Né en 1974, le Players Championship se dispute depuis 1982 sur le Stadium Course du TPC Sawgrass, un par 72 de 6 720 mètres (7 350 yards). Désigné très officieusement comme le « 5e Majeur » de la saison, tant par sa dotation (25 millions de dollars) que par la qualité de son plateau (123 joueurs dont 46 des 50 premiers au classement mondial). C’est le tournoi phare du PGA Tour, et pour cause. Le siège du plus puissant circuit professionnel se trouve ici à Ponte Vedra Beach (Floride), et ce depuis 1976.
Dotation & enjeux
C’est le tournoi de la saison régulière où le plus de billets verts sont distribués. La dotation est de 25 millions de dollars. Depuis l’édition de 2023, le vainqueur empoche 4,5 millions de dollars (c’est plus que sur les tournois Majeurs) et 750 points FedExCup.
50 000 dollars
Le montant remporté par Jack Nicklaus lors de sa victoire dans la 1ère édition du tournoi en 1974 ! En 1978, la dotation passe à 60 000 dollars.
Le parcours
Du point de vue architectural, il a été dessiné en 1980 par Pete Dye (décédé le 9 janvier 2020). C’est un parcours pensé pour les pros et les spectateurs avec de nombreux obstacles d’eau (sur 17 des 18 trous), des fairways étroits, des greens rapides et des bunkers exigeants. Un peu plus de 70 yards (64 mètres) ont été ajoutés au parcours depuis 2025 après quelques années de changements (un nouveau départ au numéro 9 en 2023, rallongé de 77 yards (70,5 mètres) en 2024). Ce parcours est le summum en matière de configuration et c’est très souvent ici que les meilleurs golfeurs du moment l’ont emporté. Les six derniers vainqueurs (depuis que le tournoi a été replacé au mois de mars dans le calendrier) figuraient ainsi dans le top 10 mondial.
Record du parcours
L’Américain Tom Hoge détient le record du parcours (sur 18 trous) avec un 62 réalisé au 3e tour de l’édition 2023. Il a été depuis égalé par son compatriote Justin Thomas, en 2025 (au 2e tour).
Record du tournoi
En l’emportant avec quatre coups d’avance sur l’Américain Fuzzy Zoeller, l’Australien Greg Norman établit en 1994 un nouveau record (qui tient toujours), à savoir une marque finale de -24 (264). Scottie Scheffler est celui qui s’en est rapproché le plus : -20 (268) en 2024.
Pourquoi le 18 est LE trou clé ?
Le trou n°18 du TPC Sawgrass joue un rôle déterminant dans l’issue du The Players Championship depuis 2003. Les chiffres indiquent que les vainqueurs y performent nettement mieux que l’ensemble du champ. Leur moyenne de score est de 4,01, contre 4,33 pour le reste des joueurs. C’est l’écart sur un trou le plus important entre un futur vainqueur et le reste du champ,
D’ailleurs, les futurs vainqueurs y commettent beaucoup moins d’erreurs : seulement 14,77 % de bogeys ou pire, contre 32,72 % pour le reste du champ.
L’exemple de Rory McIlroy l’an dernier illustre parfaitement cette tendance : il a joué le 18 en -3 sur l’ensemble du tournoi, soit mieux que n’importe quel vainqueur dans l’histoire du Players. 9 des 10 joueurs qui ont terminé derrière Rory au classement en 2025 auraient gagné le tournoi ou auraient pris part au play-off s’ils avaient joué le 18 comme lui l’an passé.
Sachant que 20 des 40 derniers joueurs sacrés ici l’ont été par un coup d’écart ou en play-off. Le 18 sera encore le juge de paix cette année.
Le 17, la vision d’Alice
Célèbre pour son trou signature : le n° 17 — par 3 de 125 mètres avec green en île qui concentre toute la tension du tournoi. Il a pourtant failli jamais voir le jour car ce n’était pas l’idée originale de Pete Dye. C’est son épouse Alice qui en a fait la proposition et celle-ci a germé dans son esprit après avoir joué en compétition à plusieurs reprises sur le parcours du Ponte Vedra Inn & Club. Dessiné par Herbert Strong 60 ans avant la création du TPC Sawgrass, l’Ocean Course comportait déjà un par 3 avec green en île. Alice Dye a admis avoir été marquée par ce trou n°9 de Strong.

