Encore impressionnant dans ce Moving Day avec une carte de 65 (-6), Matt Fitzpatrick (photo) étrangle l’Open de France avec un score total de -19 (194), soit cinq coups d’avance sur le Français Tom Vaillant, seul deuxième, auteur d’un solide 67 (-4) On voit mal comment l’Anglais, en mode Scottie Scheffler sur le PGA Tour quand l’Américain n°1 mondial caracole en tête, pourrait ne pas inscrire son nom au palmarès du plus vieux tournoi d’Europe continentale.
L.V, au Golf National
Et dire que la dernière expérience de Matt Fitzpatrick sur l’Albatros s’était soldée par un échec retentissant. Un 81 (+10) concédé au 3e tour du tournoi olympique de golf en août 2024 et un abandon dans la foulée, l’Anglais préférant arrêter les frais dès le samedi soir prétextant une très hypothétique blessure au doigt…
Là, changement de décor. Désormais n°4 mondial, trois fois victorieux cette année sur le PGA Tour avec notamment un succès en play-off au RBC Heritage face à Scottie Scheffler, de retour à Guyancourt en mode Open de France pour la première fois depuis une 27e place acquise en 2018, dernière année où le plus vieux tournoi d’Europe continentale était estampillé Rolex Series, il semble avoir pris un sérieux ascendant sur ses plus proches adversaires.
Retrouvez le classement complet et les tee times du 4e tour
A l’image par exemple de ses 43 tours consécutifs entre jeudi et ce samedi en début d’après-midi sans concéder le moindre bogey. Avant cette seule et unique erreur commise sur le par 3 du 8, une mise en jeu trop longue à droite du drapeau et un putt de 2,70 mètres manqué pour le par.
INTO A FIVE-SHOT LEAD! 😳
— DP World Tour (@DPWorldTour) September 26, 2026
Matt Fitzpatrick extends his lead with his seventh birdie of the day, defending champion Michael Kim now heads the chasing pack at -14.#FedExOpenDeFrance pic.twitter.com/QcXDUjeplb
A l’arrivée, son 65 (-6) du jour lui offre cinq coups d’avance sur Tom Vaillant, seul deuxième. Le Sud-Africain Brandon Stone, déchaîné avec son 63 (-8) malgré une grippe, les Espagnols Eugenio Chacarra (62 s’il vous plait) et Angel Hidalgo, le Norvégien Kristoffer Reitan et le Danois Jeff Winther sont relégués à six longueurs. Rédhibitoire ?
Ça va me rester un peu en travers de la gorge.
Matt Fitzpatrick, pestant contre son bogey au 8
« Une fois encore, la journée a été très, très solide, résume l’ainé des Fitzpatrick. Je me sentais très à l’aise sur le parcours. Réussir un birdie au premier trou, c’est toujours sympa pour bien lancer sa journée. Ensuite, j’étais à -2 au bout de 3 trous, ce qui permet d’enchaîner. J’ai eu le sentiment que mon jeu a été très solide tout au long de la journée. Pour être honnête, je suis déçu d’avoir concédé mon seul shot (sur ce fameux par 3 du 8). Ça va me rester un peu en travers de la gorge. »
Et quand on lui évoque le fait de rentrer dans l’histoire du plus vieux tournoi d’Europe continentale (créé en 1906), le natif de Sheffield laisse briller ses yeux, comme un enfant devant un magasin de jouets.
En mode Scottie Scheffler l’impitoyable
« Oui, ce serait incroyable, lâche-t-il. Ce serait formidable de marquer l’histoire. Je l’ai dit en début de semaine, ce tournoi a un passé très riche avec de très grands vainqueurs. Je crois que c’était aussi mon deuxième tournoi en tant que professionnel (du 3 au 6 juillet 2014, pour une 26e place). Il y a donc une forme d’attachement particulier. »
« Maintenant, il faut que j’y aille et que je joue mon propre jeu, souffle-t-il encore, un peu comme un certain Scottie Scheffler quand il prend en main un tournoi tout en fracassant la concurrence. Je pense que si je réussis un bon tour demain, il sera presque impossible de me rattraper. Mais il reste encore du chemin à faire, il faut prendre les trous les uns après les autres. »
Un public acquis à la cause de Tom Vaillant
Une nouvelle fois impeccable ce samedi avec cette magnifique carte de 67 qui succède à deux non moins très solides 65 (vendredi) et 67 déjà (jeudi), Tom Vaillant aura le privilège – ou le lourd fardeau, c’est au choix – de partager la dernière partie avec l’actuel leader quasi intouchable, et ce même Brandon Stone. Coup d’envoi annoncé à 12h10 depuis le tee du 1. Mais pour son 4e Open de France depuis 2022, il pourra, c’est une certitude, compter sur l’appui inconditionnel d’un public tout acquis à sa cause.
« C’est encore un tour très solide, avoue le protégé de Jean-François Lucquin. J’ai besoin de rester dans ma concentration, et pour cela je m’en tiens aux choses que j’ai à faire sur le parcours, à m’engager à fond dans tous les coups, à prendre des décisions simples. Le public ? On a le meilleur public du monde et j’essaie d’en profiter. »
Quand je voyais qu’il y avait un peu moins de monde (autour de ma partie), je me disais : « Je fais pas assez de birdies donc je vais essayer de les faire ramener sur ma partie. »
Julien Guerrier
Le clan tricolore qui place aussi deux autres de ses siens dans le top 20. Julien Guerrier (69 aujourd’hui) et Matthieu Pavon (67) occupent la 20e place à -8. Tiens, tiens, comme le Norvégien Viktor Hovland, l’une des grandes stars de ce plateau 2026.
Pour son 15e Open de France, Guerrier a lui aussi loué l’apport d’un public très nombreux ce week-end au Golf National. Et comme pour Tom Vaillant, il ne sera pas de trop pour se survolter et tenter de battre sa meilleure performance : une 18e place en 2024.
« Franchement c’est super agréable parce qu’on se sent soutenu, souligne le Rochelais. « Allez Juju », « Allez Julien » tout le temps... Quasiment du tee au green. Donc ça, c’est super sympa. Quand je voyais qu’il y avait un peu moins de monde (autour de ma partie), je me disais : « Je fais pas assez de birdies donc je vais essayer de les faire ramener sur ma partie. » »
Matthieu Pavon, la réconciliation
Matthieu Pavon, lui, est pour sa part en train de se réconcilier avec ce par 71 qui ne l’a jamais vraiment « porté dans son cœur ».
« Les dernières fois où j’ai joué à la maison, je n’ai pas pu en profiter tant que ça, regrette celui qui grimpera dans un avion pour Las Vegas dimanche soir afin d’être dans l’Utah jeudi prochain pour la 2e étape des Falls Series. Les Jeux olympiques où j’ai fait une piètre prestation, ça a été dur pour moi. J’avais plus envie de me cacher que de partager ça avec tout le monde, malheureusement. L’année dernière, j’ai eu un Covid qui m’a handicapé pendant presque 4 semaines. Bref, là, ça change. C’est une édition où, encore une fois, il fait beau, le public est en masse et j’essaie de me nourrir de leur énergie pour donner mon meilleur. »
Le meilleur, justement, est encore peut-être à venir !
Le leaderboard
Le leaderboard des autres Français
Photo : Getty Images



















