Le Masters recèle de mille et une petites anecdotes qui ont perpétué sa légende. Avec ses nombreuses traditions et les hommes qui ont su façonner son histoire, le tournoi qui se joue chaque année à Augusta est à part dans le monde du golf. On vous a sélectionnés neuf informations qui vous permettront de mieux apprécier l’événement et peut-être, qui sait, d’épater vos amis sur votre connaissance du premier Grand Chelem de l’année.
Chaque année le même parcours, Augusta National
Contrairement aux autres Majeurs qui changent de parcours, le Masters se joue toujours sur l’Augusta National, un parcours à la fois d’une grande beauté visuelle mais aussi très exigeant pour les champions et dont la difficulté des trous, notamment dans le final, réserve souvent des rebondissements le dimanche lors du dernier tour.
A l’origine, les neuf premiers trous étaient les derniers neuf trous, lors du tout premier Masters. Aujourd’hui, avec notamment l’Amen Corner (du 11 au 13), les neuf derniers trous semblent parfaits pour le spectacle et la dramaturgie du tournoi.
La fameuse veste verte au gagnant
Des traditions, il y en a à la pelle au Masters (lire les 12 commandements du Masters que l’on aime tant). La plus connue de toute est évidemment la veste verte qui est remise au vainqueur chaque année. Elle est remise par le tenant du titre lors d’une cérémonie toujours empreinte de grande classe. La veste verte ne peut pas quitter l’enceinte d’Augusta (sauf la première année du champion).
La première veste verte a été créée en 1937 pour les membres du club, pas pour le champion. Ce n’est qu’en 1949 que le vainqueur a commencé à recevoir la sienne.
Un tournoi sur invitation, un mélange unique
Le Masters est le seul Majeur qui fonctionne par invitation. Cela signifie que le champ de joueurs est plus réduit que dans les autres tournois du Grand Chelem (autour de 80 joueurs) et que la sélection est très stricte. Les anciens vainqueurs peuvent tous jouer mais certains décident de s’arrêter, quand ils sont trop âgés et moins compétitifs. Il y a donc un mélange unique de stars, d’anciens champions et d’amateurs d’élite.
Le vainqueur revêt donc la veste verte, mais le meilleur amateur ne repart pas les mains vides, même s’il n’obtient pas de « prize money » : il reçoit la Silver Cup, un trophée remis depuis 1952 au joueur amateur ayant le meilleur score sur les quatre tours. Lui aussi participe à la cérémonie finale.
Des fleurs à l’honneur
Augusta National est célèbre pour son esthétique. Les azalées roses, les cornouillers blancs et les fairways parfaitement dessinés font partie intégrante de la signature des lieux. Chaque trou porte même le nom d’une plante ou d’une fleur (Azalea, Camellia, Magnolia, Holly…).
A l’origine, les fleurs ont été plantées sous la supervision de Bobby Jones et de paysagistes pour créer un cadre naturel élégant et harmonieux autour du parcours.
Chaque printemps, les jardiniers du club préparent soigneusement la floraison pour que les couleurs soient à leur apogée pendant le tournoi, faisant d’Augusta un des parcours les plus photogéniques au monde.

Le départ du trou n°13.
La malédiction du concours de par 3
Depuis sa création en 1960, aucun joueur n’a jamais gagné le Par 3 Contest et le Masters la même année. C’est devenu une superstition célèbre parmi les joueurs. Ce petit concours se dispute le mercredi sur un 9 trous uniquement constitué de par 3. Les joueurs peuvent amener un invité : c’est souvent un membre de la famille, un enfant ou un ami.
Cela crée une atmosphère détendue et familiale, très différente du tournoi principal. Tom Watson et Ben Crenshaw, notamment, l’ont emporté à trois reprises. Ce qui ne les a pas empêchés de gagner aussi le Masters, mais lors d’éditions différentes.
Un club fermé qui a bien failli couler
Augusta National Golf Club a ouvert officiellement en janvier 1933, créé par Clifford Roberts et Bobby Jones, mais les débuts furent difficiles financièrement et avec un public limité. Roberts a investi toutes ses économies de l’époque (environ 30 000 dollars) pour bâtir le club et attirer des membres, mais peu s’inscrivirent initialement. « L’Augusta National est engagé dans une hypothèque de 60 000 dollars couvrant le parcours de golf, le clubhouse et le terrain », annonça même Bobby Jones en 1934.
Les mauvaises conditions climatiques et la Grande Dépression ralentirent le développement et les revenus du club. L’idée d’organiser l’U.S. Open à Augusta fut proposée mais rejetée par l’USGA, poussant Roberts à créer un tournoi privé pour attirer l’attention et des membres. La participation de Bobby Jones fut essentielle pour crédibiliser le tournoi, marquant ainsi le début du futur Masters. Lors de ses premières éditions, le tournoi ne s’appelait pas encore « The Masters » mais « Augusta National Invitation Tournament ».
Aujourd’hui, Augusta National Golf Club est un club au luxe discret ultra-exclusif et privé, réputé pour son raffinement, son prestige mondial mais aussi son élitisme. Il reste fermé au public, n’acceptant que quelques membres triés sur le volet.
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Une diffusion télé unique dans le monde du sport
La retransmission télévisée du Masters a profondément transformé la popularité du golf. Dès les années 1940, Clifford Roberts, cofondateur d’Augusta National, comprend le potentiel de la télévision pour faire connaître le tournoi. Après quelques tentatives de diffusion du golf aux États-Unis, le premier Masters télévisé a lieu en 1956 sur CBS. La couverture est alors très limitée, mais le succès est immédiat : des millions de téléspectateurs découvrent pour la première fois le parcours d’Augusta National et l’atmosphère unique du tournoi.
Au fil des décennies, le Masters devient la référence mondiale de la diffusion du golf. Les innovations techniques (multiplication des caméras, angles de vue, images aériennes) servent de modèle à tous les tournois. La retransmission contribue aussi à faire du Masters un événement global, suivi aux États-Unis mais aussi dans des dizaines de pays. Aujourd’hui encore, ce modèle unique (avec sa qualité de production, sa publicité limitée et le contrôle éditorial par le club) distingue la diffusion du Masters de toutes les autres compétitions sportives.
En France, Canal+ a toujours été le diffuseur du Masters, depuis plus de 30 ans.
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Un public restreint, choyé et respectueux
À Augusta, on ne parle pas de spectateurs mais de patrons. Même le vocabulaire fait partie du folklore. On estime le public aux alentours de 35 000 à 40 000 spectateurs par jour, même si comme pour beaucoup de choses, la communication du tournoi reste limitée, comme pour entretenir le mystère. Ce public est restreint volontairement, pour ne pas multiplier les rangées de spectateurs. Pour assister au Masters, il faut participer à la loterie de vente de billets, mais la liste d’attente est étalée sur plusieurs années.
Au Masters, la circulation est fluide, le personnel extrêmement poli, les sandwiches peu onéreux (1,50 dollar le fameux Pimento Cheese Sandwich) et la propreté impeccable. Mais attention, interdiction de courir et interdiction d’être en possession d’un téléphone portable les jours de compétition : les patrons ont eux aussi des devoirs. Et ils savent se tenir : si un siège portatif est inoccupé, vous pouvez vous asseoir dessus sans problème et laisser la place quand le propriétaire revient…
Un Français à l’honneur
L’Augusta National Golf Club est, on l’a dit, un club très fermé aujourd’hui. Un Français en est un membre éminent et l’information est peu connue. Il s’agit de Pierre Bechmann, l’un des grandes figures du golf de Chantilly, ancien grand dirigeant, ancien officiel, ex-Captain du Royal & Ancient de St Andrews.
Il explique avoir reçu une lettre en 2023 de six lignes lui demandant de devenir membre. L’intéressé aussi qu’il ne sait pas qui l’a proposé (ou coopté). A moins qu’on lui ait demandé de ne pas le dire… « Si on m’avait proposé de devenir amiral commandant la flotte islandaise, je n’aurais pas été moins surpris », s’était amusé Pierre Bechmann dans une interview sur Canal+ en 2020.
©The Masters

Chaque année le même parcours, Augusta National
La fameuse veste verte au gagnant
Un tournoi sur invitation, un mélange unique
Des fleurs à l’honneur
La malédiction du concours de par 3
Un club fermé qui a bien failli couler
Une diffusion télé unique dans le monde du sport
Un public restreint, choyé et respectueux
Un Français à l’honneur