Alice et Pete dye ©PGA Tour TPC Sawgrass
Le 17 en chiffres
En 2025, la moyenne de score s’est établie à 3,11, ce qui a en fait le 6ᵉ trou le plus difficile du parcours. 69 birdies ont été réalisés, mais on compte aussi 53 bogeys et 28 doubles bogeys ou plus. Le principal danger reste évidemment l’eau qui entoure le green, avec 39 balles terminant dans l’obstacle.
Nicklaus, étonnant recordman de victoires
La 1ère édition du tournoi a eu lieu en 1974 et s’est installé définitivement au TPC Sawgrass en 1982. Jack Nicklaus est le joueur le plus titré mais il n’a jamais gagné sur ce parcours puisqu’il s’est imposé 3 fois lors des cinq premières éditions (1974 et 1976 à l’Atlanta Country Club, 1978 au Inverrary Golf & Country Club).
Accessible à tous (ou presque…)
Il est possible de jouer le Stadium Course car celui-ci est ouvert au public, mais ce n’est pas pour toutes les bourses car le prix du green fee oscille entre 600 € à 825 € selon la saison. Il existe aussi un second parcours, Dye’s Valley, moins coûteux mais tout aussi intéressant.
En perpétuelle évolution
Le célèbre Stadium Course du TPC Sawgrass n’est pas figé dans le temps : il continue d’évoluer pour rester un défi stratégique même pour les meilleurs golfeurs du monde. Voici les changements majeurs apportés ces dernières saisons.
L’an dernier le grand chêne emblématique a été replanté au départ du trou 6. C’était un élément essentiel du dessin original de Pete Dye et rend la mise en jeu sur ce trou très délicate.
L’un des ajustements les plus commentés concerne le hors-limite installé au trou n°18 en 2021 afin de contrer la stratégie de certains (notamment Bryson DeChambeau avant son départ sur le LIV Golf) de jouer une mise en jeu en direction du fairway du 9 situé de l’autre côté de la pièce d’eau.

©Google Maps
Un rough démoniaque
Cette année, le rough pourrait bien être déterminant avec une hauteur de 4,5 inch (12 centimètres) actuellement. Il n’est pas prévu de les couper et devraient atteindre 6 inch (15 centimètres). Sur les greens, l’objectif est de les rendre aussi fermes que rapides. Ils afficheront 13 au stimpmeter pour le dernier tour dimanche !
Format de jeu et play-off éventuel
En format stroke play sur 72 trous avec un cut après 36 trous qualifiant les 65 meilleurs et ex-æquo. En cas d’égalité à l’issue du 4e tour, un play-off sur trois trous (16, 17 et 18) est organisé. L’an passé, Rory McIlroy avait battu J.J. Spaun un… lundi matin, les intempéries météorologiques avaient empêché le tournoi de s’achever dimanche soir.
Où en est le n°1 mondial ?
Scottie Scheffler cherche à décrocher son troisième titre au Players en quatre ans après avoir remporté d’affilée les éditions 2023 et 2024. Le Texan affiche déjà une victoire cette saison après avoir remporté The American Express, et a enchaîné avec deux top 5. La 24e place du n°1 mondial à Bay Hill le week-end dernier a été sa première sortie au-delà du top 15 sur le PGA Tour depuis le Players… 2025 où il avait terminé 20e ex æquo. (Lire ici >>)
En mai, fais ce qu’il te plait
Les trente premières éditions à Ponte Vedra Beach se sont jouées à la mi-mars ou à la fin de ce même mois de mars. En 2007, le Players a été déplacé en mai, ce qui a impliqué l’introduction de la FedEx Cup. Ce changement a ainsi permis au PGA Tour de proposer chaque mois, entre avril et septembre, un tournoi phare : Masters en avril, le Players en mai, l’U.S. Open en juin, The Open en juillet, le PGA Championship en août et le Tour Championship en septembre.
En août 2017, il a été annoncé que le Players reviendrait au mois de mars à partir de 2019, en raison d’un réajustement de la saison de golf qui a déplacé le PGA Championship du mois d’août au mois de mai.
Le plus vieux, le plus jeune
En 2005, Fred Funk remporte le Players Championship à 48 ans, 9 mois et 14 jours. Ce qui fait de lui le plus vieux vainqueur du tournoi. A l’inverse, en 2017, le Sud-Coréen Si Woo Kim décroche le Players à 21 ans seulement en laissant à trois coups derrière lui l’Anglais Ian Poulter et le Sud-Africain Louis Oosthuizen.
Photo : Tilton / Getty Images / AFP














