Alors qu’il ne reste que quatre tournois à disputer dans la saison 2025-26, l’exercice suivant du DP World Tour, qui s’élance en Australie le 26 novembre, pourrait tirer profit de l’arrivée massive de joueurs du LIV Golf, pas franchement convaincus par le plan de relance LIV 2.0 du circuit dissident. Mais il faudra pour cela montrer patte blanche !
L.V.
Les défections se succèdent à un rythme désormais soutenu. Après celui d’une des pièces maitresses du LIV Golf, l’Espagnol Jon Rahm, intervenu en milieu de semaine dernière, ses compatriotes David Puig et Sergio Garcia ont fait savoir qu’ils ne répondraient pas favorablement au plan de relance 2.0 défendu par son Directeur général, Scott O’Neil. Et ce malgré l’investissement de 300 millions de dollars annoncé par BC Partners Credit.
Le circuit, lâché au mois d’avril par le Fonds d’investissement public (PIF) d’Arabie saoudite, a, certes, obtenu un délai supplémentaire de 12 jours (jusqu’au 25 octobre) afin de convaincre ses joueurs de poursuivre l’aventure en 2027. Mais à part quelques exceptions à l’image de l’Anglais Richard Bland ou de l’Américain Cameron Tringale, l’exode semble d’ores et déjà acté.
Sept Livers dans le top 100 de la Race
Plusieurs joueurs du circuit dissident seraient en effet en pourparlers pour rejoindre très bientôt le DP World Tour. Ceux-là ne font pas partie des éléments déjà affiliés, ceux qui en février dernier avaient ainsi signé un accord leur permettant de participer à un certain nombre d’événements supplémentaires après avoir réglé leurs amendes. C’est le cas du Français Victor Perez. Mais aussi de l’Espagnol David Puig, du Polonais Adrian Meronk, de l’Anglais Tyrrell Hatton, du Nord-Irlandais Tom McKibbin et du Belge Thomas Detry.
Tous apparaissent (comme Jon Rahm d’ailleurs) dans le top 100 actuel de la Race to Dubaï et peuvent donc prétendre à une catégorie de jeu pleine (10) pour 2026-27. Il leur faudra pour cela résilier leur contrat avec le LIV et ainsi mettre un terme à leur engagement dans LIV 2.0. A ce titre, Guy Kinnings, le PDG du Tour européen, est intransigeant.
« Nous avons des règles et règlements qui sont là pour protéger notre Tour et que tous nos membres doivent respecter, a-t-il soufflé au micro de la BBC. Les joueurs doivent faire un choix. Ceux qui ne sont pas prêts à se conformer à nos règles et règlements ne devraient pas chercher à rejoindre notre Tour. »
Cameron Smith et Niemann convoités ?
Le cas des joueurs « externes » au DP World Tour est bien plus délicat. Il se murmure du côté de Wentworth, le siège de l’autorité européenne niché dans la grande banlieue sud-ouest de Londres, que des contrats limités seraient en discussion. Ces joueurs sans statut pourraient se voir proposer un nombre précis d’invitations (celles-ci excluraient cependant les Rolex Series) en fonction de leur « légitimité ». Des garçons comme Cameron Smith (trois fois vainqueur de l’Australian PGA Championship, étape du Tour européen mais surtout de The Open en 2022), Joaquin Niemann (lauréat de l’Australian Open 2023) ou Bryson DeChambeau (double vainqueur de l’U.S. Open et annoncé au Nedbank Golf Challenge début décembre) auraient certainement plus de crédit que des ex-membres du PGA Tour tels Matthew Wolff, Charles Howell III ou Talor Gooch.
« Compte tenu du grand nombre de demandes d’information reçues ces dernières semaines, nous étudions les conditions d’accueil des joueurs, à condition qu’ils soient libres de toute contrainte contractuelle et qu’ils acceptent de respecter notre règlement, a souligné à nos confrères de Todays Golfers un membre du DP World Tour. Notre comité des tournois a approuvé la procédure à suivre et nous prévoyons de recevoir davantage de demandes dans les prochains jours. »
L’option des Cartes européennes
Reste aussi la « voie » sportive à prendre en compte, celle plus particulièrement des Cartes européennes. Plusieurs représentants du LIV Golf étaient ainsi alignés lors des PQ1. Jose Luis Ballester, Luis Masaveu et Michael La Sasso (qui sera au départ de l’AfrAsia Mauritius Bank Open le 10 décembre) ont passé ce premier écueil. Mais la route est encore très longue. Combien franchiront la ligne d’arrivée ?
D’autant qu’un retour sur le PGA Tour pour les plus ambitieux n’est clairement plus à l’ordre du jour. Brian Rolapp, le patron du plus puissant circuit professionnel, l’a encore précisé récemment. Jon Rahm doit par exemple purger une suspension d’un an avant d’espérer rejouer sur le PGA Tour. Le Basque n’est donc pas attendu avant… août 2027 !
Photo : Abdullah Ahmed / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













