Tom Vaillant s’est offert un dimanche pas comme les autres au Golf National. Auteur d’une très solide carte de 67 (-4) lors du Moving Day, le Cannois s’installe seul à la deuxième place du FedEx Open de France, à -14, à cinq coups de l’intouchable leader provisoire, Matt Fitzpatrick.
Propos recueillis par F.P., au Golf National
Solide, précis et particulièrement à l’aise sur l’Albatros qu’il connaît par cœur, Tom Vaillant continue d’impressionner au fil des tours. Après son 65 (-6) sans bogey de vendredi, il confirme donc avec un nouveau tour sous le par et s’installe dans une position idéale. Il jouera ce dimanche en dernière partie avec le Sud-Africain Brandon Stone et avec le 4e joueur mondial, Matt Fitzpatrick, qui, à -19 total, ne cesse d’affoler les stats de cette 108e édition de l’Open de France.
À 24 ans, le Cannois s’apprête donc à vivre l’un des plus grands rendez-vous de sa jeune carrière, avec l’Albatros et son public pour témoins.
GOLF PLANÈTE : Comment qualifier ce troisième tour ?
Tom VAILLANT : C’est un tour de nouveau très solide. J’ai réussi à rester dans ma concentration, à m’engager à fond dans tous les coups et à prendre des décisions simples. Sincèrement, je n’avais aucune idée d’où j’en étais aujourd’hui. Dès que je savais qu’il y avait un leaderboard dans les parages, je regardais par terre ou je regardais de l’autre côté. C’est mon petit truc. Je sais qu’il y en a qui adorent être au courant. Moi, je n’en ai pas besoin. Shane Lowry, par exemple, en Irlande, quand il a gagné The Open (en 2019), n’avait aucune idée d’où il en était. Donc chacun son truc. J’essaie de rester détaché.
Je ne suis pas quelqu’un qui improvise.
Tom Vaillant
G.P. : Vous ne voulez donc jamais savoir ce qui se passe sur le parcours. Même si le scénario est favorable ?
T.V. : De toute façon, quoi qu’il arrive, je ne suis pas quelqu’un qui improvise dans ces moments-là. J’essaie d’avoir un plan que je respecte et qu’importe le contexte. Donc demain, ce sera la même chose.
G.P. : On vous a vu arriver à la mi-journée sur le tee du trou n°1 avec vos oreillettes. Avez-vous besoin d’être complètement déconnecté de ce qui se passe autour de vous avant de prendre le départ ?
T.V. : J’aime bien être de mon côté, je n’aime pas me disperser et penser à plein de choses. Ce sont des moments qui peuvent être un peu impressionnants, donc j’essaie de les gérer à ma manière. J’ai ma musique. Je fais mes petites routines au départ du 1. Après, c’est ancré et, qu’importe le contexte, ça ne change pas vraiment.
G.P. : Il y avait énormément de monde aujourd’hui. Êtes-vous tout de même arrivé à vous nourrir des encouragements du public français ?
T.V. : Oui, j’ai essayé. On a un public fantastique en France, le meilleur public du monde. On le voit quand il y a des événements de MMA, de rugby, de basket. On l’a vu aux Jeux olympiques de Paris… C’est exceptionnel ! Vraiment, j’ai essayé d’en profiter.
La remontée du 18, un souvenir déjà inoubliable
G.P. : Cette remontée du 18 aujourd’hui, est-ce déjà un des moments très forts de votre carrière ?
T.V. : Oui, largement. Je pense que je n’ai jamais vécu un moment comme celui-là, à part aux Championnats du monde amateurs où c’était similaire. Il y avait tout le public pour nous et on se sentait vraiment au centre de l’attention. Et aujourd’hui, j’ai ressenti la même chose. C’est exceptionnel !
G.P. : Qu’est-ce qui prime dans une dernière partie comme celle d’aujourd’hui ?
T.V. : J’ai rarement été en dernière partie. Uniquement sur l’HotelPlanner Tour lors de la grande finale à Majorque. Et encore une fois, ce que j’ai fait, c’est juste respecter mon processus. Je joue bien, je respecte ma stratégie, pour le moment ça me mène ici, donc ça veut dire que ça marche… On va essayer de continuer demain.
J’essaie d’être moins superstitieux, car ça peut devenir anxiogène
Tom Vaillant
G.P. : Au fait, c’est quoi votre morceau fétiche dans les oreillettes ?
T.V. : Oh, j’ai de tout en ce moment. Un peu de country. Non, franchement, j’écoute de tout. Je n’ai plus de musique fétiche. Avant, j’en avais une. Mais désormais, j’essaie d’être de moins en moins superstitieux parce qu’au final, ça peut devenir un peu anxiogène. Donc j’écoute de tout. Aujourd’hui, c’était « Under the Bridge » des Red Hot Chili Peppers. J’ai donc fait le bon choix… (Rires).
G.P. : Une place pour The Open est en jeu cette semaine. Y pensez-vous ?
T.V. : Je ne le savais pas, je viens de l’apprendre il y a quelques minutes seulement. De toute façon, les Majeurs, ce n’est pas pour moi pour l’instant. Les gars comme Rory, etc., c’est leur cible. Moi, mon circuit, c’est le DP World Tour et les Majeurs, ce ne sont que des bonus. Donc je fais mon taf sur mon circuit et arrivera ce qui arrivera… Ce n’est pas encore mon niveau de jouer les quatre Majeurs chaque année.
G.P. : Vous serez demain en dernière partie en compagnie notamment de Matt Fitzpatrick. Quel est votre sentiment ?
T.V. : Ça peut être très chouette. Pour l’expérience, ouais, ça va être top quoi qu’il arrive. Je vais apprendre plein de choses et il va falloir juste profiter et jouer comme je sais le faire en ce moment.
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













