Il y a des records qui transcendent les générations. Celui qu’Adam Scott est en passe d’accomplir n’appartient qu’à un seul homme dans toute l’histoire du golf : Jack Nicklaus. Disputer 100 Majeurs consécutifs.
Ni Tiger Woods, ni Tom Watson, ni Seve. Personne d’autre que Jack Nicklaus n’a jamais atteint les fameux 100 Majeurs disputés consécutivement.
Le recordman de victoires en Grand Chelem (18) a même porté son total à 146, entre le Masters 1962 et l’US Open 1998.
Adam Scott, lui, vient de mathématiquement verrouiller sa place pour atteindre les 100. Sauf blessure l’Australien disputera le PGA Championship la semaine prochaine en Pennsylvanie puis l’US Open à Shinnecock Hills mi-juin pour sa 100e !
Une certitude acquise à la suite de sa 4e place au Cadillac Championship au Doral. Son 2e top 5 de la saison décroché grâce à un excellent week-end, 66 samedi puis un 64 sans bogey le dimanche. Jeudi, Scott n’avait pu faire mieux que 76 notamment en raison d’une bévue sur le 8 lorsqu’il avait joué la mauvaise balle et avait été pénalisé de deux coups !
Ce résultat lui a permis de bondir de la 54e à la 43e place mondiale et lui assure d’être dans le top 60 mondial le 18 mai et donc d’obtenir une place au départ de l’US Open.
Une série qui a failli capoter
Le chemin n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Il y a encore quelques mois, après le PGA Championship de Quail Hollow, la question se posait sérieusement. Un double bogey sur son dernier trou à Charlotte lui avait fait manquer le top 15, lui faisant perdre son exemption automatique pour le prochain PGA Championship.
Mais Scott a répondu avec la sérénité des très grands, son week-end de Doral a définitivement clos le débat.
J’espère arriver au PGA Championship en pleine confiance, et avec quatre bonnes journées à la clé. Qui sait ?
Adam Scott
100 Majeurs, mode d’emploi
Pour apprécier la performance à sa juste valeur, il faut remonter aux origines. Scott a fait ses débuts en Majeur dans The Open en 2000 — il avait manqué le cut mais la série dont on parle a officiellement démarré à l’Open 2001 (T47), et ne s’est plus jamais interrompue depuis.
Vingt-cinq années de présence au plus haut niveau. Vingt-cinq US Open consécutifs depuis 2002. Une longévité que même Tiger Woods n’a pas approchée — la meilleure série du Tigre étant de 46 Majeurs d’affilée, du Masters 1997 à l’US Open 2008. Woods, qui se remettait d’une opération du ligament croisé et de fractures de fatigue, a manqué The Open 2008 au Royal Birkdale.
Les autres légendes de la régularité n’ont pas dépassé la marque de 90 : Tom Watson (87), Sergio Garcia (86), Davis Love III (70), Vijay Singh (67), Nick Faldo (65) et Phil Mickelson (61).
La quête d’un deuxième Majeur
Au-delà du record, ce qui anime encore Scott c’est la poursuite d’un deuxième sacre en majeur. En effet depuis sa victoire au Masters en 2013, l’Australien a accumulé 19 top 10, mais un seul au cours de la décennie en cours, une 10e place à l’Open 2024.
Ses trois top 25 lors de ses quatre derniers Majeurs témoignent néanmoins d’un niveau de jeu toujours aussi solide et sa déclaration au soir du 4e tour au Doral témoigne d’un appétit toujours aussi grand.
«Je suis optimiste, tout est positif. Pour gagner un Majeur, il va falloir que j’enchaîne quatre bons jours, pas juste un week-end. Je sens que mon jeu est au point. Je fais tout ce qu’il faut pour être dans cette condition. La semaine prochaine est donc cruciale pour maintenir cette confiance et, je l’espère, arriver au PGA Championship en pleine confiance, avec quatre bonnes journées à la clé. Qui sait ?»
Rendez-vous à Shinnecock Hills du 18 au 21 juin pour un moment d’histoire — et peut-être, pourquoi pas, pour un deuxième titre en Majeur qui ferait basculer la légende Scott dans une autre dimension.
©AFP/Getty / Carmen Mandato












