Des quatorze golfeurs tricolores* ayant disputé le PGA Championship depuis 1999, seul Victor Dubuisson est parvenu à signer un top 10. C’était en 2014 à Louisville (Kentucky). Unique représentant français cette semaine en Pennsylvanie, Adrien Saddier réussira-t-il à relever le défi et effacer ce « record » made in France ?
L.V.
Adrien Saddier est le 15e golfeur français à prendre le départ d’un PGA Championship depuis Jean Van de Velde en 1999. Jusqu’à cette date, et en l’absence d’un Tricolore dans le top 100 mondial, ce Majeur, programmé alors au mois d’août avant d’être « transféré » au mois de mai en 2019, est déserté par nos représentants.
Fort d’une 2e place à The Open sur le tracé de Carnoustie quelques semaines plus tôt lors d’un finish désormais entré dans la légende du golf, Jean Van de Velde s’offre en août 1999 une 26e place à Medinah (Illinois) avec un score total de +1 (289), à douze coups du vainqueur, Tiger Woods. Avec un meilleur score l’année suivante à Louisville (Kentucky) au Valhalla Golf Club, le Landais finit pourtant 30e à -4 avec trois cartes sous le par. Tiger Woods, lui, réalise le doublé en battant en play-off son compatriote, Bob May.
Top 20 pour Jean-François Remésy en 2004
L’actuel consultant du groupe Canal+ sur les tournois Majeurs a indiscutablement ouvert ici la voie. D’autres vont s’y engouffrer. Avec plus ou moins de réussite. A l’image de Jean-François Remésy, double lauréat de l’Open de France 2004 et 2005, 17e pour sa première dans le Wisconsin en 2004 à Whistling Straits (victoire de Vijay Singh), cut manqué en 2005 à Baltusrol (New Jersey).
Thomas Levet se contente pour ses débuts d’une 71e place en 2002 (Hazeltine), ne passe pas le cut en 2004 (tout comme Raphaël Jacquelin) et récidive dans ce scénario en 2005. Même punition pour Grégory Havret et encore Jacquelin en 2007 à Southern Hills (Oklahoma). Pour sa dernière en 2009 (à Hazeltine une fois de plus), Levet prend la 51e place finale à +7. C’est cette année-là que le Tigre est d’ailleurs terrassé pour la première fois alors qu’il dominait le leaderboard après 54 trous par le Sud-Coréen Y.E. Yang !
Victor Dubuisson, très solide à Valhalla
2010. Toujours pas de cut franchi pour Raphaël Jacquelin tandis que Grégory Bourdy termine 58e à +3 du côté de Whistling Straits. La quatrième tentative du Lyonnais échoue encore en 2011, tout comme pour Grégory Bourdy sur l’Athletic Club d’Atlanta qui voit Keegan Bradley prendre le dessus sur trois trous de play-off face à Jason Dufner.
En fait, il faut attendre l’éclosion du phénomène Victor Dubuisson en 2014 pour voir un Français rivaliser enfin avec les meilleurs dans un PGA Championship. Le Cannois, qui va remporter quelques semaines plus tard la Ryder Cup avec Team Europe à Gleneagles (Ecosse), brille avec une 7e place à -11, à cinq coups de Rory McIlroy, maître de Valhalla. C’est à ce jour le plus bel exploit signé par un golfeur français dans ce tournoi du Grand Chelem. Alexander Levy, l’autre frenchy du cru, finit de son côté en 30e position à -5. Ces deux-là se retrouvent un an plus tard, à Whistling Straits. Dubuisson parvient encore à faire des étincelles, actant sa semaine par une 18e place à -8 tandis que le Varois ne franchit pas le cut.
Lorenzo-Vera dompte le Black Course
A partir de 2016, il y a toujours au moins un Français dans le champ. Si Dubuisson ne réédite pas ses exploits de 2014 et 2015 (cut manqué), Grégory Bourdy est à la hauteur de l’événement à Baltusrol avec une belle 18e place à -5. Cela ne passe toujours pas pour Levy en 2017, ni en 2018, année où Mike Lorenzo-Verra accroche la 65e place (+1) à Bellerive, dans le Missouri. Le Basque qui tient tête au Black Course de Bethpage en 2019, pour le passage au mois de mai du PGA Championship. MLV, 4e à -2 après un tour, réussit une très solide semaine (16e à +3) alors que Martin Trainer, qui a choisi la nationalité française dans l’optique des Jeux olympiques de Paris en 2024, reste à quai après 36 trous.
Revenu au mois d’août en raison de la pandémie liée au Covid-19, l’USPGA 2020 se déroule à Harding Park (Californie), mais à huis clos. Trois Français sont présents. Benjamin Hébert n’accède pas au week-end alors que Mike Lorenzo-Vera et surtout Victor Perez assurent le spectacle. 43e dans le par total pour le premier cité, 22e à -4 pour le second. Le Tarbais qui va participer à cinq éditions entre 2020 et 2025, ce qui constitue toujours un record dans le clan tricolore, avec toutefois des résultats contrastés : cut en 2021 (comme Antoine Rozner à Kiawah Island), 2024 et 2025 mais aussi une très belle 12e place en 2023, qui lui permet de se qualifier directement pour l’année suivante.
Un dernier tour terrible pour Pavon à Quail Hollow
2024, ce sont les débuts de Matthieu Pavon, tout auréolé de sa victoire fin janvier au Farmers Insurance Open sur le PGA Tour. Le Bordelais, 12e au Masters un mois plus tôt, est cette fois trop court. Deuxième à -6 après deux tours grâce à deux cartes de 71 et 65 en 2025 à Quail Hollow, encore 8e samedi avec un 72 (+1), il craque le dimanche, lesté par un cruel 78 (+7) et une non moins frustrante 41e place à +2.
On souhaite à Adrien Saddier, désormais 101e mondial au 10 mai 2026, une meilleure issue finale, lui qui prend part à son tout premier Majeur sur le sol américain !
*Louis Tellier, installé aux Etats-Unis, a participé au premier PGA Championship en 1916 (battu 4&2 par Cyril Walker) avant que le tournoi ne soit annulé en 1917 et 1918 pour cause d’entrée en guerre des Etats-Unis dans le premier conflit mondial. Il est de nouveau présent en 1919 (battu au premier tour). En 1920, il parvient jusqu’en quart de finale avant d’être sèchement défait 6&5 par le futur vainqueur, l’Ecossais vivant aux Etats-Unis, Jock Hutchison. Le tournoi s’est disputé jusqu’en 1957 en formule match-play avant de basculer en formule stroke play l’année suivante.














