu’il serait le moteur de l’unification des deux circuits. Son retour sur le PGA Tour reviendrait à admettre qu’il a choisi le camp des perdants. »
Entre des centaines de millions à honorer, une probable bataille juridique avec le LIV et une image à préserver, l’Espagnol n’a, pour l’instant, aucune raison de bouger. Ten Golf souligne d’ailleurs que d’après toutes ses sources (généralement fiables), il n’a aucune intention de quitter le LIV.
Le cas DeChambeau
Même s’il a laissé planer le doute sur son avenir sur le LIV, pour Bryson DeChambeau le dilemme est différent. Il a déjà touché une partie considérable de sa prime de signature versée par le LIV, et il a avoué être frustré de ne pas contrôler l’intégralité de ses réseaux sociaux. Reviendrait-il sur le circuit contre la garantie de pouvoir continuer à créer son propre contenu ? Rien n’est moins sûr.
Cameron Smith se trouve dans une situation proche : contrat massif, statut de star et sécurité sportive et financière quasi totale, alors que le PGA Tour mettrait des conditions sévères à tout retour.
Les « oubliés » du Returning Member Program
En réalité, les joueurs les plus exposés sont ceux que le Returning Member Program ne couvre pas, et non des moindres : à commencer par Phil Mickelson et Dustin Johnson, dont les victoires en Majeur remontent à avant 2022.
Mais ce ne sont pas les seuls à se retrouver dans une zone grise comparable : « Si vous êtes Tyrell Hatton, Patrick Reed ou Joaquin Neimann, vous ne voulez pas vous retrouver coincé dans une ligue insignifiante où vous avez peu de chances de gagner des points au classement mondial parce que les joueurs sont trop faibles. Ils pourraient bien être les grands perdants dans cette affaire », ajoute Fried Egg Golf.
En l’état, le PGA Tour a certes ouvert un couloir VIP pour quelques champions récents, mais le verrou financier et contractuel côté LIV, combiné au manque de voie claire pour toute une frange de joueurs, laisse penser que le « grand exode » espéré par le PGA Tour devrait rester limité.
Photo : Pedro Salado/LIV Golf






