De moins en moins utilisés sur les circuits professionnels et notamment sur le PGA Tour, les putters lames seraient pourtant plus efficaces quand ils sont dans les mains des joueurs amateurs, selon une étude récente. Quel modèle faut-il privilégier selon son niveau ? On a essayé d’en savoir plus.
Le phénomène n’est pas nouveau sur le PGA Tour. Les putters lames se font de plus en plus rares. Dimanche dernier, on a failli assister au triomphe d’un modèle lame, celui utilisé par Matthew Fitzpatrick ou l’Odyssey Ai-One #1 de Ludvig Åberg, longtemps seul en tête du Players.
Si le Suédois a craqué, c’est davantage avec son grand jeu que sur les greens. Qu’importe, les ‘lames’ ne gagnent presque plus au plus haut niveau, même si Hideki Matsuyama (qui change régulièrement de modèle de Scotty Cameron) a failli faire mentir la statistique en février dernier à Phoenix et que Patrick Reed (Scotty Cameron Tour Rat 1.5 Proto) a brillé de mille feux avec cet outil lors des premiers tournois de la saison 2026 sur le DP World Tour.
En dehors du Suédois et des deux anciens vainqueurs du Masters, les “top players” qui utilisent encore sur les greens un modèle lame sont très rares. On peut ajouter Jordan Spieth (Scotty Cameron 009 Tour Prototyp) et les LIVers Joaquin Niemann (Ping PLD Anser Putter) et Anthony Kim (Titleist-Scotty Cameron Fastback).
Plus de contrôle de vitesse pour le maillet, moins de direction aléatoire pour la lame
Pourquoi cette érosion au profit des modèles maillets ou semi-maillets, à l’image des putters choisis par les deux meilleurs joueurs du monde, Scottie Scheffler ( TaylorMade Spider Tour X L-Neck) et Rory McIlroy (Spider Tour X) ?
La raison est selon le spécialiste putting, Antoine Schwartz, liée au MOI (moment d’inertie) des deux modèles. « La forme maillet à un MOI (résistance du club à la rotation autour de son axe lorsque la balle est frappée) supérieur à celui de la lame. C’est-à-dire que plus l’on décentre l’impact dans le putter, plus la face va ‘vriller’. Plus le MOI est élevé, plus la face est stable à l’impact quand tu décentres. Avec un maillet, il y a donc moins de perdition d’énergie mais une sortie de balle plus aléatoire en termes de direction. Et comme la vitesse est le facteur essentiel au putting, c’est sans doute la raison pour laquelle les pros privilégient ce type de putter. »
Mais tout n’est pas si simple. D’ailleurs, les chiffres des études que l’on peut trouver çà et là divergent : les matches maillet vs lame n’ont pas toujours le même vainqueur.
Ainsi, le média My Golf Spy, spécialisé dans les tests indépendants de matériel, a analysé plus de 43 000 putts à l’aide de son algorithme et du système de test PuttView pour répondre à une question simple : les putters ‘maillets’ sont-ils plus performants que les ‘lames’ ? Pour ce média spécialisé dans le matériel, la réponse est oui.
L’avantage est de 2,6 coups de mieux pour les maillets sur l’ensemble du panel. D’après My Golf Spy, 85 % des testeurs ont mieux putté avec un maillet.
Blade vs Mallet Putters — What the Data Actually Says
— MYGOLFSPY (@MyGolfSpy) March 16, 2026
We analyzed 43,000+ putts using our algorithm and the @PuttView testing system to answer a simple question:
Do mallet putters outperform blades?
Short answer:
Yes. And it’s not particularly close.
Here’s what we found 👇…
Mais selon une autre analyse, menée, elle, par Sasho MacKenzie, un scientifique canadien dont la spécialité est la biomécanique appliquée au golf, les lames seraient plus efficaces que les maillets sur une analyse d’environ 20 000 parties de golf avec Stack Putting (un outil d’analyse d’entraînement).
Les golfeurs ont réalisé des parcours simulés de 18 trous (putts de 4 à 30 pieds, soit 1,20 m à 9,10 m) sur un green d’entraînement. Les “cobayes” possédaient un index compris entre 7 et 12.
Des études contradictoires
Résultat ? Avec les lames, les joueurs handicap 7 ont gagné plus de points en moyenne (en ‘stroke gained putting’) que les joueurs handicap 12.
Mallet or Blade?
— Sasho MacKenzie (@SashoMacKenzie) March 17, 2026
We analyzed ~20,000 rounds in Stack Putting.
Golfers complete simulated 18-hole rounds (4–30 ft putts) on a practice green. Results, handicap, and putter type are recorded, and strokes gained is calculated vs a chosen handicap.
📊 SG (vs 12 hcp):
• Blade:… pic.twitter.com/hExpZwG2ET
Cet antagonisme n’est pas si surprenant. Antoine Schwartz détaille les raisons de la complexité du choix à faire. « C’est très délicat. Car il y a aussi de nombreux paramètres qui permettent de limiter le ‘twist’ de la face de club à l’impact.
Par exemple, la pression du grip. Sur une lame, si je mets énormément de pression dans le grip et que je décentre un peu la balle, la face de club va beaucoup moins se tordre. La perdition d’énergie sera moins importante. Ces études manquent d’informations. En réalité, il y a des avantages et des inconvénients avec les deux modèles. »
Un choix cornélien
L’expert n’oublie pas le facteur technique, évidemment. « L’autre facteur, bien sûr, c’est le joueur : celui qui bouge le putter ! La mécanique est essentielle pour trouver le putter avec lequel on va être performant. Mais pour moi, si beaucoup de joueurs optent pour le maillet, c’est afin de favoriser leur contrôle de la vitesse et ce au détriment des sensations qui sont atténuées avec une forme plus volumineuse. »
Le choix du maillet parmi l’ensemble des dix premiers mondiaux n’est donc pas un effet de mode.
Mais devinez qui est en tête des ‘stats’ sur le PGA Tour des putts de 5 pieds ou moins (1,50 m) en 2026 ? Hideki Matsuyama. Un adepte des lames. Entre contrôle de vitesse et précision, mais aussi pression sur le grip, épaisseur du grip, il ne vous reste plus qu’à choisir. En pensant aussi et surtout à votre technique.
Photo : Mike Mulholland / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP














