À l’issue du Players Championship, Cameron Young a notamment expliqué que le soutien du public lui avait rappelé la Ryder Cup, et en quoi cette expérience l’avait aidé à garder un calme incroyable sur un parcours extrêmement capricieux pour remporter le plus grand tournoi de sa carrière.
Une journée incroyable, vu tout ce que vous avez surmonté. Pourriez-vous nous raconter cette fin de parcours ahurissante ? Quelles étaient vos émotions, surtout avec ce birdie au 17 ?
Cameron Young : Oui, l’ambiance de stade sur le parcours est incroyable. C’est tellement bruyant au 17. Avec toute cette effervescence, vous sentez bien que tous les regards sont braqués sur vous. Il n’y a donc nulle part où se cacher, et j’ai l’impression d’avoir vraiment su me montrer à la hauteur et d’avoir réussi plusieurs bons coups sur ces derniers trous, donc j’en suis très fier.
Vous avez fait un birdie au 17 ces trois derniers jours. Vous avez manifestement un secret pour jouer ce green en île. Décrivez-nous comment vous avez réussi cela sous une telle pression ?
C.A. : Oui, c’était une distance parfaite pour moi. Il y avait 117 mètres par-dessus ce bunker, et j’ai vu Matt jouer un sand wedge juste devant moi. Je me suis dit que s’il envoyait la balle à peu près là où je visais, je pouvais l’envoyer à la même distance. C’était donc un coup à fond, avec moins de nervosité que sur un coup tout en toucher et sensations.
Serrer mes garçons dans mes bras, voir ma femme, voir ma petite fille, c’est quelque chose dont je me souviendrai longtemps.
Cameron Young
Pourriez-vous décrire à quel point c’est stressant d’essayer de gagner sur un parcours avec autant de pièges ?
C.A. : C’est absolument épuisant. Cet endroit m’a donné du fil à retordre ces dernières années. Je n’ai jamais vraiment réussi à bien finir ici. Et oui, c’est incroyablement épuisant. À chaque coup, tout au long de la journée, on peut se mettre dans le pétrin. Il n’y a pas de coups faciles. Il n’y a pas de certitudes. Et on finit par faire des erreurs. C’est donc un formidable test de volonté, un test de patience et, évidemment, un test pour réussir de bons coups. J’ai donc l’impression d’avoir très bien fait beaucoup de ces choses cette semaine.
Comment décririez-vous votre niveau de nervosité ?
C.A. : J’étais vraiment, vraiment bien jusqu’à ce que je doive réaliser ce putt de 20 centimètres sur le dernier trou, et j’ai failli m’effondrer. Je n’arrivais pas à m’aligner ne serait-ce qu’un peu en direction du trou, et j’ai quand même tapé mon putt, ce que je n’aurais peut-être pas dû faire. Mais il est rentré, donc tout va bien.
Dites-nous ce qui vous passait par la tête. Vous êtes debout sur le green, en train de faire tout ce qu’il faut faire après, vos deux fils accourent, votre femme est assise avec votre fille. Je vous ai vu pointer du doigt le drapeau qui s’élevait. Était-ce surréaliste ? Comment avez-vous vécu tout cela ?
C.A. : Oui, c’est sûr. Je rêvais de vivre ce moment avec eux depuis longtemps, et l’année dernière, le Wyndham Championship s’est avéré être l’une des trois semaines où ils n’étaient pas là de toute l’année. Ils ont donc fêté ça à 4 000 km de là. Les revoir après avoir donné mes interviews et tout ça, et pouvoir enfin, vous savez, serrer mes garçons dans mes bras, voir ma femme, voir ma petite fille, c’est quelque chose dont je me souviendrai longtemps. Oui, il se passe beaucoup de choses à ce moment-là. Mes enfants s’intéressent plus au drone qu’au trophée, ce qui, je trouve, donne une perspective intéressante sur une journée comme celle d’aujourd’hui, mais oui, je leur suis vraiment reconnaissant d’être là.
La Ryder Cup est une énorme expérience d’apprentissage sur la façon dont je gère personnellement le stress et ce que je peux faire quand je me sens stressé.
Il vous a fallu 94 tournois pour percer et remporter votre première victoire sur le PGA Tour lors du Wyndham Championship à la fin de la saison dernière. Vous avez décroché votre place pour la Ryder Cup à New York, ce qui était l’un de vos grands objectifs. Dans quelle mesure pensez-vous que cela vous a libéré, maintenant que vous avez remporté une nouvelle victoire en seulement 10 tournois depuis le Wyndham ?
C.A. : Je pense que ça m’a un peu libéré. D’une certaine manière, la pression s’est un peu relâchée, mais la pression que je me suis imposée depuis que je suis enfant est toujours là. C’est donc davantage un combat contre cela que contre la pression de ne pas gagner ou de ne pas gagner assez. Mais oui, avoir désormais remporté deux tournois différents, dont un aussi important que The Players, c’est vraiment très spécial et j’espère pouvoir continuer sur cette lancée tout au long de la saison.
Avez-vous senti le soutien de tout le monde dans le public ? Ou aviez-vous l’impression qu’ils vous encourageaient vous, ou bien le drapeau, le drapeau américain qui allait être hissé ? Et en plus de cela, pensez-vous que cela a eu une influence sur la façon dont vous avez joué ?
C.A. : Oui, c’est agréable d’être accueilli aussi chaleureusement. Tout le soutien que je reçois sur le parcours, je le prends. C’est de l’énergie positive, et ça ne m’apporte que des pensées positives. Je suis donc très reconnaissant d’avoir eu le soutien des spectateurs sur ces derniers trous. Oui, ça aide. Je ne pense pas que ce soit… c’est un peu passif, mais savoir qu’on a autant de soutien quand on joue, c’est vraiment cool et, oui, tout ce qui me rappelle cette Ryder Cup… évidemment, on n’est pas sortis vainqueurs en tant qu’équipe, mais j’en ai tiré beaucoup de points positifs. Chaque fois que je m’en souviens, ça me ramène en quelque sorte à tout le travail que nous avons fourni afin d’y participer et au succès que j’ai le sentiment d’avoir ou aux progrès que j’ai le sentiment d’avoir réalisés pendant ce tournoi.
L’expérience de la Ryder Cup, en quoi pensez-vous qu’elle vous a concrètement aidé aujourd’hui ?
C.A. : Ça aide vraiment. Ça vous donne juste une sorte de cadre pour savoir comment vous pouvez jouer et comment vous pouvez penser quand vous vous sentez comme ça. Gérer ses nerfs, c’est délicat. Ils vous font… vos sens sont en quelque sorte exacerbés. En général, je tape la balle un peu plus loin, donc ça rend capable de faire plus, mais si vous les laissez vous gêner, ça peut évidemment être désastreux. C’est donc un exercice d’équilibriste : savoir qu’ils sont là et essayer de les utiliser au mieux de vos capacités. (…) Avec le recul, la Ryder Cup est une énorme expérience d’apprentissage sur la façon dont je gère personnellement le stress et ce que je peux faire quand je me sens stressé.
Photo : Scott Taetsch/PGA of America














