Jon Rahm pourrait être le grand absent de la Ryder Cup 2027. Son refus de payer les amendes exigées par le DP World Tour pour retrouver sa carte du circuit européen est un problème qui risque de l’obliger à faire une croix sur Adare Manor. Ce serait un coup dur pour lui, pour l’équipe européenne aussi.
Récemment, le DP World Tour a accordé des autorisations conditionnelles à huit joueurs pour participer à des tournois concurrents du LIV Golf durant la saison 2026. Parmi eux figuraient Laurie Canter, Thomas Detry, Tom McKibbin, Adrian Meronk, Victor Perez, David Puig, Elvis Smylie et Tyrrell Hatton. Le nom de Jon Rahm était cependant absent de cette liste.
Le double vainqueur en majeur a refusé de se conformer aux conditions fixées par le circuit européen.
Ces conditions incluaient le règlement intégral des amendes pour des infractions antérieures au DP World Tour, la participation à des événements supplémentaires (ceux du LIV bien sûr) et le retrait de tous les appels en cours. En échange, les joueurs bénéficieront de la possibilité de jouer sur LIV Golf sans nouvelles sanctions et peuvent participer à la course pour la qualifications à la Ryder Cup 2027, à partir de septembre 2026.
Un gros risque pour une histoire de gros sous… et de fierté
Fidèle à ses déclarations précédentes (ce qui n’a pas été le cas lorsqu’il a accepté l’offre du LIV après avoir expliqué pendant des mois que ce circuit et que jouer pour de l’argent ne l’intéressait pas), a refusé de payer ces amendes, estimées à environ 3 millions de dollars, estimant qu’une partie des pénalités pourrait être acceptable mais que le montant total était excessif. Il a également souligné qu’il n’avait pas l’intention de participer aux événements DP World Tour conflictuels à celles du LIV.
Le Basque juge qu’il ne devrait pas être pénalisé pour avoir joué sur le LIV Golf lors de semaines où il n’avait pas prévu de jouer. Notamment des tournois en Inde ou en Afrique du Sud.
Cette position, tenue à la fois pour des histoires de gros sous évidemment, mais aussi de fierté, comporte un risque majeur pour l’Espagnol : en refusant de régler ses amendes, il pourrait perdre définitivement son statut de membre sur le DP World Tour. Or, ce statut est crucial pour être éligible à la Ryder Cup.
En refusant l’accord, Rahm met donc en danger sa participation à cet événement. C’est un pari important sur sa carrière, son image et sur sa capacité à défendre les couleurs de l’Europe dans une compétition qu’il aime tant, celle où il a déjà brillé à plusieurs reprises, celle pour laquelle son idole de jeunesse Severiano Ballesteros a tant contribué à la rendre prestigieuse.
Rory McIlroy, l’autre pilier de l’équipe européenne avec Jon Rahm, avait exprimé son souhait de le voir payer ses amendes. Il n’a pas été écouté. Rien ne dit pour autant que les relations entre les deux stars européennes soient fraîches. Mais l’Europe pourrait perdre gros dans cette affaire.
Une situation perdant-perdant
Au-delà d’une qualification aux points qui semble de plus en plus hypothétique, ‘Rahmbo’ peut espérer bien sûr d’être choisi en ‘captain picks’ par le futur skipper du Team Europe (comme il l’a été pour Bethpage). Qui pourrait bien être encore Luke Donald. Mais s’il n’est plus membre du circuit européen, même cette solution ne sera pas envisageable.
La non présence de Jon Rahm à Adare Manor en Irlande serait un coup dur sportif pour l’équipe européenne. Le bras de fer engagé semble à ce stade insoluble. On voit mal Jon Rahm changer d’avis. On voit mal le DP World Tour alléger les amendes. Et pourtant, la situation est perdant-perdant. Elle n’est ni favorable à l’image du joueur, ni favorable à un circuit européen en souffrance qui a tant besoin d’une équipe performante en Ryder Cup pour survivre.
Photo Andrew Redington / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP











