À trois jours du coup d’envoi du PGA Championship à Aronimink Golf Club de Newtown Square en Pennsylvanie (11-17 mai), une question revient souvent dans les discussions : qu’est-ce qui définit vraiment le deuxième Major de la saison ?
Le Masters à Augusta, c’est le théâtre du “drama” printanier, les azalées, l’Amen Corner, la veste verte et les fairways manucurés.
The Open, c’est la redoutable imprévisibilité des links avec souvent la conjugaison du vent et la pluie.
L’US Open, c’est la souffrance organisée — fairways étroits, rough épais, greens durs.
Quid du PGA Championship ? En 108 ans d’histoire disputés sur 75 parcours différents, son identité tient précisément à sa variété.
Kerry Haigh, directeur des championnats de la PGA of America, assume pleinement ce parti pris. Chaque année, un nouveau parcours, un nouveau défi, un nouveau recoin des USA, le pays qui compte pas moins de 16500 parcours !
Le golf ne devrait pas être une question de score à atteindre ou de “setup” à corriger parce qu’on n’a pas aimé les scores de la veille
Justin Thomas
Des birdies à la pelle comme en 2018 à Bellerive dans le Missouri, ou des scores serrés à Southern Hills en 2022 ? Tout est possible, et c’est voulu.
Justin Thomas, double vainqueur du tournoi 2017 à Charlotte (Quail Hollow) et en 2022 à Tulsa (Southern Hills), apprécie cette philosophie. Il souligne que la PGA of America peut se retrouver avec un vainqueur à -9 à Oak Hill en 2023 (Brooks Koepka), et à -21 à Valhalla l’année suivante (Xander Schaufflele).
« Son objectif, c’est de créer le meilleur test possible. Le golf ne devrait pas être une question de score à atteindre ou de “setup” à corriger parce qu’on n’a pas aimé les scores de la veille. C’est donner aux joueurs ce que le parcours offre naturellement.»
180 bunkers !
Alors à quoi s’attendre au Aronimink Golf Club ?
Le tracé du 108e PGA Championship n’est pas inconnu des joueurs du PGA Tour. Vingt-neuf joueurs du champ définitif y avaient disputé le BMW Championship 2018, remporté par Keegan Bradley en play-off face à Justin Rose.
Le score ? 20 coups sous le par pour les deux hommes !
Le parcours signé Donald Ross en 1926-28 a subi une restauration complète supervisée par Gil Hanse et Jim Wagner. Elle est intervenue en 2017 et a notamment concerné la remise en état de 75 des 180 bunkers. Pour la petite histoire il y en 20 rien que sur le trou 11 ! La plupart avait disparu avec le temps.
Il présente plusieurs trous musclés qui dévalent dans des dépressions, longent des pentes et serpentent sur des plateaux. Les greens sont assez pentus et ont tendance à renvoyer les balles vers l’extérieur. Les joueuses de l’édition 2020 du KPMG Women’s PGA Championship s’en souviennent.
64 ans d’attente
Mais c’est la deuxième fois seulement que le club de Pennsylvanie accueille le PGA Championship. La première remontant à 1962, quand Gary Player y avait soulevé son premier Wanamaker Trophy.
Ce par 70 d’une longueur de plus de 6 670 mètres rejoint donc Merion et Oakmont au sein du trio légendaire des parcours de championnat de Pennsylvanie.
Notez que le parcours aurait dû recevoir le tournoi en 1993, mais en 1990 une controverse à propos de la politique jugée ségrégative de certains clubs avait contraint la PGA of America à revoir ses plans.
Elle avait alors exigé que ses parcours hôtes aient une politique d’adhésion plus inclusive. Aronimink, qui affichait une liste d’attente de sept ans pour tout nouveau membre et n’avait pas de membres noirs, n’avait pas pu se conformer à temps.
Il aura donc fallu attendre 33 années supplémentaires.















