Shinnecock Hills a la réputation d’être l’un des parcours les plus impitoyables de l’histoire de l’U.S. Open. Quand le vent souffle et que les greens sèchent, la frontière entre « difficile » et « injouable » devient très mince. C’est ce qui a produit des coups de folie ou des situations ubuesques devenus légendaires.
Le plus célèbre des épisodes « pétages de plomb » lors des U.S. Open en mode Shinnecock Hills est assurément l’œuvre de Phil Mickelson. Mais il n’est pas le seul à avoir perdu tout sens commun face à la difficulté extrême proposée par le parcours et la préparation proposée par l’USGA. Qui a parfois presque perdu le contrôle de son tournoi.
On vous a choisi les trois histoires les plus dingues de l’Open américain joué sur le parcours de Long Island. En attendant peut-être un nouveau chapitre en 2026 ?
Le coup de folie de Phil Mickelson en 2018
C’est la scène que même les non-golfeurs connaissent. Au troisième tour de l’U.S. Open 2018, frustré par les greens ultra-rapides, Phil Mickelson voit un putt en descente dépasser le trou et continuer à descendre une pente. La balle va indéniablement sortir du green et finir sa course beaucoup plus loin en contrebas.
Alors au lieu d’attendre que la balle s’arrête, « Lefty » se met à courir sur le green, il rattrape sa balle et la frappe… alors qu’elle est encore en mouvement.
Le résultat fut 2 coups de pénalité et une polémique mondiale. Car ce geste antisportif aurait peut-être dû lui valoir une disqualification. Mickelson expliquera ensuite qu’il préférait prendre la pénalité plutôt que regarder la balle redescendre encore plus loin et d’avoir à jouer une approche presque inouable.
Cette séquence est devenue l’une des images les plus célèbres de l’histoire moderne de l’U.S. Open. Même si elle ne rend pas hommage au grand champion qu’a été Mickelson. Qui n’a jamais gagné son Open national alors qu’il en a eu souvent l’occasion. Notamment lors de l’édition 2006 à Winged Foot, qu’il a perdu en commettant un double-gogey lors du 72e et dernier trou alors qu’il était seul en tête…
Le désastre de 2004 : le green du 7 devenu injouable
C’est probablement l’histoire la plus célèbre associée à Shinnecock Hills. Après deux tours où les scores étaient jugés trop bas par l’USGA (United States Golf Association), les organisateurs décident de laisser le parcours dessécher. Le dimanche, le green du trou n°7 était tellement dur et rapide que des balles bien frappées ne tenaient plus la surface.
Le green avait été tondu deux fois et roulé le vendredi soir, puis aurait de nouveau été roulé le samedi matin. Les conditions se sont dégradées tout au long du week-end. Les joueurs avaient énormément de mal à maintenir leur balle sur le green, que ce soit après un départ, une approche ou même un putt.
Dimanche matin, dans la première partie de la journée, David Toms et JJ Henry ont tous deux réalisé un triple bogey au trou n°7. La partie suivante a enregistré un double bogey et un triple bogey.
L’image est restée dans toutes les mémoires : les arroseurs et les jardiniers, appelés à la rescousse en plein cœur du dernier tour, ont été obligés d’arroser le green pendant la compétition, pour essayer de le rendre jouable.
Retief Goosen a remporté le titre avec un score total de -4, tandis que Phil Mickelson a terminé deuxième à deux coups.
Ils ont été les seuls joueurs à finir sous le par. Tiger Woods avait déclaré, sans détour : « C’est notre championnat national et Shinnecock Hills est un grand parcours de golf, mais ils en ont perdu le contrôle. Ce n’est pas ainsi que le golf est censé être joué. »
Aujourd’hui encore, beaucoup considèrent ce dimanche 2004 comme l’un des plus gros ratés de l’histoire de l’USGA.

Retief Goosen a fini par s’imposer à Shinnecock Hills en 2004 lors d’une édition qui a jeté l’opprobre sur l’USGA.
« Ils ont perdu le parcours », les joueurs accusent en 2018
L’USGA était revenue à Shinnecock Hills en 2018 avec l’objectif de ne pas répéter la bévue de 2004.
Pourtant, dès le samedi, plusieurs joueurs ont estimé que certains greens étaient à nouveau proches de la limite. Des coups d’approche semblaient corrects mais roulaient hors de la terre promise et plusieurs positions de drapeaux furent vivement critiquées.
Des joueurs comme Zach Johnson ont déclaré que les organisateurs avaient perdu le contrôle des greens. « Ils ont perdu le parcours », accuse Henrik Stenson et Pat Perez. Le 15e green, injouable, est montré du doigt. L’incident Mickelson est d’ailleurs directement lié à cette frustration générale.
Mike Davis, le directeur général de l’USGA, a reconnu l’erreur. Selon lui, l’association avait sous-estimé l’impact du vent et rendu le parcours trop difficile. Il a promis de ralentir les greens pour le dernier tour en les arrosant davantage.
Cette controverse est d’autant plus marquante que l’USGA tentait depuis des années d’effacer le souvenir du désastre de 2004. Brooks Koepka remportera le tournoi cette année-là.

Le coup de folie de Phil Mickelson en 2018
Le désastre de 2004 : le green du 7 devenu injouable
« Ils ont perdu le parcours », les joueurs accusent en 2018










