Victorieuse de son deuxième tournoi de la saison sur le Ladies European Tour, Agathe Laisné est revenu pour Golf Planète sur ce dernier tour haletant où il a fallu d’abord cravacher pour aller chercher le play-off et ensuite avoir les nerfs solides pour s’imposer dans la pénombre ! Le travail paie pour l’élève de Vincent Loustaud qui s’est emparée des commandes de l’ordre du mérite et pourrait marcher sur les traces de Gwladys Nocera, la dernière tricolore à avoir terminé numéro 1 européenne !
GOLF PLANETE : Bravo Agathe ! Quel dernier tour, c’était assez incroyable. Pouvez-vous nous raconter comment vous êtes revenue au contact ?
Agathe LAISNÉ : J’étais encore très loin après le 13. J’ai vu le leaderboard et j’ai vu qu’il y avait une fille à -19. Je me suis dit : « Il va falloir se bouger. » Donc je me suis dit : « Donne tout, on verra bien. » Et au 14, j’ai fait eagle. Cela m’a remis bien dedans. Après, j’ai refait un birdie. Je pensais qu’au 18 il fallait que je fasse birdie pour aller en play-off ou gagner. J’ai fait par, j’étais un peu déçue. Et finalement, au recording, j’ai vu que je pouvais aller en play-off.
G.P. : Qu’est-ce qui explique ce changement d’état d’esprit au 13 ?
A.L. : Je n’ai pas trop d’explication. Je pense que j’étais un peu stressée, un peu trop prudemment. Je trouvais que les drapeaux étaient durs, qu’on pouvait vite faire des bogeys. À partir du moment où j’ai vu la fille qui était 3/4 coups devant moi (Ndlr, Casandra Alexander) , je me suis dit qu’il fallait y aller sans réfléchir. Ça m’a remis dans le bain.
G.P : Comment avez-vous vécu ce play-off interminable ?
A.L. : C’était long. J’étais stressée, mais j’essayais de sourire, de parler avec mon caddie, de me détendre entre les coups. En fait, je pense que j’étais presque plus stressée sur le putting green avant le 4e tour que pendant le play-off lui-même.
G.P. : Au troisième trou de play-off, vous ratez un petit putt et elle a quasiment le même…
A.L. : Oui, je me suis dit que c’était chaud. Elle putte vraiment très bien. Je me suis vue perdre. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Ensuite, il y a ce final un peu bizarre. Il ne fallait clairement pas qu’on joue un trou de plus, c’était limite. Mais on pouvait encore voir la ligne de putt. Et ça s’est bien fini.
La Solheim Cup ? Oui, c’est une compétition qui fait rêver mais c’est encore loin.
G.P. : Comment vous étiez-vous sentie en arrivant en Afrique du Sud cette semaine ?
A.L. : Je suis arrivée comme d’habitude, bien préparée. Au golf, c’est toujours difficile de savoir comment ça va se passer. Ensuite, dès le premier tour, j’ai fait un très bon score de -7. Ça m’a donné confiance, et petit à petit j’ai senti que je pouvais faire une bonne semaine.
G.P. : C’était un parcours que vous découvriez ?
A.L. : Oui, j’ai senti qu’il pouvait me convenir parce qu’il y avait des petites stratégies à mettre en place. Il y a pas mal de bunkers où on peut tomber avec le drive, donc il faut mettre des bois ou des hybrides. J’ai bien aimé. Et comme j’ai bien joué dès le premier tour, ça m’a aidé à prendre confiance.
G.P. : Vous êtes maintenant numéro 1 à l’ordre du mérite. Est-ce que vous vous fixez des objectifs plus élevés ?
A.L. : Pas spécialement. Le but, c’est plutôt faire du mieux possible à chaque tournoi, coup par coup. Et on calculera à la fin. Pour l’instant, je reste sur cette ligne-là.
G.P. : La Solheim Cup est-elle envisageable à ce stade de la saison ?
A.L. : Je n’y pense pas. Tournoi après tournoi, coup après coup, on verra. C’est un beau défi, bien sûr, c’est une compétition qui fait rêver. Mais c’est encore loin. Il faut d’abord que je me concentre sur le prochain tournoi la semaine prochaine.
Photo : Tristan Jones / LET












