Alors que LIV Golf a déposé le bilan aux États-Unis, les documents judiciaires révèlent des rémunérations vertigineuses accordées à ses dirigeants. Greg Norman et Scott O’Neil ont encaissé des sommes à huit chiffres, tandis que des prestataires attendent toujours d’être payés. Peut-on parler d’indécence ?
Les chiffres donnent le tournis. Selon les documents déposés devant le tribunal des faillites du New Jersey et révélés cette semaine, Greg Norman, l’ancien patron de LIV Golf, a reçu plus de 9,4 millions de dollars lors de son départ en septembre 2025. Dans le détail : son indemnité de départ est d’environ 5,8 millions, à laquelle s’ajoute un bonus de 3,6 millions de dollars, versé alors qu’il avait déjà été remplacé à la tête du circuit.
Son successeur, Scott O’Neil, a lui aussi touché le pactole malgré la chute du circuit dissident. Entre septembre 2025 et août 2026, le dirigeant a perçu plus de 13,6 millions de dollars en salaires, bonus, avantages, remboursements de frais et primes de fidélisation. Le 24 juin dernier, moins de trois mois avant le dépôt de bilan, il a notamment touché une prime de rétention de 6,375 millions de dollars, après un autre bonus d’environ 2,7 millions en février.
Au total, LIV Golf a distribué quelque 15,6 millions de dollars en primes de fidélisation à ses principaux dirigeants.
15,6 millions de dollars de primes aux patrons, mais des factures impayées
Le contraste est d’autant plus saisissant que le circuit, financé depuis ses débuts par le fonds souverain saoudien PIF, a accumulé des pertes colossales. Le 8 septembre, LIV Golf a demandé la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, avec un passif estimé entre 500 millions et un milliard de dollars, pour seulement 100 à 500 millions d’actifs. Le PIF, qui a injecté plus de cinq milliards de dollars dans le projet, a décidé de ne plus financer son développement au-delà de 2026.
Pendant ce temps, plusieurs prestataires réclament des factures impayées se chiffrant en centaines de milliers, voire en millions de dollars. Ces révélations sont choquantes. Alors que l’avenir même du circuit reste suspendu à sa restructuration, que le LIV 2.0 semble d’autant plus une chimère que les joueurs de renom s’en vont tous un par un, ses dirigeants ont donc bénéficié de rémunérations et de primes considérables.
Le LIV a dépensé sans compter pour bouleverser le golf mondial, sans parvenir à construire un modèle économique viable. Mais certains en ont vraiment beaucoup, beaucoup profité. Et par seulement les joueurs. et pas forcément pour « la grandeur du jeu », comme plusieurs ont osé l’affirmé.
Photo Brenton Edwards / AFP














